Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

La victoire de Yehoshoua et le moment opportun

Le cours montre que l'événement n'a de sens que vécu au bon moment et au bon lieu, et oppose l'engagement d'un homme au rassemblement du peuple.

60 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le chant, la shira, et la sublimation du verbe, 1 h 04

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous continuons sur le polycopié que je vous avais préparé concernant ce moment très particulier qu'a été la victoire de Yoshua contre les coalisés du Nord. Et nous essayons d'analyser ensemble, bien évidemment, ce que cela veut dire.

Nous allons aujourd'hui ajouter un autre pan, un autre degré à ce que nous avons déjà vu dans les deux cours précédents. Yafé méod. La feuille qui vous intéresse, c'est le verso, je pense. Shira, lorsque je parle de Shira, je parle d'un hymne à la vie.

Au terme d'une très longue et profonde synergie, entre quoi et quoi ? Entre l'acte de l'homme et la réponse de l'Éternel, c'est-à-dire entre l'engagement de l'homme et la réaction de l'Éternel. Depuis cet événement si probant qu'a été l'ouverture de la mer des Joncs, nous avions découvert que véritablement l'engagement de l'homme, voulu par l'Éternel, est à l'origine de l'intervention divine.

Donc, quand je dis ici que la Shira, l'expression chantée de la reconnaissance, de la satisfaction, du bonheur, est emplie autant par Myriam et les femmes d'Israël que par les hommes, lorsqu'ils entendront le chant Az yachir Moché ouvnei Israël... Et si juste avant, comme on l'avait expliqué, Vatikah Myriam prend le tambourin, qu'elle danse et qu'elle chante avec ses femmes, il y a bien entendu, de la part des uns et des autres, un hymne qui est chanté, qui est énoncé, comme la preuve ineffable non seulement de cette reconnaissance, mais de la reconnaissance du fait que l'événement que nous venons de vivre est un pur bonheur.

Et quand je dis un pur bonheur, cela veut dire qu'il est véritablement au moment voulu, au moment désiré, au moment aspiré. C'est de cela dont il est question. Ce n'est pas que l'événement attendu s'est déroulé à un autre moment. C'est qu'il s'est déroulé au moment tant attendu, c'est-à-dire à bon escient, au moment opportun. C'est cela qui fait que mon ressenti est un ressenti de pur bonheur. Passez à côté du moment dévolu, et vous ne ressentirez pas la même chose, parce qu'il y a un temps et il y a un espace pour chaque chose. Vous pouvez être à temps, mais pas au bon lieu. Vous pouvez être au bon endroit, mais pas au bon moment. Vous ne ressentirez pas ce que vous seriez capable de ressentir en votre âme et conscience lorsque l'événement vécu se fait en temps, en heure, en place et en lieu.

Parce que la relation du temps et de l'espace, c'est la relation de l'identité, et du lieu d'expression de cette identité. Je vous l'ai déjà dit: quand un patient arrive aux urgences, on lui demande comment il s'appelle, où il habite. Ce n'est pas parce que nous sommes curieux, c'est tout simplement parce que la réponse au nom et la réponse au lieu sont la réponse qui nous permet de savoir si, oui ou non, l'homme est capable de se resituer. Vous comprenez ce que je dis ? Essayez d'être concentrés. Si, à chaque fois que quelqu'un rentre dans la salle, vous êtes éperdus dans vos regards, je dis simplement: pour quelle raison ?

Les enfants d'Israël, au moment où la mer s'est ouverte et qu'elle leur a permis de traverser, et au moment où la victoire leur a été octroyée ici, quel besoin y avait-il... selon ce que les sages nous expliquent, que Yoshua ait demandé à la terre d'arrêter sa rotation, et donc de laisser en place la lune et le soleil là où ils étaient, afin de leur octroyer la victoire totale, définitive, sans appel ? Cette victoire-là sera exprimée par les enfants d'Israël dans un véritable hymne à la gloire de l'Éternel.

Que ceux qui n'ont pas la feuille se mettent avec quelqu'un qui a la feuille. Tu nous as manqué hier, tu n'étais pas au rendez-vous de l'histoire. Laissez-moi avancer, après on fera les questions, je vous laisse un petit moment pour les questions, notez-les. À bien d'autres occasions, je vous ai écrit sur le polycopié que des miracles ont eu lieu. Quelle est la différence avec le miracle de la victoire qui a lieu ici ?

En Erets Israël, et concernant l'événement mené par Yoshua, nombre de miracles auront lieu, non seulement dans le fait qu'ils ont eu lieu en Égypte aussi, mais je vais essayer de resserrer la question au sein d'Erets Israël. Il y a des miracles qui auront lieu et qui concernent les individus, au singulier. Ce qu'il y a ici, c'est ce que je vous ai écrit en dessous. Tout est différent. Le peuple agit.

