La ligature d'Yitzhak et le problème du fils unique
Pourquoi Avraham hésite à désigner Yitzhak, et pourquoi le sacrifice humain est interdit par la Torah.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Rivka à la source : le choix de la femme d'Yitzhak, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture: le verset bet
Shalom à tous. Nous continuons donc notre étude. Nous sommes dans le chapitre 22, Kaf Bet, de Béréchit, au verset Bet. Chapitre Kaf Bet, verset Bet. Ce verset est profondément intelligent malgré son nom. C'est marrant.
Rapprochez le micro. Ça se tient ? Très bien. Vayomer, il dit: Kah na, prends donc, et binkha, ton fils. De qui s'agit-il ? Qui est le fils ? Yitzhak, vous dites. Mais le problème, c'est que comme Abraham en a deux, pourquoi ne lui a-t-il pas dit tout de suite Yitzhak ?
Cette question est mise dans la bouche d'Abraham d'après le midrash. Le midrash dit qu'Abraham a demandé: « Oui, mais j'en ai deux. » Alors Dieu lui a répondu: « Et yehidkha, ton unique. » C'est-à-dire le seul des deux qui est unique. En fait, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'Abraham aurait dû comprendre dès le départ, quand on lui dit « ton fils » et que j'ai dit « Yitzhak ». Mais il semblerait que chez Abraham, la définition du fils n'est pas encore très claire.
Donc il dit: j'en ai deux. Dieu lui dit: oui, mais le seul des deux qui est unique. Il dit: oui, mais celui-ci est unique pour sa mère, et celui-ci est unique pour sa mère. Alors il dit acher ahavta, celui que tu aimes. Réponse d'Avram selon le midrash: j'aime les deux. Ce qui est évidemment une erreur. Quand tu dis celui que tu aimes, c'est celui que tu dois aimer davantage. Or Avram fait comme s'il ne comprenait pas.
Maintenant, d'après ce qu'on a étudié jusqu'à présent, quand on dit à Abraham « le fils que tu aimes », à qui pense-t-il spontanément ? À Ishmaël, n'est-ce pas ? Et la preuve que c'est sa pensée spontanée, c'est qu'on lui dit: « Et Yitzhak ? » C'est-à-dire que c'est Yitzhak qui est celui que tu dois plus aimer. On voit donc qu'il y a ici tout un problème chez Abraham pour savoir lequel de ses enfants est son fils. Il faut rappeler le problème.
Tout ça n'est pas clair. En tout cas, quand HaKadosh Baroukh Hou lui dit: « Kah na, binkha, yehidkha, asher ahavta, Yitzhak », il ne sait pas ce qu'on va lui demander. Il pense donc que c'est quelque chose de très grand qui va se passer maintenant, qui concerne son fils Yitzhak. Ve'lekh lekha. Cette expression, vous la connaissez de quelque part ? D'où ? La première fois que Dieu lui parle, c'est Lekh lekha. Là, c'est Ve'lekh lekha. Ça ressemble. C'est-à-dire qu'il y a, de même que le premier Lekh lekha,
Et en fait, il y a ici tout un problème.
Oui et non. Vous vous rendez compte de ce que ça fait peur ? Le tremblement. Chez Abraham se pose donc un problème. Non seulement il avait un problème de définition du fils, mais maintenant c'est encore plus compliqué, puisqu'on lui dit qu'il faut le sacrifier. Si c'est Yitzhak qui est sacrifié, qui va rester ? Ishmaël.
Or on a dit tout à l'heure que Yitzhak était le préféré. Il y a donc quelque chose d'incompréhensible. D'une part, on dit que le préféré, celui qui doit continuer, c'est Yitzhak. Pourquoi ? Hachem, pourquoi ? En tout cas, c'est comme ça qu'il a compris au début. Il y a ici quelque chose qui n'est pas clair. Peut-être que Hachem préfère Ishmaël, peut-être qu'il préfère Yitzhak. Les choses ne sont pas claires, donc il faut régler le problème. Comment régler le problème ?
