Entre Pessa'h et Chavouot : de la liberté à l'âme
Pourquoi l'orge du Omer précède le blé de Chavouot, et ce que le Rav Kook enseigne sur l'émouna naturelle.
Rav Dov Bigon
Ensuite : Hanouka : pourquoi pas de massekhet pour cette fête, 22 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le Rav nous dit: on est dans la période du Omer. Cette période du Omer, c'est en fait la période qui sépare Pessa'h et Chavouot.
Il est clair que les jours qui s'écoulent entre Pessa'h et Chavouot ont un lien particulier les uns avec les autres, et cela va nous pousser vers une montée, une élévation. Mais il faut comprendre quelle est la raison de ces jours-là, pourquoi ils sont là, et quelle est leur signification.
La Torah est l'esprit de l'Empereur d'Israël. Et quel est l'exemple similaire que nous voyons ? C'est comme un enfant qui est né, et après, il s'améliore, il reçoit … il va étudier. Il découvre sa dimension spirituelle. Si, disons, à Pessa'h, nous étions allés à la liberté, c'est-à-dire au moment de notre liberté, car dans les églises, nous disons, n'oubliez pas la liberté sur les églises.
Le Rav nous dit: si on veut comprendre Pessa'h et Chavouot, on peut comparer cela à la naissance d'un enfant.
Pessa'h, c'est notre naissance. Pas la naissance d'un homme, la naissance d'une nation. On est né à Pessa'h. Mais naître à Pessa'h, à l'image de cet enfant, ne veut pas dire qu'il arrive à la liberté. Quand est-ce qu'il arrivera à la liberté ? C'est quand il recevra sa neshama, son âme, quand il pourra dévoiler sa signification morale profonde. Cela va être lorsqu'il recevra sa neshama. À Chavouot, on a reçu la neshama. L'âme d'Israël est descendue dans la nation d'Israël à Chavouot. Ce passage de la liberté physique…
C'est la naissance: on n'est plus asservi, on n'est plus dans le ventre de notre mère, on n'est plus en Égypte. C'est une liberté physique. On est libre au niveau physique, mais on n'est pas encore libre au niveau spirituel. La libération spirituelle ne se passera qu'à Chavouot. Et le Rav explique: il y a un verset, les hachamim nous enseignent qu'il ne faut pas lire Harout (gravé) mais Herout (libre). Et cela était gravé sur les Tables de la Loi. Les hachamim nous disent: il ne dit pas Harout, il ne dit pas « gravé », mais Herout, « libre ».
Lorsqu'on a reçu la Torah, lorsqu'on a reçu les Tables et toute la Torah, c'est en fait pour acquérir notre liberté. Ce sont des lois gravées qui nous permettent d'être libres. Le Rav Kook zatsal, dans son livre Orot, explique cela par la mitsva de la Sefirat HaOmer et le korban que nous apportons chaque semaine, et la différence entre eux.
Le Rav …
À partir de quel moment commence-t-on à compter le Omer ? On commence à compter le Omer à partir du lendemain de Pessa'h, où l'on fait l'offrande du Omer. Omer, c'est une mesure de volume. Un volume de quoi ? D'orge. On prend de l'orge, on le moud et on le transforme en farine. On va l'offrir au Beit Hamikdach. Pourquoi de l'orge ? L'orge, dit le Rav Kook, c'est le maachal behema, la nourriture des animaux. Pourquoi ? Parce que lorsqu'on est sortis d'Égypte, on était comme des animaux, on était nés.
Au niveau spirituel, on avait un corps comme un animal, et un corps animé d'une âme vivante. Mais c'était seulement au niveau corporel, au niveau physique, au niveau matériel. C'est pour cela que le premier korban, le premier sacrifice qu'on apporte après notre naissance, après Pessa'h, est un sacrifice au niveau animal. À la fin de ces quarante-neuf jours, le cinquantième jour, c'est le jour de Chavouot, et à chaque fête de Chavouot, on apporte un sacrifice de Chavouot. Quel est ce sacrifice ?
C'est une offrande à base de blé. On est passé de l'orge, qui est la nourriture de l'animal, au blé, qui est la nourriture de l'homme. On arrive, le jour de Chavouot, au plus haut niveau, le plus grand pour Israël.
[À l'hôpital, il y avait un visiteur, un médecin. Une femme sort de là, marocaine, âgée; son fils était là. Elle sort en disant: « Baroukh Hachem ! » — le reste du récit est incompréhensible]
Le Rav Kook dit que la nourriture de la nourriture est la nourriture naturelle, la simple nourriture de tous les Juifs, et elle est dans leur cœur. Il est né avec cette nourriture; il n'a pas besoin d'apprendre cela. La nourriture de la nourriture, c'est déjà une recherche. C'est une recherche de la religion. Ils disent que l'arbre de la connaissance, dans le jardin d'Éden, c'était de la nourriture. C'est ainsi qu'ils disent.
