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Parachat Yitro (14/01/14)

54 min

Rav Yossef David

Ensuite : Parachat Yitro (24/07/08), 57 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bahim, Bahim, Bahim, paracha d'Yitro. Donc, la paracha du don de la Torah, une paracha assez connue. On va essayer de voir ce qu'on peut retenir de cette paracha.

Première remarque, c'est le nom de la paracha. Cette paracha s'appelle Yitro. On a deux parachiot dans la Torah au nom de quelqu'un qui n'est pas juif. Quelles sont-elles ? Balak et Yitro. Alors, Balak et Yitro, welcome.

Je reviens et j'explique pourquoi. Les deux parachiot les plus centrales, celles où l'on donne la Torah, et l'autre où l'on dit Am levadad yichkon velo bagoyim yitchachav, c'est-à-dire que le peuple juif a une singularité qui ne dépend pas de ses actes, qui est quelque chose d'unique. La segoula apparaît dans la parachа Balak. Et pourquoi faut-il qu'il y ait des noms de gens qui ne sont pas juifs dans des parachiot centrales comme ça ? Est-ce que vous avez une idée avant que je vous donne la solution ?

Pourquoi ça doit être dit au nom de quelqu'un qui ne vient pas de Yerouchalayim ? Parce que ça vient de l'extérieur, c'est un peu plus crédible, on va dire.

Le Rambam, dans le Moré Névoukhim, n'amène pas une seule fois un makor de Chazal. Il n'amène pas une seule fois Rabbi Akiva. Pourtant, il connaissait Rabbi Akiva, ok ? Il ne l'amène pas, et il explique pourquoi. Il parle à des gens qui s'en vont vers la Torah. Les idées qu'il expose, on peut les trouver dans les midrachim, tout ça, mais ce sont des choses que lui a déduites de ses convictions, de ses raisonnements.

Ici, par contre, on parle d'Aristote, de Socrate, des citoyens. Quand tu veux parler à des gens qui sont dans un certain état d'esprit, tu leur parles un peu de l'extérieur, ils comprennent mieux. En général, ça marche comme ça. Si vous dites « Aristote a dit », il y en a bien qui vont écouter. Jusqu'à aujourd'hui, ça marche comme ça, sachez-le. Quand vous venez au nom d'un philosophe de il y a dix siècles, c'est quelqu'un qui parle, religieux ou pas, il va vous écouter. Si vous venez avec un Hachem qui a dix siècles et qui a influencé ce philosophe, eh bien vous direz: « Ouais, c'est des patients. » Ok, donc c'est un défaut, hein ?

Non, ce n'est pas un défaut. C'est que les gens fonctionnent comme ça. Des fois, on a besoin de leur dire que les choses de dehors aussi sont acceptables.

Quand on regarde le peuple juif, nous, de l'intérieur, on trouve plein de défauts. Quand on se regarde soi-même, on se dit: ouais, on a ça, on a ça, il faut arranger ça. On est tout le temps dans un travail perpétuel d'amélioration et de perfectionnement. Donc on pourrait avoir la fausse idée que Am Yisrael n'est pas bessadar, qu'on n'est pas bien, qu'on n'est pas un truc.

En vrai, on est super décalés par rapport à ce qu'on pense, si on se compare avec le reste de l'humanité. C'est vrai qu'on a de quoi améliorer chez nous, mais quand tu compares rien qu'avec nos voisins, et même plus loin, quand on s'éloigne... Imaginez le peuple juif il y a 2000 ans: en Europe, les gens étaient tout nus sur des arbres, en train de cueillir le gui, et le peuple juif parlait de philosophie. C'est un autre niveau complètement.

Quand vous voyez des livres écrits par les Hakhamim il y a 300 ans, il y a 500 ans, où ils disent que si tu as parlé avec quelqu'un et que tu n'as pas exactement dit ça, il faut corriger, et tout ça. Prenez des livres comme ça. Quand vous voyez qu'il y a dehors des Cosaques, des... Vous voyez où il y a l'humanité, et où il y a l'âme d'Israël. Donc parfois, il faut que de dehors on nous dise des choses, parce que dedans on a du mal à comprendre qu'elles sont aussi vraies. Vous comprenez ?

Donc ça, c'est pour le nom Yitro.

Yitro est un personnage un peu spécial. Je crois qu'il est unique dans le Tanakh. C'est un des rares personnages sur terre qui nous aime bien. En général, quand vous regardez l'humanité, il n'y a pas beaucoup de gens qui nous aiment bien. Vous avez remarqué ?

Aujourd'hui, j'ai vu un film, un ancien Premier ministre égyptien a dit: « Oui, les Juifs dominent le monde, je le sais, je l'ai lu dans les Protocoles des Sages de Sion. » Il en a la preuve. Vous imaginez le niveau de nos voisins ? Il y a là-bas, et il a la preuve. Vous vous rendez compte ?

En général, on n'est pas hyper aimés, parce qu'Am Israël représente quelque chose qui est difficile à aimer, et donc les gens sont un peu dérangés. Maintenant, il y a un personnage qui nous aime bien, c'est Yitro. Vous avez remarqué ? Yitro nous aime bien, il va se convertir, il va revenir, il va revenir avec nous.

Est-ce que vous savez quelle population dans le monde a Yitro comme prophète ? Il y a des gens qui nous aiment bien aussi, qui ne sont pas juifs, qui habitent essentiellement en Israël: ce sont les Druzes, et leur prophète, c'est Yitro.

Quand Moshe Rabbeinu va dire à Yitro de rester avec nous, il va lui dire: « Tu seras pour nous des yeux. » C'est la raison pour laquelle, savez-vous où se trouve la majorité des Druzes dans l'armée ? Dans les gardes-frontières. Donc ils réalisent la prophétie: Moshe Rabbeinu l'a dit à Yitro, « tu seras pour nous des yeux ». Quand vous voyez l'emblème, il y a comme quelqu'un qui regarde là-haut. Ils réalisent la demande de Moshe Rabbeinu. On voit que ces gens-là sont assez attachés au peuple juif, et ils travaillent plus que d'autres avec nous, pour le moment en tout cas.

Ce qui est intéressant, c'est de voir comment ces personnages, uniques dans la Torah, deviennent tout d'un coup des peuples. On l'avait déjà vu avec Ismaël, on l'a vu avec Essav, on l'a vu avec, évidemment, les Avot, et là on le voit avec Yitro. On a des personnages bibliques qui ont existé, des milliers d'années plus tard, alors qu'on n'a aucune chance de les retrouver. Et tout d'un coup, on trouve un peuple qui dit: oui, notre prophète, c'est Yitro. Et ils sont en Israël, et justement ils veulent garder les frontières.

Vous voyez comment la Torah se réalise: dans l'actualité, dans le géopolitique, toujours à travers des peuples qui étaient à l'époque des livres de Béréchit et de Chemot, des personnages. Le personnage d'Amalek aussi, ce sera pour une autre fois.

Donc, première partie: Yitro rencontre Moshe Rabbeinu. Il y a toute une cérémonie, tout le peuple vient, c'est un grand kavod pour Yitro, puisque Yitro est quand même le beau-père de Moshe Rabbeinu. Yitro commence à donner des conseils à Moshe Rabbeinu: « Fais ceci, fais cela... » Pendant la période où Moshe a vécu chez Yitro, c'était Yitro qui …

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