Le peuple s'engage dans la traversée de la mer. Le peuple ne s'est pas engagé, vous le savez très bien. Un homme s'est engagé. J'ai l'habitude de dire qu'un homme a accepté de se mouiller dans l'histoire. Les autres ne se sont mouillés que dans la postériorité. Mais dans l'a priori du dilemme cornélien dans lequel étaient enserrés les enfants d'Israël, entre la peur de mourir noyés et la peur de mourir par l'épée, un homme a agi.

Il s'appelle Nahchon ben Aminadav. Et c'est parce que lui s'est mouillé que les autres ont suivi. Mais dans le cas qui nous concerne, la guerre contre la coalition du Nord, du Sud, pardon, qui a voulu faire payer aux Givonim leur alliance, pour eux fallacieuse, avec Israël. Yoshua s'engage parce qu'il est conscient de la responsabilité collective qui est la sienne. Et surtout, de sa parole. La parole qu'il a donnée aux Givonim au nom d'Israël.

Et ce qui se passe dans cette bataille, c'est ce que je vous ai écrit: le peuple agit, s'engage. Il n'est plus question d'individus, mais d'une nation en devenir. C'est la nation qui s'engage derrière Yoshua. C'est peut-être là qu'est né ce concept de « tous pour un et un pour tous ». Mais en tout état de cause, la Shira vient ici rendre un hommage extraordinaire. Elle reconnaît l'aventure éthique de ce peuple. Où est l'aventure ? La guerre. Où est l'éthique ? La parole donnée.

Est-ce qu'en 39, lorsque la Pologne est agressée, en dehors du fait qu'il y avait un traité de la France et de l'Angleterre avec la Pologne, les armées franco-anglaises, en dehors du fait que les gouvernements ont déclaré la guerre à l'Allemagne, se sont-elles rendues directement dans un combat de face à face vis-à-vis de l'armée allemande ? Il a fallu attendre que l'armée allemande s'engage dans cette belligérance pour voir les forces coalisées réagir, ou plutôt résister, c'est-à-dire survivre, alors que l'appel d'une alliance, c'est le fait que l'on est capable d'apporter la vie, pas de survivre, d'apporter la vie.

Il y a une différence essentielle selon que le monde que nous menons est le monde de la survie ou le monde de la vie. En exil, pendant 1937 ans, nous avons essayé de trouver, par les lois du permis et de l'interdit, les moyens de survivre. Mais aujourd'hui, lorsque je rentre à la maison, je n'ai pas besoin de survivre à la maison. À la maison, tout naturellement, j'ai besoin de vivre. Car le foyer, comme l'exprime le terme français, est source de lumière et de chaleur. C'est la raison même d'être du foyer.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

21 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Livre de Josué, Pensée juive, Livre de Yehoshoua, Conquête d'Erets Israël, Émouna.

  1. 10
    Moshé, Yehochoua et la passation de pouvoir
    Ce que Devarim 31 enseigne sur la transmission du pouvoir entre Moshé et Yehochoua, et sur la promesse de la terre.
    1 h 01
  2. 11
    Le roi, l'État et la conquête de la terre selon Yehoshoua
    Pourquoi Yehoshoua vieillit sans avoir achevé la conquête, et ce que cela dit de la responsabilité politique.
    55 min
  3. 12
    Les deux pierres de Josué : souvenir et autel
    Deux ordonnances de Moshé sur les pierres (Devarim 27) et ce que Yehoshoua accomplit au Guilgal.
    1 h 04
  4. 13
    Josué 7 : la faute d'Akhane et la responsabilité partagée
    Pourquoi les envoyés parlent à Josué avec assurance, et ce que signifie le « nous » fautif d'Israël face à l'anathème.
    1 h 01
  5. 14
    La victoire de Yehoshoua et le moment opportun
    Le cours montre que l'événement n'a de sens que vécu au bon moment et au bon lieu, et oppose l'engagement d'un homme au rassemblement du peuple.
    En cours de lecture
  6. 15
    Le chant, la shira, et la sublimation du verbe
    Le Rav Kook explique pourquoi le chant exprime ce que la parole ne peut dire, à propos de la shira de Yehoshoua.
    1 h 04
  7. 16
    Yoshua face à l'alliance avec les Givonim
    Pourquoi Yoshua respecte l'alliance trompeuse, et comment Givon devient un casus belli pour les cinq rois.
    58 min
  8. 17
    Josué face contre terre : détresse ou engagement
    Le verset 6 : Josué se prosterne après la défaite d'Aï et interroge l'Éternel sur le sens du revers.
    58 min
  9. 18
    Yehochoua, Moché et la supplication qui console
    Introduction au livre de Josué : Devarim 3,23, Moché écrit le Guide de la route et Hachem marche devant Yehochoua.
    58 min
  10. 19
    La prise de Jéricho, après l'engagement au projet divin
    Josué circoncit le peuple à Guilgal, puis la chute de Jéricho par le chofar et le cri, au septième tour.
    1 h 02

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav