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Le chant, la shira, et la sublimation du verbe

Le Rav Kook explique pourquoi le chant exprime ce que la parole ne peut dire, à propos de la shira de Yehoshoua.

1 h 04

Rav Rony Akrich

Ensuite : Yoshua face à l'alliance avec les Givonim, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes donc concernés, sur ce poli-là, par un sujet que nous avons traité en partie la semaine dernière, à savoir la collaboration parfaite, c'est-à-dire pleine et entière, entre ce que l'on appelle la nature et le miracle. Nous avions commencé à voir ensemble, à travers l'explication de nos sages, ce que j'ai appelé

Que la demande de Yoshua vis-à-vis du soleil et de la lune, en fin de compte, que la terre arrête de tourner, c'est-à-dire que le temps se fige, est à entendre, comme disent nos sages, non pas simplement comme une demande ou une requête, que nous avons analysée la semaine dernière, de Yoshua, mais véritablement comme un cantique. J'ai dit un cantique, parce qu'il est question d'une incantation à l'Éternel, mais nous avons appelé cela shira, c'est-à-dire le chant. Nous avons commencé à expliquer de quoi il était véritablement question

dans ce passage, que le Rav Kook explique par rapport à la shira, où il dit « Kola emet chenay hola li batteh b'shum fraziyout », c'est-à-dire lorsque la vérité trouve une incapacité foncière, fondamentale, à pouvoir s'exprimer à travers la phrase, c'est-à-dire le parler. Mitbatet ibechira. Alors quelquefois, pour exprimer plus foncièrement, plus fondamentalement, ce qui est notre propos, ce propos-là dans le sens du ressenti intérieur, profond, eh bien, il n'y aura pas mieux que le chant pour exprimer ce que le verbe voudrait dire.

C'est donc qu'il existe dans le mot. Je vous avais dit une fois que le texte anarchique: les lettres sont des notes, les mots sont des temps, les phrases des mesures. Alors là, vous prenez la mesure véritable de ce que je suis en train de dire, à savoir que dans le mot, il n'y a pas simplement l'énoncé. Il y a aussi, lorsque la note rejoint le mot, parce que le mot est composé de plusieurs lettres, que le mot, grâce à la note, est capable de dire bien plus que ce qu'il exprime dans la littéralité du terme lui-même. Et lorsque le verbe aimer est dit, lorsque le verbe aimer est chanté, je pense que, lorsqu'il est chanté, il exprime quelque chose de beaucoup plus sublime que lorsqu'il est simplement dit, parce que dans le chant, la note accompagne le terme et qu'elle le sublime ainsi.

Oui, on ne traite que de ça pendant ces semaines-là, parce qu'en dehors du fait que la bataille contre les Givonim est une victoire totale, mais nous avons expliqué que l'Éternel est intervenu, et nous en avions déjà parlé, de comment, en fin de compte, l'intervention de l'Éternel se produit lorsqu'il fait pleuvoir les grêlons.

Vous avez tous sur Internet, tous les cours sont enregistrés. Il n'est pas difficile de les revoir si la chose vous intéresse, bien entendu. N'allez jamais faire ce qui ne vous intéresse pas, car tout ce que vous ferez restera d'une stérilité probante. Donc, en général, ce n'est que dans la rencontre avec l'autre chose, ou l'autre, d'un plein amour, qu'il est possible d'entrevoir un fruit, quel qu'il soit. Alors, quand vous n'obtenez pas les fruits de ce à quoi vous aspirez, sachez que votre rencontre était apparemment, quelque part, caduque dans cette relation. C'est-à-dire que c'était une parenthèse, pour vous donner une idée des choses.

Tu voulais poser une question.

La shira, c'est véritablement entonner un chant.

Mais où ce chant exprime un verbe plus que dans le parler, dans ce chanter-là. Et regardez combien c'est quelque chose qui traverse le temps de l'homme: depuis la nuit des temps, les hommes ont pensé et ressenti ce besoin non pas simplement de parler, mais aussi de chanter. Qu'est-ce qu'il y avait dans le chant qui soit si sublimant par rapport au parler ? Pourquoi ne pas parler ? On inventera même l'opérette. Quand je pense à L'Auberge du Cheval Blanc, où, en fin de compte, c'est de la

déclamation littéraire, mais dans cette déclamation littéraire il y a tout un symphonique qui l'accompagne: en quoi l'opérette devenait-elle plus importante que le fait, au théâtre, de pouvoir déclamer et dire ? C'est qu'il y avait dans le chant cet accompagnement entre le temps du verbe et le chant du verbe, et ensemble ils étaient capables, comme je vous l'ai dit il y a un instant, je me répète, de sublimer ce que l'on voulait dire. Sublimer ce que l'on voulait dire. Je ne sais pas comment vous l'imaginez, mais

j'essaye tout simplement de vous dire quelle est la différence entre vous habillés en guenilles et vous habillés avec des habits de roi et un diadème sur la tête. C'est, s'il y a une sublimation.

Alors, bien sûr, la description que je viens de donner est matérialiste au possible. Mais essayez d'entendre cela dans l'esprit des choses. Est-ce que le chant est la joie ? Le chant peut émettre les sons de la joie, les ressentis de la joie, comme il peut émettre les ressentis… On peut chanter sans être joyeux, parce que le chant, ce verbe et cette note, seront l'expression d'une tristesse profonde, d'une déception, d'un regret, d'une amertume, d'une nostalgie. C'est-à-dire que le chant, nous ne chantons pas simplement lorsque nous sommes joyeux. On se rappelle le chant que les enfants d'Israël ont pu, et on appelle ça aussi des kinot. Même le soir de Ticha BeAv, assis par terre, nous ne faisons pas que réciter: chaque edah, chaque communauté a quand même une certaine mélodie qui accompagne ces mots.

Mais là, je pense que le chant accompagne l'ensemble des phénomènes du vécu de l'homme. Je ne pense pas que le vécu de l'homme se résume simplement à la joie. On aurait voulu, on aurait aimé. Mais la réalité est qu'il y a nombre de chanteurs francophones, je n'ai pas besoin de citer, mais peut-être parce que c'est une chanson qui est devenue populaire, je vous dirai le nom de cette chanson: c'est une chanson populaire de Monsieur Serge Lama, « Je suis malade ». Dans cette chanson, il n'est

pas question de joie, il est question de son histoire à lui. Celui qui a chanté « Je voulais te dire que je t'aime », c'est après qu'elle ait eu un accident, un accident de la route, et une fois qu'elle est morte, des années, des dizaines d'années plus tard, il garde en lui le besoin de dire « Je t'aime », alors que la personne n'est plus là. Je ne crois pas que ce soit une joie, mais je crois que le chant est capable de sublimer, ici, un

sentiment qui vient des profondeurs de l'être. Non, je crois que c'est le chant. Le chant, de manière générale, ça n'a rien à voir de…

Non, au contraire: j'ai dit que si, dans la tristesse, on a besoin de mettre en musique cette tristesse, de lui mettre des mots et des notes, c'est qu'on veut la sublimer. Quand je dis la sublimer, ça veut dire lui donner son ordre de grandeur, autre que la simple tristesse. Je suis malade est devenue un hymne à la vie pour des centaines de millions de gens, puisqu'elle a été reprise dans plusieurs langues. Et pourtant, elle exprimait …

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