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Parachat Vayikra (20/03/12)

57 min

Rav Yossef David

Ensuite : Parachat Yitro (03/02/15), 54 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Vous l'avez tous lu, j'espère. La paracha de Vayikra ouvre un livre qu'on appelle le Torat Kohanim, le livre des Kohanim. Ce livre va traiter beaucoup de l'activité des Kohanim, c'est-à-dire qu'il faut déjà avoir construit le Temple, le Mishkan, et que ce sont les Korbanot. La paracha de Vayikra donne essentiellement beaucoup de détails sur différents Korbanot, mais on va être obligés de faire pas mal d'introductions avant d'en parler. Alors, par quoi commence la paracha ?

La paracha commence par le mot Vayikra. Qu'est-ce qu'il y a de particulier dans le mot Vayikra dans la Torah, vous savez ? Il y a un petit Aleph. Est-ce que vous savez pourquoi ? C'est pas marqué dans Rachi, mais vous pouvez le comprendre à partir de Rachi. Qu'est-ce qu'il y a dans Rachi ? Ça serait sympa, non ? C'est dur. Mais si vous avez lu la paracha, c'est bien. Alors, il y a marqué dans Rachi que Vayikra, c'est un langage affectueux.

Comme les anges, quand ils s'interpellent, ils disent Vekara zeh el zeh, comme on dit dans la Kedoucha. Donc le fait que HaKadosh Baroukh Hou appelle Moché Rabbeinu Vayikra El Moché, ça veut dire qu'il lui parle comme il parle à un ange, avec beaucoup d'affection, beaucoup de proximité. Ça, c'est ce que Hachem a dit. Maintenant, ce que Moché a écrit, c'est quoi ? Il a marqué que ce n'est pas pareil. Hachem dicte la Torah, d'accord, mais celui qui l'écrit, c'est... Donc Moché, à votre avis, pourquoi il a changé quelque chose ? Parce qu'on ne lui a pas dit de mettre quoi que ce soit. Non. Justement, je ne prends pas du tout ça au sérieux. Il y a un trait de caractère très important, je voudrais qu'on le voie avec Moché Rabbeinu. Complétez cette phrase: Moché Rabbeinu est l'homme le plus... tac tac tac, sur terre. C'est quoi ?

C'est le plus grand prophète, c'est vrai. Mais la raison pour laquelle c'est le plus grand prophète, c'est déjà un trait très important: c'est l'homme le plus modeste de la planète, avant lui et après lui. Comprenez bien: pour acquérir le degré de Moché, il faut évidemment être tsadik, être proche de Hachem, tout ça. Mais ce qu'il avait vraiment d'exceptionnel, Moché Rabbeinu, c'est qu'il était Anav. Parce que pour être capable de recevoir, il faut de la modestie. C'est lui qui écoute. Celui qui écoute un cours, ou qui

lit un livre, ou qui fait n'importe quoi, n'est pas modeste. Vous savez comment il écoute ? Comme ça: « Ouais, ouais, c'est bon, on a compris. » C'est quelqu'un qui n'est pas modeste. Pour lui, ce qu'on lui dit, « ouais, c'est bon », il ne va pas s'attarder. Quelqu'un de modeste, lui, est à l'écoute, parce qu'il ne se croit pas, il ne se croit pas arrivé. Il ne peut pas dire « ouais, c'est bon, je sais déjà ce que tu vas dire ». Donc celui qui

a une grande modestie comme Moché Rabbeinu est capable de recevoir la Torah, c'est-à-dire de recevoir quelque chose qui dépasse les dimensions d'un humain. Et en cela, il était exceptionnel, unique au monde, et c'est pour ça qu'il a pu recevoir la Torah.

