Liberté et délivrance : Kheroud Vechofesh, la source sacrée
Pourquoi la liberté et la délivrance trouvent leur source dans le sacré, à partir de Gola et Gueoula et du livre de Chemot.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Cyrus, Moché et la Gueoula : ce que dit le Tanakh, 17 min
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Tov. Le cours dont il est question aujourd'hui, ça m'est difficile à traduire, parce que traduire, c'est trahir, bien évidemment. Mais le titre, c'est Kheroud Vechofesh Mekoram Bakodesh. Nous parlons véritablement de la délivrance, de la liberté, de la notion de liberté et de délivrance, dont la source ontologique prendrait ses racines au sein du sacré, c'est-à-dire de la sainteté. Je préfère le mot sacré et le mot sainteté. J'expliquerai tout à l'heure de quoi il est question.
Bien évidemment, on rentre demain soir dans le mois de Hadar, et cette année on en a deux, puis le mois de Nisan. Je crois qu'il n'est pas futile de s'intéresser à ces notions de liberté.
De manière générale, dans l'histoire humaine, la question de la liberté et de la délivrance est la conséquence du fait que les hommes se sont sentis, à un moment donné de leur histoire, comme n'étant que les objets de leur histoire et non pas ses sujets. Les pouvoirs dictatoriaux, qu'ils soient royaux ou impériaux, peu importe, qu'ils soient comme à l'époque du Moyen Âge, à l'époque féodale, dans les rapports des seigneurs avec la paysannerie, bien entendu. En tout état de cause, continuellement, les hommes sont à la recherche de la liberté.
Dans ma jeunesse, dans notre mouvance politique et révolutionnaire, il y avait une aspiration profonde à demander la liberté de pensée et de mouvement, liberté de mouvement et de pensée. Cela nous interpelle déjà, pour savoir, lorsque l'on prend comme exemple, mais ce n'est pas exhaustif, la révolution bolchevique ou la révolution française. Dans les deux cas, des hommes et des femmes se sentent privés du droit à la liberté. Dans leur cas précis, il est d'abord question de la liberté de mouvement, c'est-à-dire de la liberté du corps, c'est-à-dire ne plus être sous l'emprise d'un pouvoir qui m'empêche véritablement d'être et de devenir, ou en tout cas d'aspirer à un changement quel qu'il soit. Je ne suis pas maître de mon existence.
Vous comprenez bien qu'on fait une analogie directement avec ce que nous lisons dans le livre de Chemot lorsqu'il est question de l'esclavage en Égypte.
Je voudrais que vous fassiez attention: lorsque nous traitons un sujet, avec moi particulièrement, nous lui donnons, de vive voix, une parole qui peut être au niveau collectif et qui peut être au niveau individuel. À vous de jouer sur les deux tableaux, en sachant que la caméra de Rony tourne continuellement sur une double vision. C'est-à-dire une double vision, parce que ce qui est dit dans l'infiniment grand se retrouve dans l'infiniment petit. Sans oublier, bien évidemment, que ce qui se trouve dans l'infiniment petit se retrouve dans l'infiniment grand. Pour ceux que cela intéresse, je vous renvoie à l'analyse des sciences de l'ADN, de l'acide désoxyribonucléique. Il est donc clair que nous voyons dans le macrocosme ce que nous trouvons dans le microcosme, et dans le micro nous trouvons la même théorie, qui fonctionne en rapport avec la théorie des ensembles et la théorie de la particule. C'est exactement le même principe qui fonctionne.
Je dis donc que dans l'histoire humaine, il y a un certain nombre de peuples qui veulent fêter leur moment de liberté. On appelle cela, de manière générale, dans la littérature et dans la philosophie, une appellation qui, il y a un an et demi ou deux ans, est revenue à la mode, au vu et su des événements dans les pays arabes. On parlait, depuis les années d'antan, des printemps de la liberté, les printemps arabes, qui, en tout état de cause, s'avèrent être de longs hivers monotones. Mais l'idée originelle, lorsqu'on voit les prémices d'une révolution, sans être encore conscient de ce qu'elle deviendra, on parle de printemps. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans cette analogie lyrique avec la nature, il y a le bourgeonnement, la fleur, le fruit à venir, etc.
Bon, ce n'est pas toujours le cas. Prenez par exemple l'une des prophéties de Yirmiyahou, au premier chapitre: l'Éternel dit à Yirmiyahou: « Et que vois-tu ? » Et il dit: « Maqel chaqed ». Il voit un rameau d'amandier. C'est intéressant. Il faut savoir qu'il y a, véritablement, deux sortes d'amande: il y a l'amande qui, lorsqu'elle est naissante et douce, finira amère, et il y a l'amande qui est amère à son origine, dans sa petitesse, et qui deviendra douce. Le Rabbi de Loubavitch avait là-dessus un enseignement extraordinaire, ce n'est pas notre sujet. Sachez simplement que la période du printemps est essentielle pour comprendre que le printemps est à l'origine de tout ce qui va venir.
Lorsque les hommes s'engagent dans un mouvement vers la liberté, vers la délivrance, en fin de compte, dans les mots liberté et délivrance, vous devez entendre, bien entendu, que les hommes sont à la recherche d'eux-mêmes. C'est cela qui est important. Et je ne me priverai pas de vous rappeler, de manière non pas fortuite mais obligée, ce que je vous avais enseigné concernant le Lekh Lekha d'Abraham. Il faut y revenir, parce qu'il est porteur d'une leçon absolument extraordinaire.
Les leçons sont essentielles parce qu'elles évitent les pièges pour les Homo sapiens qui veulent réfléchir à eux-mêmes et au vécu qui est le leur. En général, ce sont ceux qui, par faiblesse, par tristesse, ou par je ne sais quoi d'autre, se refusent à l'approche de la connaissance et du savoir, et en fin de compte, ce sont eux qui vont sombrer dans les tourbillons de l'histoire.
Mais rappelez-vous une chose. Je cite cet exemple parmi des dizaines d'autres. Lorsque j'étais jeune, vous le savez, mon mouvement de jeunesse était la Jeunesse communiste française, la JCF, et j'étudiais à l'institut marxiste-léniniste. Là-bas, l'exemple, c'était ces garçons de 16 ans, de 17 ans, qui, face à l'ennemi nazi qui occupait Paris, allaient se révolter, allaient même combattre, allaient même y laisser la vie. Aucun garçon du boulevard des Batignolles ou du boulevard Beaumarchais, qui sentait qu'il possédait le monde entre ses mains parce que sa mère continuait d'aller chercher le poulet ou le pain, mais seulement ces garçons-là. Qui n'avaient peut-être rien d'autre, mais qui avaient une chose essentielle: ils avaient appris, ils apprenaient et ils voulaient continuer d'apprendre.
Ces enfants-là, je les appelle des enfants, ont pris les armes. Et quand, le 28 août 1944, la deuxième division blindée est entrée dans Paris, il y avait des millions de pathos en train de dire: « On a gagné. » Je suis désolé, ils n'avaient rien gagné. Tous ceux qui avaient vraiment gagné, ce sont ces enfants-là.
Si vous allez à Paris, je ne vous le souhaite pas, mais si vous y allez, passez sur les ponts de Paris et regardez les petites plaques commémoratives: 16 ans, 17 ans, 15 ans. Parce qu'ils savaient. Quant à ceux qui ne savaient pas, le 16 juillet 1942, on regardait passer les bus de la RATP avec les mains des enfants aux carreaux, quand on les emmenait à 6 h 15 du matin à Drancy, escortés par la gendarmerie française.
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