Parachat Behoukotai (15/05/12)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Behoukotai (24/05/16), 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Parachat Béhoukotaï. Avec la Parachat Béhoukotaï, on termine donc le livre de Vayikra. Cette paracha contient plusieurs sujets importants. La chose la plus connue, ce sont les kélalot, les malédictions. Ce n'est pas très sympathique: Hachem nous dit, voilà, vous allez recevoir ceci, cela, et cela. Nous, qui venons d'une société occidentale, nous trouvons cela un peu bizarre, un peu dur, peut-être même déplacé. On va expliquer.
On commence quand même la paracha par Débrachot, et non par les kélalot. Au milieu des kélalot, au milieu des malédictions, on trouve une très grande constellation que nous allons étudier, parce qu'elle est d'actualité, d'actualité politique en Israël. Et à la fin, on revient aux dynames qui concernent la Terre d'Israël, c'est-à-dire les choses qui sont en rapport avec les champs, avec le, avec le Beit Hamikdash, et tout cela. Donc, si vous voulez, c'est le cosmos de la paracha. On va rentrer dans les différentes parties pour voir ce qui va se passer dans la paracha.
La paracha commence ainsi. C'est très connu. J'ai même vu des gens coller des autocollants sur leur voiture avec ce verset. Il est marqué: si vous suivez mes lois et gardez mes mitsvot, et que vous les faites, je donnerai la paix sur votre terre.
Cela commence très bien. En gros, vous êtes bien si tout va bien; si vous n'êtes pas bien, commencez à craindre. Maintenant, beaucoup de gens disent: voilà, c'est quoi la solution pour la paix ? Ce sont des gens qui ont lu la Torah, mais seulement trois houkim; le quatrième est trop dur pour eux. Alors ils disent: regardez bien comment on fait ce qu'on veut de la Torah quand on oublie de lire une partie. C'est marqué comme ça sur les autocollants: si vous faites les mitsvot, alors…
… j'accorderai la paix sur la terre. C'est vrai, regardez ce qui est écrit. Vous pourrez vous allonger, et personne ne vous fera peur. Il n'y aura plus de bêtes féroces, y compris des bêtes féroces qui parlent arabe, sur la terre. Et l'épée ne passera pas par votre terre. A priori, c'est un peu pastoral, cela a l'air sympathique. C'est donc le paysage qui se produit quand on fait les mitsvot. Il y a des gens qui s'imaginent qu'il y aura la paix quand on fera les mitsvot. Seulement, il y a un verset après. Qu'est-ce qu'on fait ? On le lit ou on ne le lit pas ? On ne le lit pas. On lit. On parle d'une paix un peu spéciale. On ne parle pas d'une paix où l'on s'embrasse avec tout le monde. On parle d'une autre paix, dont la Torah parle.
Il est écrit: Ourdaftem et oyvekhem: vous poursuivrez vos ennemis, vanafelou lifneikhem lakharev: et ils tomberont devant vous par le fil de l'épée. Donc, l'épée dont la Torah parle quand on fera les mitsvot, c'est une paix qui est effectivement chez nous, mais pas forcément dans les alentours. Si vous voulez comprendre ce que je veux dire: il y a une paix quand on a gagné la guerre, et il n'y a plus personne qui nous embête. C'est un peu ce qui s'est passé à la fin du règne de David HaMelech et pendant le règne de Chlomo HaMelech, quand on avait fini de conquérir le Moyen-Orient. Là, évidemment, il n'y a plus personne pour nous embêter.
Encore une fois, quand la Torah dit: voilà, ne vous inquiétez pas, il faut continuer à lire la Torah. Parce que parfois, il ne suffit pas de lire un passage, il faut lire le deuxième. Sinon, on part sur des idées un peu fausses. Ce n'est pas: quand nous ferons les mitsvot, à ce moment-là, HaKadosh Baroukh Hou va faire que, voilà, on va voir la paix, et tout va bien se passer. Non ! Quand nous ferons les mitsvot, nous ferons ce que Hachem veut, et nous gagnerons nos
guerres. Vous comprenez la petite différence ? Cela amènera évidemment la paix, parce que lorsque nos ennemis nous embêtent, ils se calment. Oui, mais pas indéfiniment: à l'époque de David, ils se sont calmés, après. Vous comprenez ? C'est là que cela va nous permettre, si vous voulez, d'une manière très générale, de gagner nos guerres. Très générale, parce qu'on ne peut pas juger sur le fait que vous avez fait deux mitsvot et qu'après, c'est gagné.
Il y a une idée très importante que vous devez comprendre. Une erreur très répandue chez les religieux consiste à s'imaginer que HaKadosh Baroukh Hou est, pour donner une métaphore, un distributeur de Coca-Cola: on met une pièce, un Coca-Cola sort; on fait une mitsva, une mitsva sort. Or HaKadosh Baroukh Hou est quelqu'un. Il a ses choix, ses décisions, et nous avons notre libre arbitre, et lui encore plus. Ce que je veux dire, c'est que les décisions qu'il prend ne tiennent pas seulement à ce que nous voyons, mais à toutes sortes de choses que nous ne voyons pas.
Parfois, il faut prendre une décision maintenant, qui dépend de millions d'histoires. Vous comprenez ? Il a un libre arbitre au sens où il l'entend, mais cela ne change rien. Le problème est: comment juges-tu HaKadosh Baroukh Hou ? Quelle est ta compréhension de qui est HaKadosh Baroukh Hou ? Il y a des gens qui s'imaginent que HaKadosh Baroukh Hou est une machine à sous: tu fais comme ça, et c'est tout. Ou un distributeur. HaKadosh Baroukh Hou est quelqu'un de libre, qui décide de l'histoire, et qui fait avancer comme il l'entend.
Parfois, des rois d'Israël qui sont des Rechaïm gagnent leur guerre, et des rois qui sont des Tsadikim perdent leur guerre. Parce qu'on ne peut pas faire le calcul de l'histoire sur une année, ni sur deux années, ni même sur des centaines d'années, certaines. Pour comprendre ce que fait HaKadosh Baroukh Hou, soit il nous l'a expliqué, soit cela s'est passé pendant des milliers d'années et après on a compris, ou les prophètes nous l'ont expliqué. On ne peut pas venir dire: HaKadosh Baroukh Hou a fait cela, et moi j'ai fait cela, donc HaKadosh Baroukh Hou va faire cela. Ça, on ne peut pas. Un prophète peut le dire. Et encore, pas pour tout: un prophète qui annonce une mauvaise nouvelle, cela ne se réalise pas forcément, comme vous le savez.
Donc, pour vous dire que nous devons faire notre travail de juifs. Nous devons faire nos mitsvot, faire avancer la Gueoula, nous battre pour Israël, faire tout ce qu'on fait quand on est en Israël. Bien sûr, en France c'est plus difficile, il y a moins de travail, puisqu'on peut moins faire avancer l'histoire. En France, on est spectateur de l'histoire à la télé. En Israël, on est acteur de l'histoire. Cela, on l'a déjà dit souvent. Nous devons donc faire ce que nous avons à faire, et HaKadosh Baroukh Hou organise ce qu'il veut organiser. On lui fait confiance. Ne commencez donc pas à dire: « Ouais, on va faire ça, il va se passer ça. » Ce …
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