Le commandement de conquérir Erets Israël selon le Ramban
Le quatrième commandement positif que le Ramban reproche au Rambam d'avoir omis, et sa portée pour la montée en Erets Israël.
Rav Oury Cherki
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Nous allons aujourd'hui étudier un texte que David est parti vous photocopier, un texte important de halakha. Il s'agit d'un texte du Ramban, Rabbi Moshe ben Nahman. Comme vous le savez, il y a deux grands maîtres de halakha au Moyen Âge: le Rambam, Rabbi Moshe ben Maimon, et Rabbi Moshe ben Nahman, le Ramban, qui vivait à Barcelone et à Gérone.
Le Rambam a rédigé plusieurs livres. Un livre qui est peu étudié, mais qui est important quand même, c'est le Sefer HaMitzvot, le livre des mitsvot. Qu'est-ce que le livre des mitsvot ? C'est la liste des mitsvot. Le Rambam a écrit un livre qui s'appelle Sefer HaMitzvot. Je reprends: le Rambam, Maïmonide, a écrit un livre qui est peu étudié, mais qui est important. C'est un livre divisé en trois parties. La deuxième partie est la liste des commandements positifs, la troisième celle des commandements négatifs, et la première partie est une introduction, qu'on appelle les Shorashim, les racines.
Cette introduction se compose de quatorze principes, en fonction desquels le Rambam décide ce qui est appelé une mitsva, ce qui ne l'est pas, ce qui rentre dans la liste et ce qui n'y rentre pas. La deuxième partie, qu'on appelle Mitzvot Asseh, fait une liste détaillée des deux cent quarante-huit commandements positifs, en élargissant pour chaque mitsva quelques détails. Et la troisième partie, ce sont les trois cent soixante-cinq mitsvot négatives.
Sur ce livre, le Sefer HaMitzvot, il existe plusieurs traductions. Il a été écrit en arabe à l'origine, et il y a plusieurs commentaires. L'un d'eux est celui du Ramban. Le Ramban a écrit un commentaire sur le Sefer HaMitzvot du Rambam, dans lequel, à part les commentaires qu'il ajoute, il remet en question une partie des enseignements du Rambam, notamment la manière de compter les mitsvot. Il les compte un peu différemment.
À la fin de la deuxième partie, le Ramban a une liste de commandements qu'il appelle Mitzvot Shechach HaRambam, c'est-à-dire les commandements que notre maître le Rambam a oubliés. Notre maître le Rambam a oublié dans la liste des mitsvot une série de mitsvot. Et pour que cela fasse deux cent quarante-huit, il supprime d'autres mitsvot et ajoute celles-là.
Il y a également la même chose à la fin des commandements négatifs: une liste de mitsvot négatives que le Rambam aurait oubliées, et que le Ramban remplace par d'autres. Ce que nous allons étudier aujourd'hui est un texte qui concerne le quatrième commandement positif que le Ramban affirme que le Rambam a oublié. Jusque-là, vous suivez ? C'est clair ?
C'est-à-dire que, dans la liste des commandements positifs que le Ramban dit que le Rambam a oubliés, nous allons utiliser le quatrième. Quatrième commandement. C'est bien clair, non ? Je vais vous lire le texte. J'espère que vous recevrez les photocopies pendant le cours. Pour l'instant, je vais vous le lire oralement. Mitsva Dalet, le quatrième commandement, dit le Rambam.
Vous avez reçu le devoir, c'est photocopié, très bien. David, je suis fier de toi. Dans la colonne de gauche, il est écrit Mitsva Dalet. Je crois que c'est facile à trouver puisque c'est la première ligne. Chenitztavenou: nous avons reçu l'ordre de lakhat et haaretz hazot ascher natan Hachem Elokei avoteinou, de prendre possession du pays que Dieu, béni soit-il, a donné à nos ancêtres, Abraham, Yitzhak et Yaakov. Ce qui veut dire à Abraham, à Yitzhak et à Yaakov. Ve lo naazov'a beyad zoulatam noukhrim oumot, que nous ne l'abandonnions pas aux mains d'autres nations que la nôtre, ni au lichmama, à la désolation.
