Parachat Behoukotai (13/05/14)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Behoukotai (15/05/12), 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, la paracha commence comme ça: si vous allez selon mes lois et selon mon décret, et que vous les réalisez, alors tout ira bien. Il y aura la pluie, l'agriculture, la terre sera prospère, et tout et tout et tout.
On a une description de ce qui nous attend si nous faisons les mitsvot de HaKadosh Baroukh Hou. Et après, la suite: Venatati Shalom Baaretz, et vous aurez la paix dans votre pays. Un jour, j'ai entendu quelqu'un me dire: voilà, si vous voulez la paix en Israël, eh bien, il faut faire les mitsvot. Je fais, d'accord. Effectivement, c'est écrit dans la paracha de Béhoukotaï. Seulement, il y a une suite. Quelle est la suite ? Je donnerai la paix dans votre pays, Ushratem Venuacharid, et vous lirez…
Vous reposerez et personne ne vous embêtera. Et je ferai disparaître de votre pays toutes les bêtes nuisibles, et l'épée ne passera pas dans votre pays. Effectivement, une destruction de l'épée. Et vous poursuivrez vos ennemis, et ils tomberont devant vous par l'épée.
Donc, la Torah nous promet une paix si nous faisons les mitsvot. Mais il ne s'agit pas forcément de ce dont on parle aujourd'hui, puisqu'on parle d'une paix où nos ennemis ont compris que ça ne valait pas le coup de nous embêter et ont décidé de nous laisser en paix. Pas forcément dans le sens où on l'entend aujourd'hui. Donc, il y a effectivement une corrélation, nous dit la Torah.
Entre le fait que nous fassions les mitsvot et le fait qu'il y ait la prospérité et la paix en Erets Israël. C'est une corrélation évidente. Maintenant, on a un problème avec ça: quand on regarde l'histoire de notre peuple, on voit que ce n'est pas tout à fait comme ça que ça s'est passé. C'est pour ça qu'il faut l'expliquer. Ce qu'on va essayer d'expliquer, c'est
le rapport de la Providence: quand est-ce que HaKadosh Baroukh Hou agit sur son monde, intervient, nous donne une bracha, nous donne la bénédiction, nous donne la malédiction, nous fait prospérer, nous fait tomber, nous fait gagner la guerre, nous fait perdre la guerre ? En quoi cela est-il en relation avec nos actes ? N'importe quel juif croyant trouve qu'il doit forcément y avoir une corrélation. Quand on regarde l'histoire du Tanakh, l'histoire de la Bible, on se rend compte que l'équation n'est pas aussi évidente que ça. Pour la comprendre, il faut comprendre un peu mieux comment HaKadosh Baroukh Hou agit dans son monde.
Il n'agit pas dans le monde d'une manière automatique. HaKadosh Baroukh Hou est quelqu'un avec une volonté, avec un plan pour son histoire, pour son processus messianique. Donc ce n'est pas: on fait ça, il fait ça. HaKadosh Baroukh Hou n'est pas une machine distributrice de Coca-Cola: une fois qu'on a fait ça, il nous donne ça. Non, il a sa manière de gérer son monde. Donc, ce n'est pas au hasard si on va gagner la guerre ou la perdre, si on va avoir la famine ou si Erets Israël va prospérer. Tout ça fait partie d'un plan plus général que simplement les actes qu'une telle génération aurait faits.
Pour comprendre ça, revenons en arrière. Quand on revient en arrière, on voit effectivement, à la sortie d'Égypte, à l'époque de Moshé Rabbénou, que quels que soient les actes accomplis par les enfants d'Israël, il y a tout de suite châtiment et récompense.
C'est-à-dire que quand ils font la faute des explorateurs, tout de suite ils sont punis. Quand ils font le veau d'or, tout de suite ils sont punis. La Providence n'attend pas, Moshé Rabbénou n'attend pas. Il y a une punition, un châtiment, une récompense immédiate après l'acte. Ce qui est intéressant, c'est que plus on avance dans l'histoire, moins cette relation est immédiate. Évidemment, nous, on préfère qu'elle ne soit pas immédiate, parce que imaginez: on fait une faute, tout de suite on est puni, ça ne vaut pas le coup, on n'a même pas le temps de se rattraper.
À qui s'adresse-t-on quand on corrige directement la faute, et à qui s'adresse-t-on quand on laisse le temps de corriger ? Quand on parle à un petit enfant, et qu'il fait une bêtise, qu'il met son doigt dans la prise, qu'il allume une allumette, alors tout de suite on va lui crier dessus, tout de suite on va le corriger, parce qu'il n'a pas encore de compréhension du monde au-delà de ça. Il faut absolument lui dire tout de suite ce qui se passe.
Le peuple juif, quand il sort d'Égypte, c'est comme un bébé. La naissance du peuple juif, c'est la sortie d'Égypte, c'est une renaissance. Quand on sort d'Égypte, on fait beaucoup de bêtises: on a le dos tourné, on fait le veau d'or, on veut repartir en Égypte, plusieurs fois. Donc un bébé, un enfant, quand il commence à faire des bêtises, il faut tout de suite l'arrêter. On ne va pas commencer à dire: « Bon, on va le laisser faire, il va grandir. » Mais quand l'enfant grandit, on va le laisser.
On va le laisser faire son chemin, parce qu'il a déjà son propre libre arbitre. On ne va pas intervenir tout de suite; on va lui laisser du temps. C'est la raison pour laquelle, quand on avance dans le livre des Juges, puis dans le livre de Chmouel et dans le livre des Rois, on voit que de plus en plus… Dans le livre des Juges, dès que le peuple juif abandonne HaKadosh Baroukh Hou, tout de suite il est sous la domination de rois étrangers, il perd la guerre, il souffre beaucoup, et tout de suite il pleure, il prie HaKadosh Baroukh Hou, et là il est délivré, spirituellement et moralement.
On va voir que quand l'histoire avance, c'est beaucoup plus lent. C'est-à-dire qu'on va avoir des périodes assez longues, dans l'histoire du peuple juif, où le peuple descend très bas. Au niveau de l'idolâtrie, à l'époque du Premier Temple, il y a eu des centaines d'années où le peuple descendait, descendait, s'éloignait de la voie de l'Avoda Zara. De temps en temps, il y avait un roi qui essayait de corriger un peu ça. Mais en général, les rois d'Israël étaient tous à ces bas niveaux. Et les rois de la tribu de Juda étaient généralement religieux. Même là-bas, il y a eu des descentes. Tout le monde n'était pas David.
Donc HaKadosh Baroukh Hou n'a pas détruit le Temple tout de suite. Il n'a pas détruit Erets Israël tout de suite. Il a pris du temps. Pourquoi ? Parce qu'il leur a laissé le temps: le temps de corriger, le temps d'arranger. C'est ce qu'on appelle, dans les Middot HaRahamim, Erekh Apayim. HaKadosh Baroukh Hou, quand il intervient dans son monde, que ce soit dans l'homme individuel ou dans l'homme collectif, ne réagit pas tout de suite au mal qu'on fait, mais nous laisse le temps de le réparer. Sinon, on aurait été détruits tout de suite, on n'aurait pas pu le supporter.
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