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Yehochoua, Moché et la supplication qui console

Introduction au livre de Josué : Devarim 3,23, Moché écrit le Guide de la route et Hachem marche devant Yehochoua.

58 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : La prise de Jéricho, après l'engagement au projet divin, 1 h 02

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Vous ouvrez le Tanakh à Devarim, chapitre 3, verset 23. C'est l'introduction au livre de Yehoshoua que nous faisons maintenant. Devarim, chapitre 3, verset 23: Va'et'hanan el Adonai be'et hahi. C'est la paracha de Va'et'hanan, pour ceux qui ont compris. Chapitre 3, verset 23, paracha de Va'et'hanan, Sefer Devarim.

Habituez vos doigts à travailler sur les feuilles du Tanakh, parce que c'est ainsi que nous allons travailler toute l'année. Oui, c'est la paracha de Va'et'hanan. C'est-à-dire qu'avant de commencer, tout le monde a trouvé Devarim, chapitre 3, verset 23, qui commence par Va'et'hanan, le début de la paracha. Vous l'avez ? Allez.

N'oubliez pas, ceux qui étaient là au mois d'Eloul, je vous ai dit que vous étiez des princes, parce que vous êtes enfants de roi, ainsi que l'exprime Rabbi Shimon Bar Yochaï dans le traité de Chabbat. En tant que prince, il vous faut avoir une manière d'être, c'est-à-dire de parler, de marcher, de s'habiller, de se comporter, étant donné qu'on ne peut pas être des manants ni des gredins. En tant que prince, il y a une manière d'apprendre cela afin de pouvoir être et devenir. C'est essentiel.

En dehors de la lettre, du mot, du terme, de la phrase et du texte, je veux vous dire que nous allons voir quelque chose que vous ne connaissez pas, mais qui va nous accompagner tout au long de cette année. Vous êtes capables de lire à l'instant où je vous parle, parce que vous remarquez la différence du noir sur le blanc, c'est-à-dire ce qui est écrit, et de le dire. Je vais vous apprendre à lire les blancs

qui sont autour, à l'intérieur et au-dessous des noirs. Ça s'appelle les non-dits. La prophétie biblique, dans toute sa texture, n'est pas seulement le dire, mais au-delà du dire, c'est le non-dit. Dans une de mes dissertations lycéennes, on nous avait fait traiter que « le silence est d'or et la parole est d'argent ». Ce qui veut dire ce qui veut dire. Lorsque j'ai rencontré ma dulcinée,

pourtant Dieu sait si je suis un bavard invétéré, je suis resté pantois, si ce n'est quoi, ne pouvant piper mot. Et pourtant, il y avait dans ce regard plus à dire que si j'avais été capable de parler. Ce qui fit que nous nous rencontrâmes et nous mariâmes, jusqu'à ce jour. Comprenez ce qu'il y a dans le non-dit, mes princes, beaucoup plus que dans le dire. Permettez-moi de vous emmener dans une épopée qui sera votre pérégrination.

Mais vous n'en ressortirez que plus grands. Vous ne serez pas seulement des princes qui rentrent, mais vous deviendrez des princes consorts. Voilà, vous avez compris qu'il faut s'habituer au langage. C'est ainsi qu'on dit « j'ai eu un prof ». Sinon, c'est un prof parmi les autres.

Le premier verset, mes princes, va nous servir d'introduction au livre de Yehoshoua, parce que vous comprenez bien que la paracha devait être dans le livre de Devarim. Qui écrit le livre de Devarim ? On le sait. Qui a écrit les autres ? Il y a fermement d'autres. Sachez-le, c'est très important: le livre de Devarim s'appelle, en vérité, non pas seulement Devarim, mais il s'appelle aussi Michné Torah.

En clair, pour vous, du point de vue mnémotechnique, sans rappeler, ça veut dire que Moshé est en train de parler aux enfants d'Israël, il écrit pour eux le guide de la Torah. Ce livre sera remis à Yehoshoua afin de permettre à Yehoshoua d'accompagner les enfants d'Israël, nous le verrons dans un instant. C'est Moshé qui écrit. Lorsqu'il est question ici de Moshé, vous entendez la supplication: va-yitra-nan.

