Amos 5 : le jour de l'Eternel, lumière ou ténèbres
Pourquoi appeler le jour de l'Eternel alors qu'il sera obscur, et comment le drame n'est pas inexorable.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Amos 2 : ce que cherchent les hommes dans la vie, 1 h 04
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## Le verset 18: le jour de l'Éternel
Chapitre 5, Amos, verset 18. Nous nous rappelons la semaine dernière, dans les versets précédents du chapitre 5, la kinah, c'est-à-dire les lamentations d'Amos, et aussi le deuil qui s'abattait en conséquence des agissements dévoyés du peuple d'Israël. Ce dévoiement entraînera, bien entendu, des conséquences dramatiques. Je vous rappelle la différence entre le drame et la tragédie: la tragédie chez les Grecs est un drame qui se finit mal, alors que le drame chez nous est une tragédie qui se finit bien. À retenir.
Je lis ici la suite à partir du verset 18, et je crois que nous terminerons avec un mot cette fois-ci pour passer au prochain prophète, si Dieu veut, qui sera Obadiah. Hoy ha-mitavim et Yom Adonaï, ceux qui aspirent à la venue de ce jour qui sera un rédempteur.
Rédempteur, cela veut dire qui sera le jour de la délivrance. La rédemption égale la délivrance. On dit aussi en français « rédimer la situation », racheter la situation qui est difficile. Nous sommes au chapitre 5, verset 18 du livre d'Amos, qui se trouve dans les Douze Prophètes. Lama zé lakhem yom Adonaï.
Pourquoi recherchez-vous le jour de l'Éternel ? Pour quelle raison aspirez-vous autant à ce jour de la délivrance, quand vous connaissez les occurrences de ce jour ? Sous-entendu: les drames qui s'y dérouleront. Car il n'y a malheureusement, à notre connaissance, aucune naissance qui se fait sans que les contractions aient lieu, et sans que la douleur soit inhérente aux contractions.
Donc, pour quelle raison ? Ha-lo ḥoshekh yom Adonaï ve-lo ora, est-il obscur et non point lumière. Ka-asher yanus ish mipne ha-ari, ufagaho ha-dov. Nous avions vu, je termine et reprends avec cela: lorsque vous fuirez devant l'ours, vous rencontrerez le lion, et en vous enfuyant de devant l'ours, vous arriverez essoufflés chez vous, posant les mains sur le mur pour qu'il soutienne votre essoufflement, et à ce moment-là, le serpent vous piquera.
Il y a presque un sous-entendu d'inexorabilité de l'événement, de la phénoménologie de l'histoire lorsqu'elle touche à la collectivité, lorsqu'elle touche à l'ensemble. Le mouvement de l'histoire ici est presque inné, et pas presque: il est carrément inexorable, à savoir dans ce jour auquel vous aspirez. Mais lorsque ce jour viendra, pour entrevoir la lumière, il faut se rappeler le Maharal de Prague au XVIIe siècle, Rabbi Oudaleb, dans son livre Netsah Israël, l'éternité d'Israël.
C'est aussi une véritable question pour nous, qui nous interpelle: pour quelle raison avons-nous tant besoin de traverser les tunnels obscurs de l'histoire pour entrevoir les premières lueurs de la lumière qui doit nous emmener vers un nouveau firmament ? Quelle en est la raison ? Êtes-vous à ce point incapables de vous engager dans le bon, dans le bien, dans le beau, dans le vrai, afin d'éviter d'être confrontés au drame de l'histoire ?
La question reste: est-ce que le drame est inexorable ? Non, le drame n'est pas inexorable.
— Pardon ?
Parce que la situation est telle que les hommes l'ont provoquée. Non pas que la réalité, dans son essence première, appelle ce drame. Ce sont les hommes qui, par leur comportement et leur manque de confrontation face à l'épreuve, provoquent une réalité qui, elle-même dans son essence, n'est pas dans un déterminisme dramatique. Chaque homme, chaque individu est à même de s'engager sur la voie du bon, du bien et du beau, parce qu'il est porteur d'une liberté octroyée par l'Éternel Créateur au moment de sa création.
Que la délivrance soit obligatoire, oui, c'est un déterminisme de l'histoire. Mais que les hommes choisissent, dans ce déterminisme de l'histoire, de souffrir au lieu de jouir, c'est le choix des hommes, et non pas celui de Dieu.
Pardon. Bien sûr, pour ce que nous avons vu, tu te rappelles: on vendait le juste pour le prix d'une sandale. Nous en avions parlé. Vous pouvez reprendre les cours sur Internet. L'injustice, l'immoralité sociétale, porte à conséquence.
Pensez-vous que de savoir qu'un ancien Premier ministre entre en prison pour dix-huit mois, qu'un grand rabbin qui se dit kabbaliste va rentrer en prison pour un an... J'en resterai là, parce que la liste est trop longue. Ne vous interrogez pas, ne m'interrogez pas, ne nous interrogeons pas sur une phénoménologie sociétale qui ne porterait pas à conséquence: bien sûr qu'elle porte à conséquence.
Et ne m'emmenez pas là où je ne veux pas aller. Est-ce que le couteau et la voiture sont des conséquences des débordements, des déséquilibres sociétaux ? Je ne sais pas, et je ne suis pas là pour dire « ceci égale cela », « voici la cause, voici l'effet ». Que nenni, mon ami. Nous passons au verset suivant. Vous êtes là pour apprendre, même le français.
La puissance, la force. La métaphore animale est là pour nous montrer ce que représentent le lion et l'ours, dans tout ce qu'ils ont de vigoureux, de forts, de puissants. Et le narache à la fin, c'est de savoir que même si nous avons réussi à combattre et à faire battre en retraite la force, la vigueur qui veut nous combattre, il faut faire attention au moment où nous arrivons essoufflés et où nous posons les mains sur le mur. D'une certaine manière, nous aurions trouvé l'air de repos, et c'est là que le serpent, qui est sournois, vient et nous pique.
Le serpent n'est pas seulement la sournoiserie: Nahash en hébreu a aussi un double sens, avec un sous-entendu du devin, de la devinette. Ne jouons pas à la devinette, ni ne croyons aux devins. L'histoire que nous construisons individuellement et collectivement doit être dans la force de la raison, et dans la force de la raison, nous devons révéler le raisonnable de l'histoire.
Je ne vous dis pas que c'est facile, ce que nous apprenons, mais vous n'avez pas le choix: c'est marche ou crève. Et je ne rigole pas. J'ai dit à mes étudiants, depuis le début de la semaine, autres que vous, que les années de nos études sont nos années de bonheur. Mais à partir du moment où nous franchirons le porche de ces années de bonheur, à l'extérieur, c'est un jeu de massacre. Et je ne suis pas pessimiste. Je viens de le dire, j'ai été assez explicite. Il faut simplement décoder ce que je dis. Je vous ai aidés, je ne peux pas être plus clair que je ne l'ai été.
À partir du moment où tu vas sortir de ces années de bonheur, où tu n'as pas de responsabilité en tant que sujet, si ce n'est celle de te consacrer à toi-même pour l'instant, et que tu vas être confronté à la vraie vie, le mariage, la parenté, le travail, les exigences du quotidien, c'est-à-dire toi et la société, dans un rendez-vous quotidien, eh bien c'est un jeu de massacre. Un jeu de massacre dans le sens où les individus, lorsqu'ils s'engagent face à cette société, acceptent d'en être l'objet pour la plupart, et se refusent, pour une très faible minorité, à en être les sujets. Le sujet est l'acteur, l'objet est le spectateur. Regardez …
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