Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Amos chapitre 5 : quand la relation entre les hommes se brise

Amos dénonce une chute qui touche d'abord les rapports humains, l'injustice et la tsedaka, avant le culte lui-même.

1 h 05

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le prophète Amos et la justice envers les nations, 1 h 03

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ouverture du chapitre 5

Le livre de Amos, Sefer Amos, chapitre 5, je dis Perek Hé. Chimou et a davar azeh, asher anokhi nossé alekhem kina beit Israël. Écoutez ce qui est dit. Je me lamente à votre propos, maison d'Israël.

Nafla, lo tossif koum. Elle est tombée, la maison, apparemment. Elle ne se relèvera pas. Essayez de suivre le texte, ça fait trois mois que nous sommes ensemble, il faut que vous suiviez.

Nafla, lo tossif koum, betoulat Israël. Elle est tombée, elle ne pourra pas se relever, la Vierge d'Israël. Nétoucha al admata, elle a été délaissée sur sa terre, ein mekimah, nul ne la relève. Voilà.

On va faire ça pour l'instant, mais je voudrais qu'on fasse tout le chapitre cette fois-ci, pour vous apprendre à avancer. Lorsque j'aurai quelque chose d'important à vous dire, je vous le dirai.

Donc, nous sommes à la suite de ce que nous avons énoncé la semaine dernière. Le prophète Amos, qui est originaire de Yehouda, prophétise en Samarie, dans le royaume d'Israël. Et il vient remettre en cause non pas la conduite religieuse, c'est-à-dire cultuelle, vis-à-vis du culte, des enfants d'Israël vis-à-vis de l'Éternel.

Je l'ai dit et je le répète et je le réitère: quand l'Éternel dit que les enfants d'Israël l'ont délaissé, que les choses soient claires et sans ambiguïté, ce n'est pas dans leur relation avec lui. La relation vis-à-vis de l'Éternel est tronquée, erronée, fracturée, pour une seule raison: la relation entre les hommes est tronquée, erronée, fracturée.

J'ouvre une parenthèse. Cela nous rappelle le propos du Maharal de Prague, Rabbi Oudaleb, au XVIIe siècle, dans Netivot Olam: Ohev et Hachem, ohev et ha-beriyot, celui qui aime l'Éternel aime les créatures. Il renverse la vapeur en disant: Ohev et Hachem, ohev et ha-beriyot, il aime l'Éternel, il aime les créatures.

Tout passe par ce triangle dont je vous avais parlé une fois, où la base est la relation entre nivra et nivra, l'être créé et l'être créé. Si cette relation a lieu, les deux côtés du triangle se créent, parce qu'à la pointe du triangle il y a le Créateur, et à la base les créatures. C'est dans la relation des êtres créés que se réalise la pleine relation au Créateur. C'est clair, ce que je viens de dire ? On a déjà parlé de ça, donc je ne veux pas...

— Non, non, non. En vérité, je vous l'ai dit, mais je le répète aujourd'hui aussi: ils parlent aux deux. Le problème n'est pas seulement en Samarie, il est aussi en Judée.

Donc, nous avons lu les deux premiers versets, je les reprends, puisque je vous les ai traduits, c'est beaucoup plus facile. Chimou et a davar azeh. Vous vous rappelez que l'ichmoa, c'est la manière d'entendre qui provoque l'équilibre, bien sûr. Ce ne sont pas les hazinim, ce ne sont pas les hakchiv. L'ichmoa, la chemiya, elle est là, là où il y a le siège du centre de gravité de l'homme. C'est-à-dire qu'on est en recherche d'équilibre, d'harmonie.

Asher anokhi nossé alekhem kina. Et moi, je me lamente quand je vous vois. Kina, kinot. Qui a écrit les Kinot, les lamentations que nous lisons à Ticha BeAv ? Yirmiyahou, mais ce n'est pas lui qui a écrit, c'est son scribe, il s'appelle Baroukh ben Nériya. Mais c'est Yirmiyahou qui dit ça.

Kina, beit Israël. Vous comprenez que la maison d'Israël peut être entendue comme la maison du royaume d'Israël, mais elle peut être entendue également comme l'ensemble d'Israël.

Nafla, elle est tombée, la maison d'Israël. Ça veut dire quoi, nafla, ici ? Ça veut dire qu'elle était à une certaine hauteur et qu'elle s'est retrouvée au sol. Nafla, ce n'est pas tomber à l'horizontale, c'est tomber à la verticale. Que les choses soient comprises.

