Les fourberies d'Adonya et la réaction de Chlomo
Pourquoi Bat-Chéva rapporte mot pour mot les propos d'Adonya, et comment Chlomo les interprète.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Nathan, Batsheva et la succession de David, 1 h 02
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## Rappel: les conséquences du testament de David
Tov, haverim, boker tov, Hanouka sameah. Chakh temesrei. Qu'est-ce que je voulais dire ? Bon. On a vu la semaine dernière les conséquences du testament de David: respecter sa loi, la loi de la Torah, l'accomplir au vu et au su de tous. Du devenir de la royauté: éliminer le mal et l'insuffisance dans le royaume. Nous en avons parlé, on ne revient pas là-dessus. David va mettre en garde son successeur au sujet des différents personnages qui vont se rebeller contre l'autorité royale. On a parlé d'Adonia, de Yoav, de Chéva ben Bikri, de Chimi ben Guéra, etc.
Je cherche où nous en étions. Je vous ai donné la marge que nous allons suivre. Au début, les réactions très vives du roi contre Adonia, son opposition, et contre tous les opposants. Au centre, qui sera le principal, la demande de Shlomo à Dieu de lui accorder… Et en dernier lieu, nous verrons, peut-être aujourd'hui, peut-être la fois prochaine, le jugement célèbre de Salomon.
Il y a une règle tanakhique que je vous avais enseignée, qui s'appelle la double causalité, et dont nous allons essayer d'entendre ce qui se passe dans notre propos. La double causalité signifie qu'un élément capable d'être perçu dans sa réalité présente, omniprésente, peut bien évidemment cacher tout un mouvement sous-jacent.
Nous avions terminé lorsque je vous ai donné l'exemple de l'événement dramatique d'il y a 70 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, au-delà et en deçà de ce que nous pouvions constater, au vu et su de l'histoire, il y avait des mouvements de magma sous-jacents qui allaient être à même de provoquer, à la suite de cette guerre et de ces événements dramatiques, des choses que nous ne pouvions supposer. Un des exemples les plus flagrants est que la décision de Hitler, yimah chmo, de la solution finale du problème juif et du peuple juif, en exterminant les communautés juives, voilà qu'à la fin de la guerre renaissait la nation d'Israël. Vous me suivez dans ce que j'explique ?
Il y a donc cette question de comprendre cette double causalité dans l'histoire. Analysons-nous ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui, à l'heure où je parle, de la seule manière qui serait la réalité politique ? Ou bien, parce que nous sommes des hommes d'émouna, que nous sommes les enfants d'Israël, que nous appartenons à la nation des Hébreux, sommes-nous capables, à chaque instant, à tout moment, de comprendre qu'en deçà de cette réalité dont je suis le témoin aujourd'hui, à cette heure-ci, il se passe encore et toujours d'autres choses, qui sont ce magma sous-jacent ?
Ken ? Eh bien, pose la question.
Non. Pendant que se déroulait cette Seconde Guerre mondiale et la Shoah, pendant que nous étions, comment dire, enfermés dans les carcans de cette histoire dramatique, en dessous de cette histoire se préparait, se déroulait quelque chose qui allait donner naissance à autre chose. Ça, je ne sais pas. Je ne suis pas devin. Je dis simplement que les constatations de l'histoire d'Israël, Tanakh, et nous qui sommes la continuité de ce Tanakh aujourd'hui, nous devons avoir la présence d'esprit d'essayer de comprendre, pour mieux analyser ce que nous sommes en train de vivre.
Il faut une conscience de la double causalité de l'histoire. Jamais l'histoire ne se déroule réellement, foncièrement, dans son devenir, au vu et au su seulement de la réalité dont nous sommes apparemment conscients. En vérité, nous avons une conscience relative, parce que notre connaissance est relative. En hébreu, le verbe la-da'at signifie connaître, mais da'at a aussi une connotation de conscience. C'est dans cette polysémie de ce même terme qu'on vient nous enseigner que, sans connaissance, il y a guère de possibilité de prendre conscience. Ce que nous faisons aujourd'hui devrait donc nous aider, par cette connaissance, à prendre conscience. Je parle d'une conscience analytique concernant le devenir d'une histoire à laquelle nous appartenons au présent, et au futur aussi.
— Oui. C'est une anticipation, mais pas simplement une anticipation sur… Il y a beaucoup de rêveurs qui pensent que leur rêve est une réalité, et l'anticipation à travers ce rêve, c'est de l'illusion. Or je dis que celui qui a pleinement la connaissance, une connaissance lui permettant de prendre conscience qu'il y a une réalité, veut en vérité essayer de rendre cette réalité la plus proche possible de son rêve, c'est simplement parce que ces ingrédients, ces données vectorielles de la réalité humaine que sont la conscience et la connaissance, nous permettent d'anticiper. Mais d'anticiper de manière à prendre conscience, parce que la connaissance des pour et des contre permet d'entrevoir, à travers la réalité tellement colorée, ce qui se passe en deçà, c'est-à-dire ce que j'appelle les magmas de l'histoire.
C'est bien. Alors, ça a des relents hégéliens, ce que je dis, un petit peu bien entendu, sur la philosophie de l'histoire et sur la manière d'entreprendre l'analyse de cette histoire. Je vous le dis maintenant parce qu'il est important de comprendre que nous vivons, vous le comprenez bien, entre les parlements européens qui sont en train de voter pour une reconnaissance de l'État palestinien, des gouvernements qui n'ont pas pris la décision mais qui sont poussés par leur Sénat ou leur Parlement, et, d'un autre côté, un islamisme tonitruant,
hégémonique, qui lance ses tentacules à l'assaut de l'Europe, mais surtout de l'Occident, disons-le. Et ce petit État qui ressemble un peu à ce que Goscinny et Uderzo avaient voulu dessiner lorsqu'ils parlaient de ce petit village de résistants: on a quelquefois l'impression d'appartenir à ce village-là, et qui fait qu'un certain nombre d'hommes et de femmes dans le monde, qui n'ont rien à voir avec Israël, n'ont pas peur de prendre position aujourd'hui pour affirmer leur solidarité avec ce que représente ce village, qui est une nation.
Bref. L'ensemble de ce que nous étudions parle bien évidemment de cela, et on ne peut en aucun cas faire fi de cela. Nous parlons, dans l'histoire tanakhique, quelle qu'elle soit, j'insiste, quelle que soit l'histoire tanakhique, du fil d'Ariane qui relie l'ensemble de l'historiosophie tanakhique et la morale, l'identité morale.
Avec ce mot, nous allons découvrir soit la moralité du pouvoir, soit l'immoralité du pouvoir. Face à la moralité du pouvoir, il y aura des conséquences. Face à l'immoralité du pouvoir, il y aura des conséquences, bien entendu. Mais sachant que la connaissance que nous acquérons concernant cette identité morale doit nous permettre d'améliorer notre quotidien, mais surtout l'espoir que nous avons concernant Israël de demain. Aujourd'hui, on peut être dans une yeshiva ou dans un kollel à Tataouine-les-Bains ou à Trifouille-les-Doigts-de-Pieds, c'est-à-dire dans un pays, une ville étrangère à nous, et acquérir une quantité de connaissances qui ne servent guère à la conscience.
Et lorsque nous étudions le Tanakh, il est clair que la connaissance tanakhique ne vient pas nous parler du faire, vous l'entendez d'ailleurs dans tout ce que nous étudions. Elle vient nous parler de l'être, et de comment être. Quand les sages ont décidé de constituer le canon biblique en 24 livres, dont les cinq que nous appelons Torah et dix-neuf autres, …
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