La volonté, siège de la responsabilité morale selon le Rambam
Où se situe la volonté dans l'âme, et pourquoi seule la liberté rend l'homme responsable de ses actes.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Maïmonide : l'âme humaine et la liberté morale, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Nous continuons notre étude des Chmona Pérakim. Je crois que nous avons fini le premier chapitre, n'est-ce pas, Daniel ? Oui, c'est ça. Nous allons donc commencer le deuxième. Il y a une certaine logique, puisque le deuxième a été écrit après le premier.
Comme vous vous en souvenez, dans le premier chapitre nous avons étudié certaines données. Le Nefesh, l'âme humaine, a cinq fonctions différentes, que l'on appelle cinq parties, par analogie. Quelles sont ces cinq parties ? Zan, Medamé, Margish, Mit'horer, Sekhel. C'est-à-dire la partie physiologique, les sens, l'imagination, les sentiments et l'intelligence. C'est bien ça ?
Il y a une partie qui semble absente, et cela va nous préoccuper un peu dans ce chapitre. C'est ce qu'on appelle la volonté. Où se trouve la volonté de l'homme ? C'est quand même important de savoir où est la volonté. Or la volonté n'est ni dans le physique, ni dans les sens, ni dans les émotions, ni dans l'imagination, ni dans l'intelligence. Alors, où est-elle, la volonté ? La question est bonne ? Vous allez voir que cela a une importance cardinale: savoir où est la volonté.
Et c'est très important, puisque ce livre est un livre de morale. Les Chmona Pérakim est un livre qui traite de morale. Quelle est la partie de moi-même qui est concernée par la morale ? C'est important, cela. Par exemple, je dors, et en dormant je me retourne et je donne une baffe à mon prochain. Suis-je responsable ou pas responsable ? Est-ce qu'il y a le subconscient ? Le subconscient est une notion moderne.
Le Rambam ne connaissait pas cette notion. Des choses qui nous semblent tout à fait évidentes, l'inconscient, le subconscient, le transconscient, tous ces machins-là, eh bien, il faut savoir que chez les anciens on ne connaissait pas cette idée. Il y a dans la Guemara un petit passage qui dit: Liba lefouma lagalia. Le cœur ne se révèle pas à la bouche. Il y aurait donc quelque chose qui n'est pas vraiment conscient, et le cœur correspondrait à l'idée moderne d'inconscient.
En tout cas, suis-je responsable de la baffe que j'ai donnée à mon prochain ? Surtout, par exemple, si c'est un crapaud qui essaie de donner des baffes, mais qui a les bras trop courts, et donc la baffe du crapaud n'atteint pas. Le problème est de savoir si je… Par exemple, au niveau de la halakha.
Imaginez que j'ai mangé un morceau de lapin. C'est interdit, n'est-ce pas, de manger du lapin ? C'est très grave. Maintenant, imaginez que j'ai mangé le morceau de lapin, et qu'il est déjà là, en train de descendre dans mon tube digestif, et je fais techouva. Ai-je le devoir d'évacuer ce morceau de lapin, ou pas ? Je ne suis pas responsable du fonctionnement de certains de mes organes. Par contre, il y a des organes dont je suis responsable. Ma main, par exemple: je peux appuyer sur la gâchette ou pas. Là, c'est responsable. Là, ce n'est pas responsable.
Il faut donc savoir où se trouve la responsabilité morale. Si l'on parle de morale, c'est-à-dire de la science du bien et du mal, il faut définir et déterminer quelle est la partie du Nefesh, la partie de l'homme, de l'âme (l'âme, c'est pour les séfarades; l'homme, pour les ashkénazes), qui va être concernée par la morale. La question est bien claire ?
Si je suis responsable, c'est que c'est là qu'est engagée ma volonté. Nous allons donc apprendre maintenant où se trouve la volonté de l'homme.
Qu'est-ce que vous faites sur ce trône, demande le petit prince ? Je règne, dit le roi. Sur quoi ? Je règne sur tout. Sur tout cela ? Les étoiles. Ah oui ? Et alors, Sire, vous régnez aussi sur le soleil ? Mais bien sûr. Et alors vous pouvez même ordonner au soleil de se coucher ? Mais bien sûr. Si j'aime tellement les couchers de soleil, est-ce que vous ne pouvez pas demander, ordonner au soleil de se coucher ?
Alors le roi devient très sérieux, et il dit: si je demandais à un général de mon armée de voler à la manière d'un papillon, et qu'il ne le faisait pas, qui serait coupable, lui ou moi ? Le petit prince, très sérieux, dit: c'est vous qui seriez coupable. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas ordonner quelque chose que le sujet ne peut pas réaliser. Et comme tu as demandé que le soleil se couche, le roi sort un almanach et dit: tiens, tiens, ça vient donc à 19 h 30. Et tu verras comme je suis obéi.
Dans ce petit récit d'Antoine de Saint-Exupéry, il y a en fait une critique de l'idée de Dieu. On invente qu'il y a un roi qui gouverne tout, alors qu'en vérité c'est la nature qui se cache derrière. Cette histoire est donc un peu mécréante. Mais ce que nous allons essayer de conclure, c'est qu'on ne peut pas donner un ordre à celui qui n'a pas de volonté. Si je reçois une mitsva, par exemple, c'est parce que je suis susceptible de commettre une avera. Si je suis incapable de transgresser, je suis donc incapable également de recevoir le commandement. Vous avez compris ? Il est donc très important de savoir quelle est la partie de moi-même qui est libre, pour savoir quelle est la partie de moi-même qui est concernée par les mitsvot.
Par exemple, ai-je une mitsva de digérer ? Ma réponse est non. Par contre, j'ai une mitsva concernant ce que je peux voir, écouter, respirer, goûter, toucher, entendre, n'est-ce pas ?
Nous allons voir un peu de quoi il s'agit. Le chapitre 2 a pour titre « Chapitre 2 », Péréchéné, mais il a aussi un sous-titre. Le sous-titre est le suivant: « De ce qui concerne les forces de l'âme, Ouvidiaa Tachélek, et la connaissance de la partie, Hacherbo Yimatzéou Amidot Atovot Varaot, dans laquelle se trouvent les qualités et les défauts moraux. »
Nous allons maintenant lire le texte. Il est évident qu'un cours sur texte est beaucoup mieux compris lorsqu'on a le texte devant les yeux que lorsqu'on ne l'a pas. C'est très important d'avoir un texte devant soi, cela permet de mieux comprendre le cours. J'ai ouï dire qu'en début d'année on avait photocopié les textes. En tout cas, cette méthode s'est révélée être un échec total, ou presque, partiel. Il serait donc utile que vous acquériez ce livre. C'est un tout petit fascicule, qui coûte quelque chose comme douze shekels à tout casser, peut-être même dix. Si l'on fait un achat de groupe, on pourra peut-être vous trouver le fascicule pour neuf shekels. Il serait donc bien que vous ayez le livre.
« Chapitre 2. Dé Sach. Chehaverot ve'a mitzvot atoriot: que les transgressions et les commandements de la Torah, omnam yimatzéou, en vérité, se trouvent bishné helakim mihalké hanefesh, dans deux parties de l'âme. Vehem, qui sont ? Achelek hamargish, les sens, et achelek hamit'horer, les sentiments, les émotions. »
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