La connaissance, c'est de l'étude. L'étude, c'est déjà… ce n'est pas une confiance immédiate. Jusqu'au bout, vous devez poser les questions les plus difficiles pour établir la vérité. Il y a une expression comme ça: la vérité et la confiance. La confiance, c'est la confiance immédiate, c'est Sourim. La vérité, vous la voulez, vous devez l'étudier, l'apprendre. Moré Nevoukhim, Rav Saadia Gaon, le Maharal, et le Rav Kook.
Le Rav nous enseigne un enseignement du Rav Kook.
Après avoir parlé du sacrifice d'orge, qui est la nourriture animale, et du sacrifice de blé, qui est la nourriture de l'homme à Chavouot, il explique qu'on a tendance à penser que, lorsqu'on parle de l'animal, on était comme des animaux, impurs, etc. Mais le Rav Kook y voit quelque chose de bien. Il dit: on était comme des enfants qui viennent de naître, on avait une émouna temima. Émouna temima, cela veut dire une émouna parfaite.
Parfaite. À quelle image ? À l'image d'un enfant. Si tu demandes à un enfant: as-tu l'émouna de HaKadosh Baroukh Hou ? Il répond: « Je crois en HaKadosh Baroukh Hou. » J'ai l'émouna de HaKadosh Baroukh Hou. C'est une émouna naturelle, instinctive, spontanée. Et on peut retrouver cela chez des personnes très simples. Au marché, si tu demandes à un vendeur: as-tu l'émouna de HaKadosh Baroukh Hou ? Il va te dire: oui. Ou une vieille dame, une Sfara: tu lui demandes, elle va te dire: « Bien sûr, je crois en HaKadosh Baroukh Hou. » C'est une émouna toute simple.
Si tu prends cette femme, ou cette personne, ou même cet enfant, et que tu l'emmènes à l'université, qu'on lui demande après quelques mois, six mois: « As-tu l'émouna ? », elle répond: « Ça dépend. » Selon Rav Saadia Gaon, selon Maïmonide, il dit comme cela. Puis il y a quelque chose qui s'est transformé. De cette émouna spontanée, instinctive, naturelle,
on est entré dans la recherche. Et cela, comme étouffé, c'était une émouna instinctive. Maintenant, à Chavouot, quand on arrive au blé — selon l'un des avis, lorsqu'on se pose la question de savoir quel était le fruit interdit, c'était du blé. L'arbre de la connaissance du bien et du mal, c'était du blé. Pourquoi ? …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
160 cours du Rav Dov Bigon, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Histoire d'Israël, Techouva.
- 1
La Torah donnée à toute la nation d'IsraëlPourquoi Chavouot relie le don de la Torah à la royauté de David et à l'unité du peuple. - 2
Pourquoi lit-on Ruth à Chavouot ?Ruth, ancêtre de David, relie la conversion, la royauté et la venue du Machia'h. - 3
Choisir la bonne yechiva, selon Hillel et AharonLe Rav Bigon explique l'idéal d'Aharon, aimer la paix et aimer les créatures, comme fondement du choix d'une yechiva. - 4
Caïn, Hevel et la lutte entre matière et âmePourquoi Caïn tue son frère, et comment la matière peut dévoiler la présence divine. - 5
Entre Pessa'h et Chavouot : de la liberté à l'âmePourquoi l'orge du Omer précède le blé de Chavouot, et ce que le Rav Kook enseigne sur l'émouna naturelle. - 6
Hanouka : pourquoi pas de massekhet pour cette fêteLe Rav Bigon explique l'absence de traité talmudique consacré à Hanouka et le lien avec la royauté hasmonéenne. - 7
Hanouka, la diffusion du miracle et la lumière de la MénorahLe Rav Bigon explique ce qu'est un nes, pourquoi Hanouka impose de le diffuser, et le conflit entre culture grecque et Torah. - 8
Hanouka et la lutte entre la lumière et la culture grecquePourquoi la Hanouka célèbre la lumière d'Israël face à l'assimilation voulue par Antiochus. - 9
Hanouka, la lumière qui dépasse les lois de la naturePourquoi l'allumage des bougies publie le miracle, et comment Hanouka éclaire la fonction du peuple d'Israël. - 10
Ticha BeAv : les cinq deuils et leur réparationLe Rav Bigon relie les cinq causes de deuil de Ticha BeAv à la vie juive d'aujourd'hui et à la montée en Erets Israël.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav