Shoah et Gueoula : de l'anéantissement au dévoilement
Rony Akrich compare la sortie d'Égypte, la Shoah et la renaissance d'Israël à travers le mois d'Iyar et le Maharal.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Liberté et délivrance : Kheroud Vechofesh, la source sacrée, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Boker tov, Soraim tovim, à tous, heureux de vous retrouver. Et il est bien évident que durant ce mois de mai, qui est aujourd'hui Rosh Hodesh Iyar, c'est-à-dire le seul mois en hébreu qui n'est pas une dénomination araméenne. Tous les mois d'Israël sont des mois araméens: Tichri, Sivan, Elloul. Le seul mois qui a un nom hébreu, c'est le mois d'Iyar.
Comment s'appelle-t-il ? Il s'appelle Ziv. Ziv, c'est la lumière, c'est ce reflet lumineux. Et il y a près de 31 ans de cela, ici même, dans le quartier de Kiryat Moshe, j'étais à un Nihoum Avelim, pour présenter les condoléances. Et un vieux monsieur était là. À mes yeux, c'était un… il avait tout du sage, tel qu'on se l'imaginait.
Et il me prend comme ça le haut du bras et il me dit: « Et tu pensais que Iyar, c'était simplement le mois d'Iyar, et qu'il était simplement le seul mois qui s'appelait Ziv ? As-tu jamais pensé qu'au début du mois d'Iyar, le 5 du mois d'Iyar, c'est Yom HaAtsmaout, le jour de l'indépendance, et que Hafkhat Beyar…
Le 28 du mois d'Iyar, la fin du mois d'Iyar, c'est Yom Yerouchalayim ? » J'ai dit: oui, et alors ? Il me dit: Iyar, Roni, Alef, Youd, Youd, Resh. Le début du mois, Alef, Youd, Erets Israël. La fin du mois, Youd, Resh, Yerouchalayim. Pensiez-vous que la lumière était hasardeuse ? On va voir aujourd'hui.
Avec vous, j'ai décidé de ne pas faire la révolte du ghetto de Varsovie, parce qu'elle est déjà sur Internet et sur YouTube, et que je l'ai mise sur Facebook cette semaine pour ceux qui voudraient la voir. Mais je voudrais parler avec vous des correspondances, ou des occurrences, qui existeraient entre ces deux termes qui nous paraissent tellement antinomiques: Shoah et Gueoula. Entre l'extermination, l'annihilation de ce qui est, et la Gueoula, qui dans sa racine Guimel, Lamed, Lamed, viendrait dire non pas annihiler, mais dévoiler, découvrir, alors que le mot Gueoula veut dire rédemption. Ils sont totalement antinomiques. Alors j'ai préparé quelque chose.
Parce que je n'essaie pas seulement de choisir mes sujets. Je suis obligé par le sujet, mais parce qu'il faut que je ressente la chose. Alors je vais vous parler de ce peuple d'Israël, à propos de qui j'ai quelque chose à dire. Je vais vous parler de la terre d'Israël, vis-à-vis de laquelle j'ai quelque chose à dire. Mais dans le contexte des rapports de l'un avec l'autre, et surtout dans le rapport de l'un et de l'autre: comment se sont-ils ressentis, comment ont-ils vécu les événements d'il y a longtemps et les événements d'il y a moins longtemps ?
J'irai selon le Maharal de Prague, c'est-à-dire dans Netsah Israël, cette affirmation qui vient nous dire: si tu veux comprendre la dernière délivrance, il te faudra comprendre la première délivrance. Je dis, s'il en est ainsi, je vais donc essayer de m'inspirer de ce que nous avons fêté il n'y a pas très longtemps, à Pessa'h. Puisque Pessa'h, c'est justement cette bouche qui vient raconter. Pessa'h, c'est-à-dire ? Donc je voudrais me raconter, enfin essayer de comprendre.
