Le septième jour et le projet de la création
Pourquoi le sixième jour éclaire le projet du septième, et ce que l'homme doit réparer.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Béréchit : le monde créé, bon, puis brisé, 55 min
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Vous vous rappelez certainement qu'on avait vu dans le livre de Béréchit qu'il y a une différence abyssale entre le verset Aléph du premier chapitre et le verset Beth du premier chapitre. Dans le verset Aléph, il est question d'un monde parfait, tandis que dans le verset Beth, il est question d'un monde brisé, imparfait.
Il y a donc une chute entre l'idéal et la réalité. Au début, on dit Béréchit bara Elohim et hachamayim veet haaretz, donc le monde est parfait. Après, « la terre est tohu et bohu », donc elle est imparfaite. Oui et non, ça ne change rien là. Ce qui change, c'est simplement le vacarme ou l'absence de vacarme produit par les retardataires, c'est tout. Mais à part ça, il n'y a pas de problème.
D'accord ? Comment ? Ce qu'on a dit au début du cours. Bah, je ne sais pas, qu'est-ce qu'on a dit au début du cours ? Oui ?
— Pourquoi ça ne serait pas Béréchit ?
— Bah, c'est ce qu'on a dit au début du cours aussi.
— Mais tu n'étais pas au début du cours.
— Mais si, il y avait des gens au début du cours, et eux, ils ont entendu. Qui était là au début du cours ? Et à quel chapitre on est ? Au verset Bet, n'est-ce pas ? Tu vois bien qu'il y avait des gens qui étaient au début du cours, qui eux ne sont pas arrivés en retard. Ils n'avaient pas de cours avant. Ah !
Donc vous n'êtes pas fautifs. Mais ça veut dire que la personne qui vous a donné un cours avant est fautive. Eh si. Bon. Mais enfin, on va faire avec.
— C'est pour moi, ça ?
— C'est trop beau, c'est trop gentil. Mais c'était pour toi au début ? Ah bon ? Ça va ?
Bon, je reviens donc à ce que nous disions. Nous sommes au chapitre Aléph, au verset Beth. Mais on voit qu'à partir du verset Guimel, les choses changent.
En fait, je me réfère ici à ce qui a été étudié dans le cours précédent. Est-ce que tu étais au cours précédent ?
— La semaine dernière.
— Ah, voilà, tout s'explique. Je t'explique. Il est très important de bien étudier le texte, le cours de la semaine dernière. Parce que dans le cours de la semaine dernière, nous avons eu de très grands principes, très importants pour savoir comment on étudie le Choumache.
Donc, si vous pouvez vous procurer l'enregistrement, je pense que ce n'est pas très difficile, ça doit être sur le site de Machon Meir. Il sera fort utile que toute personne qui n'a pas eu le bonheur d'entendre le premier cours le fasse. Est-ce que ceux qui étaient présents au cours de la semaine dernière sont d'accord avec ce que je dis là ?
— Oui.
— Oui, ils sont gentils comme ça. Bon, alors je reviens au verset Guimel. Le verset Guimel nous montre que tout est réparé.
Vayomer Elohim yehi or, vayehi or: Dieu dit que la lumière soit, et la lumière fut. Et à partir de là, tout commence à s'arranger, mais ça prend du temps. C'est un peu comme quelqu'un qui rentre dans un endroit complètement désordonné et qui dit: d'abord, allumons la lumière pour voir ce qui se passe. Et puis on voit que c'est tout mouillé, alors il prend une serpillère et il dégage un peu pour que ce soit sec. Et une fois que c'est sec, il va mettre des plantes, pour que ce soit joli. Après, il va fixer des lustres. Et puis un aquarium, une cage à oiseaux. Et une fois que tout ça est prêt, on peut mettre l'habitant. D'accord ?
C'est un peu comme ça que la création du monde est représentée dans le premier chapitre de la Torah. C'est-à-dire qu'il y a une différence entre le premier verset et les versets à partir de Guimel jusqu'à 31. Dans le verset Aléph, on a un monde qui est entièrement parfait, dès le départ, mais d'un seul coup. C'est en vrac. Ce que ça entraîne, c'est, dans le verset Beth, la chute, et après une progression qui fait qu'on répare, mais lentement, par voie graduelle.
Alors je ne sais pas si vous vous rappelez de l'image avec laquelle on avait représenté ce processus. Vous vous rappelez ? On avait présenté un V. Un V, c'est ça ? Quand vous corrigez une copie d'élève et que la réponse est bonne, vous faites un V. Dans ce V, il y a tout d'abord que ça va bien, après il y a la chute dans la réalité, et puis après ça remonte à l'infini. D'accord ? Ce mouvement-là est un mouvement de retour. En hébreu, techouva. Selon le grand principe que techouva kadma laolam: la techouva est antérieure au monde. D'accord ?
C'est ce que nous commençons à étudier, n'est-ce pas ? Maintenant, je voudrais, et comme on l'a déjà dit la dernière fois, pour chaque mot dans Béréchit, on pourrait donner une dizaine de cours au moins, et donc on n'avancerait pas. Vous allez être obligés de faire semblant d'avoir compris, et de continuer quand même.
La création du monde est décrite en strates différentes que la Torah appelle jours. Premier jour, deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième, n'est-ce pas ? Septième.
La Torah parle de jours. Ce ne sont évidemment pas des jours. Ce sont des niveaux d'être, si vous voulez. Mais la Torah fait comme si c'étaient des jours. Et qu'est-ce qu'elle nous dit pour chaque jour ? Nous allons voir qu'il y a un plan. Un plan pour les jours, oui. Il y a la profondeur, et la profondeur de la profondeur. Par exemple, disons, une fleur.
Une fleur, oh, c'est joli, dit l'élève Chapreau. C'est joli, une fleur. Et puis, après, il fait une étude scientifique: la fleur, c'est une pompe aspirante qui fait partie du cycle de la chlorophylle, c'est indispensable pour l'équilibre écologique. C'est la même fleur, mais il l'a vue en profondeur. D'accord ? Et puis il y a la fleur, ce qu'elle évoque au niveau poétique: la rose, elle a vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. La rose de Ronsard et tous ces machins-là. D'accord ?
Il y a, à chaque fois, des niveaux d'être. Chaque niveau d'être, la Torah l'appelle des jours. Parce que la Torah, comme elle parle en hébreu biblique, ne connaît pas ce qu'on appelle les mots abstraits. Il y a dans les langues européennes, et c'est un héritage de la philosophie grecque, ce qu'on appelle des abstractions. Or, les abstractions n'existent pas en hébreu biblique. Donc, quand la Torah veut parler de quelque chose d'abstrait, elle va employer une image concrète. Donc, quand la Torah voudra dire des niveaux d'être, elle dira des jours. D'accord ?
— Oui.
D'ailleurs, la raison, c'est parce que le pluriel du mot Yom, c'est quoi ? Yamim. C'est ce que veut dire également ? C'est également le pluriel du mot Yam. C'est le même pluriel pour Yom et pour Yam: Yom, Yamim; *Yam, …
Cours de Machon Meir
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