Josué 9 : les Givonim et la ruse d'une fausse alliance
Comment les Givonim se déguisent en voyageurs et pourquoi Israël aurait dû consulter l'Éternel avant de conclure.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Moshé, Yehochoua et la passation de pouvoir, 1 h 01
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov, Shalom, Boker Tov. Chapitre 9, on commence. Prenez Yoshua, je réserve pour tout à l'heure. La semaine dernière, nous avons continué le livre de Yoshua, mais nous sommes arrivés au chapitre 9 concernant la rencontre avec les Givonim, et nous essayons de comprendre et d'entendre ce qui se passe avec ces personnages.
Évidemment, dans Yoshua, nous sautons un certain nombre de chapitres jusqu'à la fin de l'année, parce qu'on ne pourra pas tout faire, mais il y a des chapitres comme celui-ci qui restent importants et que nous devons lire et relire. Je relis donc depuis le début, Aleph, chapitre 9, et ensuite nous nous arrêtons là où je dois continuer aujourd'hui.
« Va yi kishomea kol ha melachim asher be'ever ha Yarden, be'ar hu bashevela hu be'chol chof ha yam ha gadol, el moul ha Levanon, Hitti, va Emori, ha Kanani, va Perizi, va Hivi, va Yevousi. » Pasouk bet: « Va yitkavtsou Yardav li ilachem im Yoshua, im Yisrael, pe'echad. » Gimel: « Va yoshve Givon chamou et asher assou Yoshua lirichou ve'leay. » Dalet: « Va yasou gam hema be'orma. »
Va ilchou, va itztayirou. Orma, je vous rappelle, c'est la fourberie, la ruse. Va yassou gam hema be'orma, va ilchou, va itztayirou, va ikhrou sakim balim lachamorehem, ve nodot, yayin balim ou mevoukaïm ou mitzorarim, ou nealot balot ou metouloehot ve ragleihem, ouslamot balot aleihem. Vechol lehem tseidam yavesh haya nikoudim. Va yavo'u, va yelkhou el Yoshua el hamahane Gilgal, va yomrou elav, ve el ich Israël: « Mi Erets rehoka banou, ve ata karetou lanou brit. » Yafe me'od. C'est là que nous avions terminé la dernière fois, et donc je ne peux pas, bien entendu, revenir sur tout ce qui a été dit, mais en tout état de cause, nous allons parler de la suite.
La rencontre des Givonim: ils se sont présentés devant les enfants d'Israël déguisés, mais pas seulement déguisés et grimés, comme j'ai l'habitude de le dire, mais aussi, et certainement, par ce grimage. Par cette nouvelle couleur qu'ils ont prise. Et puis surtout, nous avions analysé le vêtement en hayon, la sandale usée: cela signifiait quelque chose. Vous l'avez deviné pour la plupart, à savoir que la sandale usée et le vêtement en hayon signifiaient que nous avions beaucoup marché. Et le pain rassis ou rance, comme vous voudrez, était aussi une preuve: sur les longs chemins de nos pérégrinations, nous n'avons rencontré aucune boulangerie ni pâtisserie durant ces pérégrinations-là.
Il est clair donc que la rencontre… Je vous avais parlé de la promesse faite par l'Éternel concernant le terroir d'Erets Israël. Nous en avons parlé plus d'une fois. Je rappelle que dans Chemot 23, 31, il est question de la promesse de l'Éternel: non pas simplement de nous donner la terre d'Erets Israël, mais que cette terre a des frontières sûres et reconnues, selon le langage bien-aimé de la géopolitique, et que dans ces frontières sûres et reconnues, l'Éternel est celui qui nous octroie ces frontières, sans aucun doute. Mais le texte ne se terminait pas par cela, au verset 31 de Chemot 23.
