Parachat Vayehi (03/01/12)
Rav Yossef David
Ensuite : PARACHAT VAYEHI (07/01/09), 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bokhi Rabbein, parachat Vayéhi. Nous allons donc clôturer le livre de Béréchit. Vous voulez comprendre pourquoi le livre de Béréchit est construit comme ça ? Revenons au début. HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde. Avez-vous une idée de la raison pour laquelle HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde ? C'est une question assez difficile, que tous les commentateurs posent pendant des centaines de pages. Avez-vous une idée ? Parce que, malgré tout, HaKadosh Baroukh Hou n'a pas besoin du monde. Il est très bien sans le monde, il n'a pas besoin de nous.
C'est une réponse gentille, mais elle est un peu limitée. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Rappelez-vous cette phrase du Rav Zini, qui disait que les khélonim, les gens qui ne sont pas religieux, ont une grande qualité par rapport aux gens religieux: ils n'osent pas poser les plus mauvaises questions qui soient. Ils ont une liberté de pensée qui les amène à poser les questions que je vous amène à poser. Voilà, tout cela, c'est katan, c'est pour se faire reconnaître. Kachbrouh n'a pas besoin de se faire reconnaître. Il faut bien comprendre: HaKadosh Baroukh Hou n'a pas besoin de se faire reconnaître. Il ne faut pas le réduire.
Il n'a besoin de rien. Il n'a certainement pas besoin de nous. Alors pourquoi HaKadosh Baroukh Hou crée-t-il le monde ? Je vous donne quand même un élément de réponse. Écoutez bien. C'est comme un père qui veut avoir un fils. Disons un père qui a tout. Il voudrait avoir un fils, mais ce n'est pas pour lui-même, le fils. Il veut avoir un fils pour donner à son fils. Vous comprenez ? Si un père… Oui, mais on parle d'un père qui veut avoir un fils.
Dans une situation générale, les pères donnent beaucoup plus à leurs fils qu'ils ne reçoivent de leurs fils. C'est une manière générale. Et un père, quand il veut avoir un fils, c'est pour donner à son fils. Donc HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde pour donner à Son monde. Si vous voulez un résumé de toute la création en une phrase: pourquoi crée-t-il un monde ? Pour donner à son monde, comme un père qui veut donner à son fils. Jusque-là, ça va ? Vous avez compris ? Oui. Mais… Je parle d'une manière générale. Je sais que l'exemple n'est pas parfait.
Mais l'exemple vous suffit pour comprendre de quoi l'on parle. Tous les exemples que l'on prend ne sont jamais parfaits, c'est une illustration. Donc, pour donner à son fils, HaKadosh Baroukh Hou crée un monde pour donner à son monde. Jusque-là, ça va ? Maintenant, HaKadosh Baroukh Hou va créer un monde pour lui donner. Et le but, si vous voulez, le plus grand cadeau qu'un père puisse faire à son fils…
Ce ne sont pas des cadeaux matériels, ni même spirituels. Le plus grand cadeau qu'on puisse faire à son fils, c'est de le rendre tsadik, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de plus grand cadeau que de le rendre, par sa propre volonté, quelqu'un de bien. Et là, je vous donne déjà un élément de réponse que nous allons étudier. Quand on voit la bracha de Yaakov à ses fils, on constate que ce n'est pas vraiment une bracha, c'est un peu une tokhéha. Ce qu'il dit à ses enfants, Chimon, Lévi, Acher, etc.
Reouven, Pachas Kamayim … Tout cela, dans un cas, il n'est plus là. Vous n'avez pas des choses plus gentilles à raconter ? Je dis non. Sachez, mes amis, que parfois le plus grand cadeau qu'on peut faire à quelqu'un, c'est de lui dire: tu as ce problème, ce défaut, il faut que tu l'arranges. Parce que rendre quelqu'un bon, c'est beaucoup plus fort, beaucoup plus grand, et beaucoup plus grand chesed que de lui faire du bien. Le père et le rêve, les deux, c'est le travail de l'éducateur. On peut travailler sur certains défauts, si tu veux.
— Tu vas lui donner le fouet ?
Non, mais est-ce que vous comprenez bien cet élément ? Vous comprenez donc pourquoi il y a un passage dur, avec une partie de ses enfants. En fait, c'est le plus grand cadeau qu'il peut leur donner. Et quand vous voyez que Yitzhak fait une bracha à Essav, il y a aussi une tokhéha, parce qu'on voit bien qu'Essav a de gros défauts. C'est un cadeau, pourquoi ? Parce qu'il lui dit: voilà, tu as ce problème, ce problème, ce problème.
Et Avraham dit à Ichmaël et aux autres: tu seras un voleur, tu seras un sauvage, tu seras… C'est vrai, et à ce moment-là, ils font la halakha, les Arabes aujourd'hui. Halakha, les massas, ce sont de grands religieux ? Alors là, ils font la Torah, à ce moment-là… Torah émet. Mais malgré tout, pourquoi le dit-on ? Ce n'est pas simplement pour dire: voilà, tu as des défauts. Quelqu'un à qui l'on a dit: « Tu as ce problème-là », il va le garder toute sa vie.
Une dernière question que je vous pose: pourquoi Yaakov Avinou raconte-t-il tout cela ? Il raconte cela juste avant de mourir, il ne l'a pas dit il y a plusieurs années, alors que les choses sont passées depuis plus d'une dizaine d'années, parfois davantage. Pourquoi Yaakov Avinou raconte-t-il cela au dernier moment ? C'est une tokhéha, un sermon qu'il fait à ses enfants, qui parle des choses difficiles. Pourquoi le fait-il au dernier moment, juste avant de mourir ?
Première réponse: pour qu'ils s'en souviennent, évidemment. Si quelqu'un reçoit les dernières volontés de son père, il s'en souvient toute sa vie. C'est évident. Deuxièmement, s'il l'avait dit quelques années avant sa mort, peut-être l'aurait-on mal pris. Les gens, en général, n'aiment pas qu'on leur fasse des reproches. Regardez-vous vous-mêmes, vous verrez: on n'aime pas les reproches.
— Mais quand on est intelligent, on sait que c'est pour notre bien.
En général, les gens n'aiment pas les reproches. Et certains les supportent encore moins. Oui, mais c'est surtout le père qui a toujours manqué à son enfant… À quel âge l'enfant l'a-t-il perdu ? Donc, quand le père va lui manquer, il va se souvenir de cela. Il dira: bon, il faut que je fasse attention à cela. C'est ce qu'il m'a dit. C'est un cadeau, parce que le plus grand cadeau qu'on peut faire à son fils, c'est de le rendre tsadik. Quand vous avez un enfant, et qu'un père voit son enfant devenir, de lui-même,
qui a envie de faire le bien de lui-même, qui est tsadik et qui prie de lui-même, c'est un nachat pour le père. Il n'y a pas de plus grande satisfaction pour un père que de voir son fils devenir quelqu'un de bien. Jusque-là, on a compris. Maintenant, revenons à ce que nous avons dit sur la création du monde. HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde, et nous avons dit pourquoi: pour donner au monde. Maintenant, pour donner au monde, si vous voulez, le manuel d'instruction du monde, c'est la Torah. HaKadosh Baroukh Hou donne au monde la Torah.
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