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Le shofar et la soumission à la volonté divine à Roch Hachana

Le Rav Bigon relie le son du shofar courbé à l'Akeda d'Abraham et à l'amour qui mène à la soumission à Hachem.

19 min

Rav Dov Bigon

Ensuite : Tou Bichvat, la terre d'Israël et l'amour d'Erets Israël, 15 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On est vraiment à la fin du Réveil

Il est écrit dans la halakha qu'il est bon que le shofar soit courbé, un shofar d'aïl, qui a une forme recourbée. Un shofar simple, c'est long et droit, comme une corne. Qu'est-ce que cela nous apprend ? En hébreu, le mot kafouf signifie être courbé, pour quelque chose.

Le Rav nous dit qu'il existe deux sortes de shofar: le shofar kafouf et le shofar pashout.

Pashout, c'est simple au sens de droit. Le shofar d'une gazelle, par exemple, est long et droit. Le kafouf, c'est celui qui est en forme de rond, c'est-à-dire courbé. Pour le shofar de bélier, les cornes du bélier se courbent, et c'est donc un kafouf. Or kafouf ne veut pas seulement dire courbé, il veut dire soumis à. Dans l'armée, on a une personne soumise à l'officier: elle est kafouf à l'officier, elle est sous ses ordres.

Cela vient de manière très forte de la paracha de l'Akédah, que l'on lit aussi à Roch Hachana. Qu'est-ce que l'Akédah ? Abraham a lié les deux pieds et les deux mains de Yitz'hak, et il l'a mis sur l'autel. Pourquoi ? Parce qu'Abraham était prêt à faire la volonté de D.ieu. Pourquoi était-il prêt ? Parce qu'il aimait D.ieu. Quelqu'un qui aime, fait la volonté de celui qu'il aime. Et il est écrit que Yitz'hak aussi s'y soumit, ils allaient ensemble, pas seulement Abraham. Yitz'hak aussi s'est soumis à ce sujet.

Le Rav nous dit que toute l'idée du kafouf, c'est se soumettre. Quand on parle de Roch Hachana, notre but est de nous soumettre à la volonté du HaKadosh Baroukh Hou, comme un serviteur envers son roi, qui décide de se soumettre à tous ses ordres et à toute sa volonté.

Lorsqu'on lit à Roch Hachana la paracha de l'Akédah, on retrouve ce même sujet: Yitz'hak s'est soumis à la volonté d'Abraham, et Abraham à la volonté du HaKadosh Baroukh Hou. On appelle cela la Akédah de Yitz'hak. Akédah veut dire la ligature, c'est-à-dire le fait d'avoir attaché les mains et les pieds de Yitz'hak. Abraham a ligoté son fils, pour que celui-ci se soumette pleinement à la volonté du HaKadosh Baroukh Hou. En attachant son fils, Abraham se soumet à l'ordre divin. Pourquoi le fait-il ? Parce qu'il aime. Il aime le HaKadosh Baroukh Hou. Toute personne qui aime une autre personne réalise forcément sa volonté, dans les domaines qui touchent à D.ieu. Parce que tu aimes Hachem, tu vas te soumettre à sa volonté. C'est le travail de Roch Hachana: lorsque nous entendons le shofar, qui est justement kafouf, nous nous soumettons à la volonté de notre Roi, le HaKadosh Baroukh Hou.

Il a oublié beaucoup de choses. Il voulait apprendre à l'époque. C'est vrai ? Oui, c'est vrai. Le prix de l'amour, en réalité, c'est d'être prêt à oublier pour celui que tu aimes. C'est ce qu'on appelle émouna et ahava. C'est ce qu'on appelle une expression. Dans le récit de l'Akédah dont nous avons parlé, Abraham dit au HaKadosh Baroukh Hou: [citation en hébreu translittérée, incompréhensible: Ouh, lou omer, oseh, oseh, omeh, ani, adavar achi akar li bachayim, la yelet shouvi, esli yelet achan, desach akol, ze atit shouvi, ze atit shilam Yisraël. Ani mouchan, mitokh shani oev otcha, Elokim, ani mouchan levater la yelet shouvi. Ani mouchan levater la yelet shouvi, gachani oev otcha, desi siyeh ava]