Il est dit qu'il ne fallait certainement aucune alliance possible avec ces gens-là. « Et ils ne doivent pas résider parmi toi », c'est-à-dire avec toi, « de crainte qu'ils ne t'entraînent à transgresser l'ordonnance qui est la tienne. »
Mais bien plus que transgresser l'ordonnance qui est la tienne, ce serait, de cette manière-là, me fourvoyer, c'est-à-dire me tromper dans l'alliance qui est celle que nous avons établie entre toi et moi. Imaginez que cette alliance est dans une relation masculin-féminin, de la même manière. Nous le disons chaque vendredi soir, Ledoda'i, Ledoda'i, Vérouah; Kerouah, Kerouah… « Car ki ta'avod et Elohim achérim: car tu seras entraîné. » Il ne s'agit pas simplement d'une assimilation, où l'on dit: j'ai envie de chanter comme eux, j'ai envie de manger comme eux, j'ai envie de vivre comme eux.
L'Éternel, dans sa mise en garde du Sefer Chemot, au chapitre 23, ne vient pas simplement entériner le fait que l'assimilation est dangereuse, qu'elle porte à faux l'individu. Mais surtout, et bien entendu surtout, il y aurait, par voie de conséquence, une perte d'identité totale, c'est-à-dire une perte de reconnaissance.
Ça va jusqu'ici ? Vous suivez ? Il est donc bien évident que cet avant-propos, en amont de la rencontre avec les Givonim, aurait dû être présent à la mémoire de Yoshua et des anciens d'Israël. Il est vrai, pour leur défense, que nous sommes face à des Givonim qui vont, comme nous l'avons dit, se grimer. Se colorer. Donner une image d'eux, voulant faire passer, dans cette histoire, des vessies pour des lanternes. C'est-à-dire être dans le paraître alors qu'ils ne sont pas. Le paraître, en deux mots, dans ce cas-là. Vous me suivez ? Yafe me'od.
Je reviens à Yoshua, et je vais au verset Zayin. « Vayomer ich Israël el hakhivi: oulay bekirbi ata yoshev, ve'er ekhrot lekha brit. » Question tout à fait légitime de la part des enfants d'Israël: « Peut-être, ce que je vois n'est pas ce qui est, et peut-être es-tu de ces gens qui se trouvent parmi nous, c'est-à-dire sur le territoire de Canaan. »
Et eux ne répondirent pas. Vous avez entendu le verset juste avant ? À qui parlent les Givonim ? Ich Israël, d'accord ? Ich, titre de noblesse pour dire l'homme. Quand on emploie le mot ich seul, c'est un titre de noblesse. Et dans ce cas précis, le titre de noblesse concerne Ich Israël, c'est-à-dire la personne qui a une responsabilité quelconque au sein d'Israël. La question de Ich Israël, de ces hommes qui sont responsables.
« Je vois bien que tu parais venir de loin. Tu parais avoir souffert de tes pérégrinations. Mais je ne peux m'empêcher de te poser la question: ne serais-tu pas, en vérité, quelqu'un de parmi nous, voulant… » C'est-à-dire que Ich Israël aurait, en quelque sorte, ici, au-delà du paraître, ressenti quelque chose qui n'allait pas. On dirait en français que le bas blesserait. Le bas, ce n'est pas le collant, bien entendu. Et il a interrogé cet homme d'Israël, cet homme important. Mais regardez le verset qui suit, le verset Ché: j'en suis maintenant.
« Va yomrou el Yoshua, avdeha anachnou. » Ils ne répondent pas à cet homme qui les a interpellés. Si l'on regarde le verset Zayin: « Vayomer ich Israël el hakhivi… » Le ketiv, l'écrit, dit Vayomru. Le qeri, la lecture, dit Vayomer. Ich Israël… Je vous en ai parlé la semaine dernière. Reprenez votre cours.
Dans le texte de Tanakh, il y a souvent du ketiv et du qeri: on ne lit pas ce qui est écrit, mais on lit ce qui n'est pas écrit. Excusez-moi, c'est-à-dire qu'on lit ce qui n'est pas écrit. Dans ce cas précis, le Vayomer de Ich Israël, alors qu'en vérité il est écrit Vayomru, signifie que le Ich Israël en question est le représentant de l'ensemble des Achei Israël qui auraient voulu poser cette question. Comprenez la relation qu'il y a ici entre le ketiv, l'écrit, et le qeri, …
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