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Parachat Behar (08/05/12)

57 min

Rav Yossef David

Ensuite : Parachat Behar (16/05/16), 1 h 03

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Paracha de Behar: en général, elle est lue avec Bekhoukotaï, mais cette année, ce n'est pas le cas. En France, je crois qu'il y a une différence. En Israël, on lit Behar tout seul.

Alors, Behar traite de quel sujet principal ?

— C'est ce qu'on appelle la Chemita.

La Chemita, c'est quoi ?

— C'est l'année sabbatique de la terre. Comme on a le septième jour où l'on ne travaille pas, on doit aussi laisser la terre se reposer la septième année. Il vaut mieux se reposer, mais surtout, on ne travaille pas.

Le Yovel est une autre halakha qui apparaît dans notre paracha: ce sont sept Chemitot, soit au bout de cinquante ans. Il y a toute une révolution dans la société israélienne qui se joue à ce moment-là. On en parlera quand on abordera la société israélienne.

Aujourd'hui, à travers la Chemita, nous allons traiter plusieurs choses. Je vous donne déjà les thèmes, pour ne pas les oublier.

Premièrement, la Chemita: la Chemita du mont Sinaï, et comment on la gère aujourd'hui. Comment gérer un État moderne avec la Chemita ? Vous imaginez bien que lorsqu'on a une économie moderne comme celle d'Israël, la Chemita est quelque chose qu'il faut gérer, et ce n'est pas évident.

Deuxièmement, nous parlerons du Yovel et de ses implications au niveau de la société, puisqu'il y a de grands bouleversements.

Ensuite, nous parlerons de ce qu'on appelle le Goël HaKarka, celui qui doit délivrer le proche parent qui doit racheter une terre qui a été vendue. Qu'est-ce qu'on apprend de là ?

Puis nous regarderons les relations qui existent dans la société israélienne entre ce qu'on appelle le Stam, un Juif, et l'Eved Ivri, qui a été lui-même vendu comme esclave, et le Guer Toshav, celui qui habite en Israël et qui a le droit d'y habiter même s'il n'est pas juif.

Ce sont les principaux termes. Ce sont des notions d'actualité, puisqu'on doit expliquer comment on peut gérer une société moderne avec tout ce que nous venons de dire.

Vous vous rappelez l'axiome de Manitou sur ce qui est vrai et ce qui est écrit dans la Torah ? Ce n'est pas parce que quelque chose est écrit dans la Torah qu'il est vrai. C'est parce que c'était vrai qu'il a été écrit dans la Torah.

Donc, quand nous avons quelque chose qui nous paraît un peu démodé, pas adapté, nous devons le regarder avec des yeux le plus ouverts possible, avec un regard neuf, et voir comment cela peut s'adapter à une société moderne.

Les lois de la Torah ne sont pas faites pour être modifiées. Les rabbins peuvent changer ce qu'eux-mêmes ont institué, mais la Torah, on ne peut pas la changer. Elle est pourtant capable de s'adapter. Pourquoi ? Parce qu'elle a raison face à d'autres systèmes de justice ou d'autres systèmes sociaux que l'on trouve aujourd'hui en Occident, par exemple. Nous verrons ce que la Torah a donné sur ce sujet.

— Oui, j'avais une question: le Goël HaKarka est très moderne ?

On va voir ce qu'on va apprendre du Goël HaKarka. Il y a beaucoup à en apprendre, nous verrons. C'est le frère, ou le cousin le plus proche, qui doit racheter au plus vite la terre, avant que… Et la Torah lui donne la possibilité de la racheter au même prix, même si les prix ont augmenté. Nous verrons tout ce que l'on en retire.

Si on a terminé avec les SMS et les trucs, on peut commencer. Donc, première partie: les dinim de la Chemita. Pour ceux qui prennent des notes… Non, pas la Chemita, je me trompe. Non, je me trompe aussi. En général, cela veut dire la Chemita. Bon, on commence donc par les dinim de la Chemita.

Je voudrais, si vous voulez bien, commencer par expliquer un peu. Première partie: les dinim de la Chemita, les lois concernant la Chemita. Qui n'a pas de crayon pour prendre des notes ? Tiens, bien.

Alors, les dinim de la Chemita. Je voudrais m'étendre un peu sur la Chemita: qu'est-ce qu'on doit faire pour la Chemita ? Ce sont des halakhot extrêmement difficiles à gérer dans une société. Je vais vous expliquer pourquoi.

Dans la Chemita, non seulement on n'a pas le droit de planter, mais on n'a pas le droit de récolter non plus. En fait, une société qui observe la Chemita ne s'arrête pas seulement la septième année: la huitième année non plus. En général, ce que tu plantes la septième année, tu le récupères la huitième. Si tu n'as rien planté la septième année, tu attends ce qui tombe de l'arbre, ça pousse ou ça ne pousse pas, car en général l'agriculture n'est pas si simple: il faut travailler. Imaginez: il ne reste pas grand-chose la huitième année. Ou rien, ou presque, ce n'est pas l'optimal.

Et cela, c'est peu de chose quand on compare à une société agricole moderne. Si l'agriculture moderne, comme celle d'Israël, est gérée ainsi, cela devient encore plus impossible.

Vous savez comment fonctionne le marché agricole ? Je vais vous expliquer. Je vais travailler un peu dans ce domaine aussi. Ça fonctionne comme ceci: vous avez une récolte. Le haut de votre récolte, la meilleure qualité, les meilleurs produits, va à l'exportation. Tout le reste reste à l'intérieur.

Dans l'exportation, il faut d'abord que le fruit puisse résister à tout le voyage. À l'intérieur, en revanche, il peut se passer trois ou quatre jours entre le moment où, par exemple, un avocat est coupé de son arbre, récolté, et le moment où il arrive à destination. Il y a toutes sortes de raisons à cela, cela dépend des saisons. Je peux dire pourquoi c'est comme ça… Non, justement, maintenant, quand on les envoie à l'étranger, cela prend plus de temps. Donc, déjà, il faut prendre des produits capables de tenir plus longtemps. Et deuxièmement, la concurrence est très dure à l'étranger: il faut être le meilleur.

Alors qu'à l'intérieur, chaque pays protège son marché intérieur par des taxes, sans importation. Donc votre marché intérieur est plus facile à écouler.

Vous ne verrez jamais des avocats de Jaffa, je ne sais pas comment ils s'appellent, le Carmel, en France, qui ne sont pas parfaits à cent pour cent. Vous ne les verrez jamais. En revanche, vous pouvez trouver au marché des avocats un peu noirs, un peu durs… C'est pareil. Voilà comment ça marche.

Mais pour avoir des marchés internationaux, il faut être bon pendant plusieurs années d'affilée. Pour que quelqu'un vous achète, par exemple, si la France veut acheter des avocats à Israël plutôt qu'en Corse, c'est parce qu'ils sont meilleurs, et moins chers. Et il y en a davantage dans l'année: en Israël, on arrive à donner environ huit mois par an d'avocats, et la Corse arrive à en donner trois ou quatre. Je donne un exemple, bien sûr.

Donc il faut être bon, et il faut être bon sur dix ans. Maintenant, si la Chemita arrive et qu'on ne travaille pas, eh bien ce qui se passe, c'est que tu perds tes marchés. Tu encourages …

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