Donc il y a un commandement positif, d'après le Rambam, de prendre possession de ce pays et qu'il ne soit pas dans les mains d'une autre nation. C'est-à-dire que, pour le Rambam, il y a un commandement positif de fonder l'État d'Israël, un commandement de la Torah. Lorsque l'État a été fondé par Ben-Gurion, il a dû certainement faire la bénédiction: Baroukh...... Chehé'héyanou..., « Il nous a donné l'ordre de… » Je crois que Ben-Gurion n'a pas fait la bracha. Mais un grand principe est dans la halakha: mitzvot ein mevakhot ledi bracha, c'est-à-dire que les bénédictions ne sont pas une condition de l'accomplissement de la mitsva. Une mitsva accomplie, même sans la bénédiction, est faite. N'est-ce pas ?
Mais d'où est-ce qu'il a été chercher tout ça ? Il faut prouver ce que dit le Rambam. D'où sait-il qu'il y a un commandement positif de prendre possession de la terre ? C'est ce qu'il leur dit. Cela se trouve d'ailleurs dans la paracha de cette semaine: « Vous prendrez possession de la terre et vous vous y installerez. À vous, j'ai donné le pays pour en prendre possession. » Va'hitnachaltem ète ha'arets hazot achère nichba'ti la'avotekhem, « Et vous prendrez possession du pays que j'ai juré à vos ancêtres. » Ce sont les versets. Il y a des versets qui disent expressément qu'il est un devoir de prendre possession de la terre, de faire la conquête d'Erets Israël.
Il en a donné le détail dans ce commandement, entièrement, ces territoires et ces frontières, ainsi qu'il est dit: « Entrer dans la montagne de l'Émoréen et dans tout son voisinage. Dans la steppe, Ba'arava, dans la montagne, Ba'har, dans la plaine, Ba'chefela, dans le sud, Ba'negev, et au bord de la mer, Ve'hof hayam… » Et « etc. »: c'est la suite du verset. C'est-à-dire que cela implique également la suite du verset. Que dit la suite du verset ? « Le pays du Cananéen, le Liban, jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. » Donc tout cela fait partie de la mitsva de faire la conquête d'Erets Israël.
Il ajoute: she-lo yanı'ah mimenou davar, qui ne laisse pas même un seul endroit. C'est-à-dire que la mitsva est une mitsva intégrale; elle implique la conquête de tout Erets Israël, jusqu'au Liban et à l'Euphrate. C'est ça ? Vous suivez toujours ?
Alors, ces versets-là, qu'en fait le Rambam ? On peut affirmer que non, pas du tout: c'est une promesse. Dieu nous promet que nous ferons la conquête de la Terre, mais ce n'est pas un commandement. C'est ça ? On peut également affirmer que ce commandement ne s'applique qu'au temps de Moshe, mais pas à nos jours. On pourrait prétendre des choses pareilles, on pourrait les affirmer. Le Rambam, qui n'est pas né hier, connaît ces arguments, donc il va y répondre. D'accord ? Jusque-là, vous suivez ? Parce qu'après, ça va se compliquer.
La preuve que c'est un commandement, et non pas une promesse: on pourrait dire, effectivement, que Dieu nous a promis de nous donner la terre, mais il s'est avéré que c'est un commandement. Si on a envie, on fait la guerre et on prend la terre; si on n'a pas envie, eh bien on reste en galout, par exemple. La preuve que c'est un commandement, c'est ce que dit Moshe à propos des explorateurs: « Ala, monte et prends possession, ka'acher dibber Hachem lekha, comme Dieu te l'a dit de faire. Al tira ve'al tehat, ne crains rien, ne sois pas …
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