Et parmi ce que j'ai compris, je vois qu'on me dit que la génération sortie d'Égypte… vous comprenez de quoi je parle. Je parle du un cinquième qui est sorti. Je ne parle pas des quatre cinquièmes qui ne sont pas sortis. La résurrection, c'est la résurrection de ceux qui ont décidé d'être, tout ou partie, eux-mêmes. Je crois que la sortie d'Égypte est une résurrection, d'accord ? Puisque 210 ans d'annihilation, où les hommes ne sont plus des noms… Ah, c'est la naissance du peuple d'Israël. Mais c'est la résurrection des Bné Israël en tant que nation, en tant que peuple.
Selon la définition de la philosophie et du droit international, les peuples voulant se donner une constitution deviennent des nations. La constitution, c'est de vouloir devenir un royaume, un État, et quand le peuple possède un État, il devient l'État-nation. Je vous renvoie à Fichte, à l'Anglais concernant… c'est Rousseau, et Ernest Renan, etc., etc. Mais ce n'est pas notre sujet. Je dis que la génération qui est sortie s'appelle Dor Dea. Selon ce que nous comprenons de Dor Dea, c'est-à-dire de la génération d'une certaine connaissance…
Moi, je ne dirais pas génération de la connaissance, mais génération de la reconnaissance. Car envers et contre tout ce qui nous est dit pendant cette Égypte, il y avait une transmission d'une tradition particulière, à savoir qu'elle était telle: Pakod Yifkod Elohim Etkhem. Le message laissé par Yossef à ses frères et transmis à l'ensemble de cette population, qui, oui ou non, je vous l'accorde, acceptera de faire partie de l'histoire en devenir. Mais ceux qui ont disparu dans ce refus de la renaissance — je dis renaissance parce qu'il y a naissance de la nation, mais renaissance de ces hommes et de ces femmes — pourquoi je dis le mot renaissance ? Parce que ces hommes et ces femmes étaient considérés comme des chiffres, c'est-à-dire comme une quantité négligeable.
Alors qu'en sortant d'Égypte, on retrouve El Eshmot B'nei Israël, Lo ba'im Mitsraïm, ella yotsi'im Mitsraïm: pas venant en Égypte, mais sortant d'Égypte. Lorsque l'homme, qui n'était que le chiffre de la quantité négligeable, retrouve son nom, c'est-à-dire la qualité non négligeable, c'est une renaissance. Tous ceux sortis des camps de Mauthausen, de Bergen-Belsen ou de Birkenau, ce sont ces hommes, ces femmes et ces enfants échappés, capables de devenir ces hommes de la renaissance. Et on les appelle ochlé Aman, c'est-à-dire la génération de la connaissance, mais surtout de la reconnaissance.
Essayez d'être concentrés. Vous avez peut-être oublié comment ça se passait chez moi, mais il est absolument interdit d'avoir la tête en l'air, sous peine de réception de Ritaline. Le Midrash dans la Mekhilta nous dit: Lo nitna Torah ela le-ochlé Aman, c'est-à-dire: à ces gens ayant accepté en leur âme et conscience le projet de l'Éternel, c'est-à-dire la possibilité, non pas d'un nouvel avenir, comme le penseront les quatre cinquièmes, qui diront: Hafti et Tadoni, « j'aime mon maître et je reste en Égypte ». D'où l'oreille poinçonnée, qui sera la loi d'Israël.
Et qui, au XXe ou XXIe siècle, laissera de grands relents dans les ruelles de l'Occident. Mais en tout état de cause, les ochléamans seront ceux qui auront accepté, dans cette nuit du 10 Nisan, de prendre l'agneau. Et lorsqu'ils ne savaient pas quel agneau choisir, on leur donna le nom de l'agneau: il s'appelait Pessa'h. Et ils allèrent le choisir parmi les Égyptiens et le gardèrent pendant quatre jours, bêlant aux yeux et à la face de l'Égypte assassine.
Et le 14, dans la nuit, au moment de la sortie d'Égypte, Dieu leur demande de faire un barbecue. Bon, va voir dehors si j'y suis. Le 14 au soir, il y a un tsli esh, c'est-à-dire… Et là, je vais vous donner quelque chose, qui est très bon, d'ailleurs. Que vous soyez assis avant de tomber: dans tous les guides bleus et touristiques, depuis la naissance d'Israël, on se demande comment il …
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