Les sages, le Rav Kook en parle, disent que tout ce qu'il y a chez Abraham et chez Yitz'hak, il y en a aussi chez nous, chez l'homme israélien en général, chez tous les juifs et toutes les juives: cette volonté de l'esprit, cette capacité de lâcher les choses les plus chères que nous avons, parce que nous aimons le Baroukh Hou. C'est un signe de l'esprit de tout homme israélien, et de tout homme.

Mais avant tout, le Rav nous dit qu'on peut se poser une question: est-ce que j'aime véritablement cette personne ? La mesure, l'examen, pour savoir la grandeur de l'amour que tu as envers quelqu'un, c'est de savoir ce que tu es prêt à annuler, à mettre de côté, à abandonner pour cette personne. Lorsque le HaKadosh Baroukh Hou demande à Abraham Avinou de sacrifier son fils par amour pour Lui, Il le met à l'épreuve: la chose la plus importante de ta vie, ton fils, qui représente la continuité du peuple d'Israël, es-tu prêt à le sacrifier par amour pour Moi ? Es-tu prêt à l'annuler, à le mettre totalement de côté, à le faire disparaître, poussé uniquement par l'amour pour Moi ? Si tu en es capable, ce sera la plus grande preuve d'amour. Abraham Avinou atteint ce niveau.

Prendre la chose la plus importante de sa vie, en pensant que son fils allait être le continuateur du peuple d'Israël, et que par lui allait enfin se réaliser son projet. Et là, Avraham Avinou dit: si c'est ta volonté, HaKadosh Baroukh Hou, tellement je t'aime que ce que je pense, ce que j'aime, moi, n'a aucune importance, pour un mot de Toi. C'est en fait l'épreuve de toute la vie. Parfois, dans la vie, les épreuves que le HaKadosh Baroukh Hou nous envoie, qu'est-ce que c'est ? C'est prendre les choses les plus importantes, celles qui, pour nous, sont importantes: ça, j'aime; ça, je veux; ça, je veux réaliser. Et Il nous empêche de les réaliser. C'est une épreuve. Est-ce que, malgré le fait que le HaKadosh Baroukh t'empêche de les réaliser, tu restes amoureux de Lui ? Tu restes uni à Lui ? Tu restes en accord avec Lui ? Ça, c'est ahava ve-émouna.

Est-ce que, par l'amour que tu as pour le HaKadosh Baroukh Hou, émouna, tu restes toujours en confiance avec Lui, malgré tout ce qui t'a empêché de réaliser ta volonté personnelle ? C'est la plus grande preuve d'amour envers Hachem.

Le Rav donne l'exemple des slichot, la doukma chez les slichot. Qu'est-ce que les slichot ? C'est, par amour pour le HaKadosh Baroukh Hou, dormir moins, être fatigué… Mais par amour pour Hachem, je mets tout cela de côté et je me lève. Il y a parmi vous des gens qui sont prêts à annuler leur sommeil pour pouvoir dire les slichot.

Je sais, je sais, je sais. On verra. Il nous dit, dans le couple, vous verrez, Mesdames et Messieurs: vous marierez votre femme, pour vous tester, pour voir si vous tenez véritablement à elle. Elle vous dira: va faire la vaisselle, va jeter les poubelles, range la maison, fais le ménage, nettoie, etc. Vous allez annuler, alors que vous auriez bien sûr préféré étudier la Torah et prier au même moment. Vous direz: non, je fais ta volonté, ma femme, parce que c'est toi que j'aime.

À Roch Hachana, nous disons, dans la prière de moussaf, des versets de malkhouyot, dix versets, dix versets de zikhronot et de shofarot. Et le Seder, qu'est-ce que les malkhouyot ? Ce que nous avons dit avant: tu es un roi, je suis un roi… …

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