Nafla, lo tossif koum, elle ne se relèvera pas. Il ne s'agit pas d'une prophétie ad vitam aeternam, comme disait le père latin. Il s'agit du moment où elle est tombée: elle ne se relève pas à ce moment-là.

Betoulat Israël. Oh, combien je me lamente, combien je peux verser de larmes sur celle qui est encore la Vierge d'Israël. Qu'est-ce qu'on entend dans le mot betoulat Israël ? La jeunesse, la fragilité, n'est-ce pas ? La vierge est cet être à même de devenir, mais parce qu'elle est vierge, elle est encore dans la prime jeunesse, dans la fragilité. Bien.

Et donc elle est tombée. Elle ne se relèvera pas, elle ne pourra pas se relever, elle, la Vierge d'Israël. Vous sentez, dans la littérature poétique, toute la fragilité du propos, dans un lyrisme qui essaie d'éveiller en nous l'émotion concernant cet Israël qui possédait les capacités de pouvoir être et devenir, et qui s'est fourvoyé lui-même, à tel point qu'il est tombé. C'est grandeur et décadence, comme lorsque nous parlons des empires, bien entendu.

Nitcha al admata, abandonnée. Elle est tombée. Elle ne se relèvera pas, mais non seulement elle n'a pas la force de se relever, elle est abandonnée sur sa terre. Ein mekimah, nul ne la relève.

Vous connaissez dans la Bible aussi les lamentations où nous nous lamentons parce que justement les autres passent à côté de ceux qui se trouvent allongés dans la misère, dans la déchéance, dans la décadence. Tout le monde est passé sur un trottoir où il a vu l'homme allongé ou la femme allongée, et il a fait comme s'il ne le voyait pas, n'est-ce pas ? Nous sommes tous concernés par ce sujet.

Il y a d'ailleurs un très joli clip sur Facebook, où c'est un frère qui met en jeu son petit frère. Et c'est un sans-papiers qui s'arrête, et qui reçoit 500 dollars pour le geste qu'il a eu, parce que le sans-papiers a enlevé son manteau pour le donner à l'enfant, pour qu'il n'ait pas froid. Mais c'est tellement particulier qu'on en a fait un clip sur Facebook.

Comme disait notre maître, le Rav Aviner, shlita, la une des journaux, ce n'est jamais lorsqu'un chien mord un homme. Mais si un jour un homme mordait un chien, ça ferait la une. Ça veut dire que quand les choses font la une, c'est qu'en général elles sont extraordinaires, et non ordinaires, n'est-ce pas ?

La chrétienté l'utilisera, puisqu'elle dira qu'elle est le verus Israël, le véritable Israël. C'est donc qu'elle est la vérité d'Israël, du seul fait qu'Israël a été déchu de la confiance que l'Éternel lui accordait. Et bien que nous nous soyons relevés... Oui, alors ça a marché pendant dix-neuf siècles. Mais nous, nous sommes les témoins de la renaissance.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le Vatican n'a pas reconnu la création de l'État d'Israël le 14 mai 48. Il lui faudra plus d'une vingtaine d'années avant de le reconnaître.

Quel est le sujet ? Au moment où elle est tombée, au moment où le verdict a été donné qu'elle était condamnée, elle ne peut pas se relever. De ce verdict-là, elle ne peut pas se racheter. Si elle peut se racheter, sous-entendu, c'est à moyen terme ou à long terme. Mais à court terme, elle ne peut pas se relever.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

4 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Livre d'Amos, Prophétie, Justice sociale, Actualité.

  1. 1
    Amos 5 : le jour de l'Eternel, lumière ou ténèbres
    Pourquoi appeler le jour de l'Eternel alors qu'il sera obscur, et comment le drame n'est pas inexorable.
    56 min
  2. 2
    Amos 2 : ce que cherchent les hommes dans la vie
    Amos dénonce l'avidité qui écrase le pauvre, et l'indifférence qui fait de l'homme humble un transparent.
    1 h 04
  3. 3
    Amos chapitre 5 : quand la relation entre les hommes se brise
    Amos dénonce une chute qui touche d'abord les rapports humains, l'injustice et la tsedaka, avant le culte lui-même.
    En cours de lecture
  4. 4
    Le prophète Amos et la justice envers les nations
    Amos dénonce l'usage de la puissance au seul profit des nations, et Israël doit en tirer la leçon.
    1 h 03

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav