Techouva envers le prochain, avant Kippour
Pourquoi Kippour n'efface que les fautes envers Hachem, et ce que la réparation exige.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Maïmonide : la balance des mérites et des fautes, 49 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chapitre bête, halakha, tête. Est-ce que je me trompe ? Nous y sommes ? Youd ? On est déjà arrivé à Youd ? Tête ? D'accord. Bon, on va y aller. Ein ha-téchouva vé-lo… Non, je crois qu'on n'a pas tout vu. On n'a pas vu certaines choses avant. Halakha … Est-ce que personne ne sait où nous sommes, à part toi ? On est arrivé à Tête ? Très bien. Bon.
Et la-téchouva vé-Kippour be-chaparot ela al ha-avérot she-bein adam la-Makom. Ké-gone: nishe'ache ala davar asour … oveur bo ela assoura be-chaïouta ba'en. C'est-à-dire: la téchouva, Kippour, n'expie que les fautes qui sont entre l'homme et le Créateur. Le Créateur est appelé ici Makom, c'est-à-dire le Lieu. Par exemple, quelqu'un qui a mangé quelque chose d'interdit, ou qui a eu une relation sexuelle interdite.
Mais les fautes qui sont entre l'homme et son prochain, avérot she-bein adam la-havérō, qu'est-ce qu'il y a ? Par exemple, celui qui blesse, qui insulte ou qui vole son prochain, ou tout ce qui y ressemble: cela ne lui est jamais pardonné tant qu'il n'a pas donné à son prochain ce qu'il lui doit, virātsé'hu, et qu'il l'ait satisfait. On n'entend rien, là ?
— Je ne sais pas, vous n'entendez pas ? Ça, c'est pour l'internet, ce n'est pas pour… Ouais ? Ben je ne sais pas, ce n'est pas lié. C'est branché ? Bon, que faire. [Passage inaudible: échange technique sur le micro.]
Donc, ça veut dire quoi ? Par exemple, si j'ai blessé mon prochain, je dois payer certaines choses, n'est-ce pas ? Si je lui ai crevé un œil, par exemple, je dois payer cinq choses différentes, n'est-ce pas ? Qui sont appelées, dans la halakha: Nezek, Tsaar, Ripouï, Chevet ou Boshet. C'est-à-dire le dommage lui-même, la souffrance, les frais de guérison, son chômage et sa honte. Il y a cinq choses qu'il faut payer.
La honte, ça dépend justement du statut de la personne. C'est une évaluation du tribunal. Si, par exemple, c'est quelqu'un qui apparaît en public, dont le travail est d'apparaître en public, et qu'on lui a crevé un œil, c'est très disqualifiant. Par contre, si c'est quelqu'un qui travaille dans une mine, ce n'est pas exactement la même chose. Son œil, on s'en fiche pas mal, quoi. D'accord ? Donc cela dépend de l'évaluation du tribunal. Il y a le dommage, la souffrance,
la guérison, le chômage et la honte. Ce sont des détails qui ne sont pas importants. Je voulais simplement dire qu'il y a des cas où il faut payer. Par exemple, si j'ai volé, je dois payer ce que j'ai volé, etc. Il y a donc ici deux conditions primordiales à tout le processus de la téchouva. D'abord restituer, ou donner, ce que je dois payer,
et ensuite le satisfaire, tarèh, c'est-à-dire le satisfaire au niveau humain: qu'il me pardonne. Une fois que tout cela est fait, alors on peut entamer le processus de la téchouva et de l'akapara, avec Kippour et tout le reste. D'accord ?
— Est-ce que c'est ben adam la-Makom, oui ?
Ça dépend. Si c'est la femme de son prochain, oui: si c'est la femme de son prochain, c'est ben adam la-havéro aussi. Si c'est un viol,
c'est ben adam la-havéro aussi. Si c'est consentant, c'est ben adam la-Makom, aussi bien de son point de vue à elle que de son point de vue à lui. D'accord ?
— Mettre un obstacle devant quelqu'un ?
Comment ça ? Ah, Lifnei ivver lo titen michchol, bien sûr. D'accord. Non, ça n'a rien à voir. Lifnei ivver, c'est amener quelqu'un, disons inconsciemment, à quelque chose. Mais si c'est quelque chose de sciemment voulu, c'est ben adam la-Makom.
— Pourquoi il amène ça et pas autre chose ?
Je ne sais pas. Il y a des choses que je ne sais pas. C'est terrible, hein ? Est-ce qu'on a le droit d'étudier chez quelqu'un qui ne sait pas tout ? Pas évident. Si je ne sais pas certaines choses, peut-être que je me trompe dans toute la Torah. Donc vous n'avez pas le droit d'étudier chez moi ? Enfin, il n'y a pas le choix. Mais en Torah, on doit tout savoir. Quelqu'un qui enseigne la Torah doit tout savoir.