— Oui, mais là il a entendu que Dieu lui dit que celui qu'il aime, c'est Israël. Enfin, peut-être. C'est ce qu'il a dit dans la suite du cours. Ce que j'ai dit au début, quand Avraham était spontanément attiré par Ishmaël, c'était ce qu'on a dit au début. Mais ceux qui ont écouté la suite du cours ont entendu également autre chose. C'est ça ? Ils sont de, disons, de persistance dans l'écoute.
Donc Avraham doit régler le problème, et au verset Guimel… Oui, quoi ? La question ne peut pas être: pourquoi devait-il aimer Israël plus qu'Ishmaël ? On n'en sait rien pour l'instant. Il se peut qu'Avraham doive préférer celui qui lui ressemble, c'est Ishmaël, ou qu'il doive préférer celui qui est son contraire, c'est Israël. Mais Israël allait se développer plus que l'amour ? Tout simplement parce qu'il intègre en lui une mida qu'il n'avait pas, c'est-à-dire…
On avait vu que le but moral d'Abraham était de faire la conjugaison de tsedaka et de mishpat, charité et justice. La charité, c'est ce dont Abraham est capable; la justice, c'est ce dont Yitzhak est capable. Il faut donc s'enrichir justement par son contraire. La difficulté d'Abraham, c'est d'admettre qu'il va être continué par un tsadik qui fait le contraire de lui. Ishmaël, c'est quand même le fils d'Abraham. Ah, mais Hessed, évidemment, bien sûr. C'est-à-dire que…
Ceux qui se ressemblent s'assemblent, donc Avraham préfère Ishmaël. Verset Guimel. Le verset Guimel doit résoudre le problème. Vayashkem Avraham baboker. Avraham se leva tôt le matin. Vayahavosh et hamorô, il sella son âne. Vayikakh shenayim nearav et Yitzhak beno. Il prit avec lui deux de ses serviteurs, ses deux jeunes. Naar veut dire un jeune, mais veut dire également un serviteur, ainsi que Yitzhak son fils. Qui sont les deux ?
Serviteurs. D'après la tradition, il s'agit d'Ishmaël et d'Eliézer. Il y a donc quatre personnes qui marchent avec l'âne: Abraham, Yitzhak, Ishmaël et Eliézer, plus un âne. Les quatre hommes marchent ensemble. Quel est le dénominateur commun de ces quatre ? — Ils sont de la maison d'Abraham, mais un peu plus. — Quoi encore ?
— Aimés d'Abraham ? Abraham aussi est aimé d'Abraham. Mais il aime tout le monde, Abraham. — Ils sont tous circoncis. Vous avez quatre circoncis qui marchent ensemble. Abraham est circoncis pour quelle raison ? Parce que c'est lui qui a reçu la mitsva. Yitzhak est circoncis pour quelle raison ? Parce qu'il est le fils d'Abraham. Eliézer est circoncis pour quelle raison ? Parce qu'il est serviteur. Et Ishmaël, pour quelle raison ?
Parce qu'il est fils, ou parce qu'il est serviteur ? Ça dépend. Ce n'est pas très clair. C'est les deux. C'est peut-être les deux à la fois, ou peut-être soit l'un, soit l'autre. Maintenant, le problème est de savoir qui, parmi les circoncis, est celui qui est préféré dans la perpétuation de l'idéal d'Abraham. Est-ce Yitzhak en tant que fils ? Est-ce Eliézer en tant que serviteur, ce qui veut dire élève ? Ou serait-ce plutôt Ishmaël, qui représente les deux ? Il y a ici quelque chose à régler. Abraham emmène tout le monde dans le même cortège, pour qu'une fois pour toutes, les choses soient tranchées.
Les branchages de l'holocauste. Vayaqoum vayélekh el hamakom asher amar lo Elohim. Il se leva pour aller vers l'endroit que lui avait dit l'Éternel. Le troisième jour. Ça veut dire qu'il a marché combien de temps ? Trois jours. Qu'est-ce qu'on fait pendant trois jours de marche ? On réfléchit, n'est-ce pas ? Il a donc …
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