Je vois que vous avez tous des stylos. Donc c'est une idée que vous pouvez noter, que vous pourrez replacer, et que je vous invite à noter. Il y a aussi marqué, à propos de Chlomo HaMélèkh, qu'il est « Haham Ikol Adam », le plus intelligent des hommes. Donc si on en croit ce qui est marqué, on pourrait même croire que Chlomo aurait été plus intelligent que Moché. C'est possible. Mais en tout cas, il y a une chose dans laquelle Moché était plus fort, c'était l'Anava. Donc pour comprendre la Torah, il fallait de l'intelligence, c'est sûr, mais il fallait quelque chose de plus pour être capable de recevoir et de transmettre la Torah: cette Anava. C'est une Anava exceptionnelle, unique au monde.

Et maintenant, il y a deux endroits dans toute la Torah où Moché Rabbeinu a changé le texte. Non, il n'a pas changé, il a fait le contraire. Il y a deux endroits dans la Torah, et ils sont liés. Quand Hachem lui a dit d'écrire, il n'a pas écrit ce qu'on lui disait, mais a fait un petit changement quand même. Le premier, c'est là, Vayikra. On lui a dit d'écrire Vayikra, et lui a écrit Vayikra avec un petit Aleph, parce qu'il ne se prend pas au sérieux. Il n'a pas dit « moi, je sais, on parle comme à un ange ». Non.

Quand il est marqué Vayikar, dit Rachi, vous avez lu Rachi sur le premier verset de la paracha ? Quand HaKadosh Baroukh Hou s'adresse aux prophètes des autres peuples, comme Bilaam, il ne dit pas Vayikra, il dit Vayikar. Et la grande différence, au niveau de l'hébreu, entre Vayikar et Vayikra, c'est que Vayikra, c'est la racine kara, appeler, et Vayikar, c'est la racine mikré, et mikré, ça veut dire « hasard ». Comme quoi le lien que HaKadosh Baroukh Hou a avec les prophètes des autres peuples, comme Bilaam, c'est un lien qui rappelle, d'un côté, le hasard, et de l'autre côté l'impureté, puisque Bilaam se prophétisait par son impureté, pas par sa pureté. Le Chéfakh Baal Keri, c'est l'homme impur, quelqu'un qui a une émission de semence pendant la nuit: on appelle ça Baal Keri en hébreu. Et Vayikar vient de là. Donc quand HaKadosh Baroukh Hou parle à Bilaam, il est marqué Vayikar, Elohim à Bilaam.

Maintenant, Moché Rabbeinu. On a dit: marque Vayikra, Hachem à Moché. Et lui, qu'est-ce qu'il a marqué ? Vayikar, comme si c'était un Vav en moins... pardon, comme s'il était plus bas. Donc pour lui, il se dit: moi, je suis comme un homme ordinaire, je ne suis pas plus que n'importe qui. Il ne se prend pas du tout à servir Moché, il ne se met pas en avant, et donc il écrit Vayikar. Vous comprenez ? Rachi ne dit pas ça, il ne fait que le dire là. Il dit, oui: Vayikar, c'est l'expression qu'on emploie pour les peuples du monde, quand Hachem leur parle. Vayikra, c'est quand les anges se parlent entre eux, ou quand Il leur parle, aux anges. Donc Moché Rabbeinu a dit « marque Vayikra », et lui a marqué Vayikar avec un petit Aleph. Vous avez compris pourquoi il a fait ça ?

Deuxième endroit où Moché Rabbeinu a changé, c'est pour la même raison. Il est marqué dans la Torah: « Véha-ish Moché anav mi-kol adam ». Normalement, le mot Anav, comment on l'écrit ? Ayin, Noun, Yod, Vav. Et Moché Rabbeinu, comment il l'a écrit ? Ayin, Noun, Vav. Il n'a pas mis le Yod. Et c'est encore pour la même raison: Moché Rabbeinu avait du mal à écrire sur lui-même qu'il était Anav. Donc vous voyez la personnalité de Moché qui traverse la Torah écrite, qui apparaît même dans la Torah écrite, à la limite de ce qu'on a le droit de faire, de ce que lui-même a …

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