Non, la Torah n'est pas infinie. Il y a une quantité… Non, je parle de la profondeur, c'est autre chose. Mais la connaissance, on peut connaître toute la Torah.
— Comment ?
Ah oui, d'accord. Donc ça me sauve. Voilà. En principe, il est important de savoir. La Torah n'est pas quelque chose d'inépuisable au niveau de la quantité du sujet. Par exemple, vous pouvez connaître tout le Tanakh, toute la Michna, toute la Guemara, Babli, Yerouchalmi, Mechilta, Sifra, Sifri, ainsi que tout le Rambam avec ses commentateurs, le Tour, le Choulhan Aroukh, etc. Ce sont des choses réalisables. Cela prend un certain temps, évidemment, il faut s'y consacrer, mais c'est réalisable. Y compris les livres de pensée juive, de kabbale, de poésie, tout ça: vous pouvez le savoir. Mais la profondeur, c'est chacun selon son mérite, selon ses efforts.
Bon, où est-ce qu'on en était ? Donc, il y a ici: af al pi she-hizir lo ha-mamon, même s'il lui a rendu l'argent qu'il lui doit,
il doit le satisfaire, c'est-à-dire lui demander qu'il lui pardonne. C'est ça ? Aujourd'hui, quand on dit « je vous demande pardon », c'est en général « tirez-vous de là, vous me dérangez ». Non, ce n'est pas ça. « Je vous demande pardon », c'est sérieux: on demande à la personne le pardon. D'où le problème terrible des relations: je dois tenir compte également de la volonté de quelqu'un d'autre, et peut-être qu'il ne voudra pas.
Afilou lo ikli travi roi la-bidvarim: même s'il n'a que vexé son prochain avec des paroles. Par exemple, il lui a dit, un exemple tout bête: « Va donc, et gros plein de soupe ! » C'est très grave de dire ça à quelqu'un. C'est très vexant, surtout si c'est la vérité. Il doit donc l'apaiser, tsarikh lefaïsso, il doit l'apaiser,
ve-lif'goa bo, et l'implorer, hachem holo, jusqu'à ce qu'il lui pardonne.
— Kippour, c'est pour toutes les avérot, y compris celles entre l'homme et son prochain ? Les avérot entre l'homme et Dieu ?
Oui. Kippour est pour toutes les avérot, y compris celles entre l'homme et son prochain, mais les avérot entre l'homme et son prochain ne sont expiées à Kippour que s'il y a eu au préalable l'apaisement de la personne. Évidemment, avant. Il y a un problème: d'après certains commentateurs, si des péchés entre l'homme et son prochain n'ont pas été pardonnés avant Kippour, alors les péchés entre l'homme et Dieu ne sont pas non plus pardonnés.
Oh là là ! Terrible ! Très grave ! Alors qu'est-ce qu'on fait dans ce genre de cas ? Voyons la suite. Vous voyez ? Je ne sais même pas à qui j'ai fait le mal. Dans ce cas-là, il faut prier pour que l'occasion nous soit donnée de rencontrer la personne.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
45 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Techouva, Pensée juive, Hilchot Techouva, Maïmonide, Halakha.
- 19
Maïmonide : la techouva est un acte de la volontéLe cours définit la techouva comme l'abandon de la volonté de pécher, et non la simple cessation du péché. - 20
La techouva comme changement de volonté selon le RambamPourquoi le Rambam place la pratique de la techouva avant sa définition, et ce qu'est vraiment un retour de la volonté. - 21
Hilchot Techouva : les comportements du Baal TechouvaPourquoi certains comportements de Baalei Techouva sont-ils à comprendre sans être imposés à tous, et quel est le sens du Yovel et des dix jours de Techouva. - 22
Maimonide : la techouva pendant les dix jours et en communPourquoi la techouva est plus efficace entre Roch Hachana et Kippour, et comment la faire collectivement. - 23
Techouva envers le prochain, avant KippourPourquoi Kippour n'efface que les fautes envers Hachem, et ce que la réparation exige. - 24
Maïmonide : la balance des mérites et des fautesComment le Rambam juge un homme, une cité ou le monde, et pourquoi la techouva efface même la balance pesée contre soi. - 25
Kippour et les fautes envers son prochainPourquoi Kippour n'expie les fautes envers autrui qu'après l'apaisement de la personne lésée, selon Maïmonide. - 26
Le bouc émissaire et la techouva selon MaimonidePourquoi le Cohen Gadol peut-il faire le vidouï pour tout Israël, et quelle techouva rend le Kippour efficace. - 27
La techouva guemoura selon MaïmonideComment savoir qu'une techouva est achevée : l'épreuve de la même tentation et l'absence de rechute. - 28
Le Rambam et la mitsva de techouvaQui est Maïmonide, son Michneh Torah, et si la techouva est une mitsva ou un mouvement naturel.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav