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Apprendre pour enseigner : la Michna des Pirkei Avot

Pourquoi étudier pour transmettre élargit nos kelim, et ce qui sépare l'étude de la pratique.

1 h 04

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Pirké Avot : l'œil mauvais et le piège de l'argent, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on essaye. Hé, ça va ? Rabbi Ishmaël, ça va ? On le refait, on le refait, parce qu'il y a longtemps qu'on n'a pas étudié ensemble. Adiel, tu lèves la voix, haut, très fort, beaucoup plus fort que tu ne veux. Yallah, vraiment. C'est où ? Allez, on s'arrête là-dessus. Premièrement, le pchat, d'abord. Le pourquoi, il faut qu'on réfléchisse ensemble: pourquoi ce qui est dit ici ?

Il se peut que ce soit une réflexion qui va loin. Mais Rabbi Ishmaël dit: celui qui étudie, en principe, étudie pour apprendre. Mais ici, il donne aussi autre chose: il étudie aussi pour enseigner. Al ome'd, al menat, lilmod. C'est un peu dans le sens de « amekabel », al menat, la tête, de façon très générale, tu vois. C'est-à-dire que la Kabbale, dans la mesure où elle est orientée vers quelque chose qui est une nétina, se permet, se passe d'une façon beaucoup plus mévoroch quand ça se passe comme ça, quand tu es en fait un tsinor qui transmet. Alors: al ome'd, al menat, lelamed... Le pchat, je pense que c'est clair. Mas'pikim beyado: on lui donne entre les mains la possibilité d'apprendre.

Et alo mé d'al menat lilmod, je vous pose la question: est-ce que s'il n'a pas orienté son idée dans l'intention de pouvoir donner à quelqu'un d'autre, et qu'il apprend simplement, ça arrive à une certaine époque ? La plupart des gens sont encore au niveau où ils apprennent pour apprendre. Peut-être qu'on avait parlé un tout petit peu aujourd'hui de ça: du fait que quelqu'un, dans sa vision lointaine, même s'il est encore au niveau de celui qui apprend pour le moment, se dit déjà: « Je sais que j'apprends, mais Bezrat Hachem, j'ai l'intention de... » Et d'ailleurs, l'orientation de la façon dont il va apprendre va être différente, parce qu'il va se préparer à un niveau beaucoup plus grand, beaucoup plus exigeant, que celui qui apprend simplement pour savoir.

Parce que celui qui apprend pour enseigner est en train, quelque part, de préparer déjà, d'amplifier ses kélim dans la mesure où il veut s'adapter à une dimension beaucoup plus grande que sa propre dimension. Cette intention, finalement, d'ouvrir d'autres kélim pour les autres, elle aide aussi soi-même.

Ça, c'est un message qu'on pourrait étendre à beaucoup de choses dans la vie. Dès qu'il y a une dimension de générosité qui entre en jeu, il y a une vitalité d'un autre ordre qui entre en jeu aussi. Ça, c'est important comme tout, comme message. Pour le moment, on ne fait que du pchat. On va entrer dans Rachi bientôt, et on va voir.

Ensuite, al ome'd, c'est le même al ome'd. Apparemment, le contexte dans lequel il est en train d'étudier est, apparemment, identique au premier contexte: il y a un maître qui enseigne, il y a un monsieur qui écoute. Mais il y a al ome'd, al menat lélamed, et il y a al ome'd, al menat la'assot. Maintenant, psychologiquement, au point de vue de la construction de l'état d'esprit de celui qui entend, c'est sûr qu'étudier dans l'intention de faire demande apparemment beaucoup plus de sérieux, d'analyse, et d'intention de retenir

en soi-même toute une série d'attitudes, que celui qui apprend simplement pour savoir. Parce que quand on fait, il y a énormément de complications qui entrent en jeu. Nous savons tous que le jour où on a commencé à vouloir passer de la simple étude théorique au fait de faire, il y a énormément d'exigences qui entrent en jeu. On se rend compte, et pourtant... Il y a beaucoup de détails qui apparaissent, qui se réveillent quand on est en train de vouloir faire.

De la même façon, quand je veux enseigner, je dois m'adapter à des mentalités qui ne sont pas forcément les mêmes. Donc je suis obligé d'amplifier mes kélim de réception pour pouvoir donner, et pour pouvoir faire encore plus. C'est-à-dire que, psychologiquement, on comprend aussi ce qui est dit. Maintenant, il y a aussi, vraisemblablement, quelque chose qui dépasse la simple psychologie humaine. Ça pourrait être dit, disons, à un niveau « gorille », pas mystique: il y a une psychologie déjà en soi-même qui n'est pas mystique. Mais il y a aussi une bra'ha, qui est le fait que tu as une intention pleine de bonnes intentions, tu as la bra'ha.

Qu'est-ce que c'est que la bra'ha ? La bra'ha, c'est... Avoir la bra'ha, c'est quelquefois des choses qui sont liées logiquement à ce qui se passe. Il y a aussi des choses qui n'ont rien à voir avec le côté logique: c'est quelque chose qui vient de l'extérieur, parce que c'est Papa en haut qui range vraiment les choses, parce que tu fais une mitsva. Et du fait que tu fais une mitsva, tu as la bra'ha. Alors tout à coup, il y a des choses qui apparaissent. Et de

façon générale, ça a un sens d'essayer de nous habituer à entrer dans des contextes dans lesquels il y a la bra'ha, c'est-à-dire que ce que tu fais est quelque chose qui coïncide avec la volonté divine. Et dans la mesure où ça coïncide avec la volonté divine, il y a ce qu'on appelle la bra'ha, avec tout ce que ça veut dire. On ne sait pas trop comment ça va venir, quelquefois. On rentre déjà dans un champ mystique: on ne sait pas ce qui va se passer, mais

ça marche.

Donc, ce qui est dit ici est double. Ça peut être compris psychologiquement par un psychologue athée, et ça peut être compris aussi par un bon juif croyant. Il y a deux messages qui passent en même temps: le message mystique, qui passe par le juif croyant, et le message psychologique. On comprend finalement que, du moment que je dois en arriver à faire, ça me demande beaucoup plus d'exigence de mise au point des choses. Et les choses ne se contredisent pas, elles se complètent l'une l'autre.

Tov. Zé ha-mar mékhchav anachnou nikra... Ksat masha ékhoutv... On a deux pérouchim. On a Rachi, on en a trois en fait devant nous, il y en a même plus que ça. À la fin du livre, il y a encore le pérouch de Bartenoura, qui n'est pas incorporé ici, mais qui existe dans cette édition, et qui réapparaît à nouveau à la fin de ce livre. Je ne sais pas si vous le savez, mais la première partie est finie, et commence la seconde avec le pérouch de Bartenoura, lequel Bartenoura est considéré comme un des meilleurs pérouchim de la Michna. Eh bien, vous voyez, Bartenoura, c'est un grand mefareche de la Michna. Tov.

Rachid, hé, tu te sens capable de lire, à rire, ou tu ne veux pas ? Tu te sens capable ? C'est seulement aux mêmes conditions qu'Adiel: il faut que tu lèves la voix beaucoup plus que tu ne le veux. Viens là, on va voir. Alors on lit. Al ome'd, al menat, lelamed... Mas'pikim beyado... Le mot de l'ome'd. Je ne sais pas …

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