Hanoun, en hébreu, c'est la consolation. Dans la formule grammaticale, nit'hanen, c'est « se consoler », it et non el. Il y a le verbe consoler, il y a ici le verbe se consoler. C'est-à-dire que Moshé inscrit ici, dans ce verbe de Va'et'hanan,

Va'et'hanan el Hachem, il a supplié l'Eternel. Mais pour quelle raison est-ce que j'ai tellement besoin de supplier l'Eternel, si ce n'est que je cherche, à travers la supplication, à me consoler ? Je ne supplie pas pour supplier, mais pour que cette supplication, entendue, soit capable de me consoler. El Hachem: vous avez remarqué que ce n'est pas El Elohim. Elohim, créateur des lois immuables,

c'est midat hadin, c'est-à-dire le droit, le devoir, la rigueur. Hachem, c'est le créateur de l'omniprésence du Créateur dans l'histoire de l'homme. C'est la midat harah'amim, la miséricorde. Lorsque vous bénissez, vous bénissez Yud Ké Vav Ké, Adonaï. Lorsque vous interpellez, que cela soit à volonté, vous avez une supplication. Va'et'hanan, vers l'émanation du divin

dans sa réalité omniprésente dans l'histoire de l'homme. Le Rav Kook écrivait toujours historia avec un tav et non pas avec un tête, parce qu'il était question de hester panim, de la face cachée de l'Eternel, ce que dira l'un de nos philosophes: Dieu incognito. Va'et'hanan el Adonaï be'et hahi. À quel moment ? À quel moment est-ce qu'il supplie l'Eternel ? À quel moment de l'histoire nous sommes ?

Dans la paracha de Va'et'hanan, oui, avant sa mort, mais avant de parler de sa mort, il est dans un moment critique. Non, non, vous savez, c'est fini, ça. Là, nous sommes dans l'écriture du guide. Je vais transmettre à Yehoshoua, mais à quel moment sommes-nous ? D'abord, sur quoi supplie-t-il l'Eternel ? Il supplie l'Eternel, nous allons le voir dans un instant, au verset Rav Dalet et Rav É.

Moshé supplie l'Eternel de rentrer. Qu'est-ce que vous entendez dans le fait de vouloir rentrer ? Je vais vous dire: Pasouk Rav Dalet, Adonaï Elohim, ata hehhalta, je l'ai lu celui-là. Rav É: É-avra na ve-ereh et ha-aretz ha-tova ha-zot be-ever ha-Yarden, ha-har ha-tov ha-zeh ve-ha-Levanon. Fais-moi traverser. Permets-moi de voir cette bonne terre

qui se trouve au-delà du fleuve, le Jourdain. Permets-moi de traverser et de voir. La supplication de Moshé, ici, est le fait que l'Eternel lui a dit qu'il ne pourra traverser. Étant donné que nous ne sommes que dans l'introduction, dans ce premier jour qui est le nôtre,

seriez-vous capables de répondre à l'interpellation du Maharal de Prague, Rabbi Yehouda Loew, à la fin du XVe siècle, lorsqu'il demande quelle fut la raison de la sortie d'Egypte ? Je n'aurais pas employé le mot « conquête d'Israël », j'aurais employé le terme « sortir d'Egypte ». Ce n'était que pour rentrer en Erets Israël. C'est la finalité du projet de la sortie d'Egypte. Le printemps de la liberté dont il est question ici

n'était que le moment du bourgeon d'un fruit que l'on dégusterait sur la terre ancestrale. Entre le bourgeon de la sortie et le fruit de la rentrée, il y a eu une fleur qui, je vous l'accorde, s'est souvent fanée, mais n'a jamais perdu de sa puissance intrinsèque à redevenir la fleur capable de donner au fruit toute sa prestance et toute son omniscience.

La sortie, c'est pour la rentrée. Vous ne sortirez d'ici que pour rentrer dans le couloir, et vous n'êtes sortis du couloir que pour rentrer en classe. Rappelez-vous cela, c'est très important, sous des airs de ne rien dire d'essentiel …

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