L'homme, la femme et la fraternité dans la Genèse
Le double souffle de l'homme (nefesh et neshama), puis le nom 'Ichah' et la notion de fraternité dans Bereshit 2.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Adam, Eve et la naissance de Caïn, 1 h 11
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
La semaine dernière, nous avons vu le chapitre 2, verset 7. C'est celui-là qui nous intéressait. C'est bien ? Vous n'avez pas de questions ? Prenez le verset à la suite, après le 7, prenez le 18. Verset 18. Je résume plus ou moins ce qu'on avait vu, étant donné que cela n'a pas été enregistré.
Nous étions face, dans le verset 7 du chapitre 2, à la création de l'homme. Dans cette création, nous avions remarqué dans le verset qu'il était question d'une composition double de l'humain: d'un côté la neshama, de l'autre côté le nefesh. Nous avions rappelé la dissociation énoncée chez le Tanya de Rabbi Chneour Zalman de Liadi, entre le nefesh habehémit, qui est le nefesh haya, l'âme animale, la bête comme je l'avais appelée, et le nefesh élohit, l'âme divine, dont on rappelle le terme de neshama, et que je l'avais appelée la belle. C'est donc, dès la création de l'homme, qu'il se trouve, à sa première respiration, tendu par une tension intérieure provenant de la dissociation qui existe au sein de l'être qu'il est, de la neshama et du nefesh. Les deux n'ont pas la même aspiration.
Et chacune va tendre à tirer la couverture vers elle-même. C'est ce que nous avions expliqué. La création de l'homme ici n'est pas l'homme tel que nous allons le rencontrer très, euh, ultérieurement, aujourd'hui certainement, quand je parle de Caïn et d'Abel, étant donné que le premier est une création à partir de la poussière de la terre, et donc une création non pas consécutive à une gestation fœtale, qui sera celle de Caïn, d'Abel et de tous les autres hommes qui viendront par la suite. Donc il y a une appréciation, dans ce prologue humain, d'une réalité qui nous intéresse en partie, à savoir la dualité existentielle.
Dès la création de l'homme, neshama, nefesh, la belle, la bête. Il y a aussi, dans le rapport duel ici présent, un élément tiers essentiel à la construction: la volonté de l'Éternel. Cette volonté va être nécessaire. Je vous avais dit, comme la respiration, comme les battements du cœur, la nécessité relève de ce qui est déterminé. Alors que la liberté, qui est face à la nécessité, se révélera dans le choix que l'homme aura de répondre ou non à l'appel incessant de la neshama concernant le devenir de son propre corps.
Le corps, dès l'origine, si vous voulez de manière lyrique et poétique, le corps est le brouillard de l'âme, qui n'attend que la dissipation du brouillard pour permettre au rayon du soleil de ses cieux de pouvoir éclairer. Le corps, la nefesh haya, serait un brouillard dans les cieux de l'âme. Il faudra créer, engendrer, générer, par choix, par votre propre choix, la dissipation de ce brouillard, pour que le ciel porteur de ce soleil puisse éclairer le corps dont nous sommes porteurs.
Quand je dis le soleil éclairé, je parle d'un foyer. Le foyer, ici octroyé à l'homme, est porteur de lumière et de chaleur. C'est la raison du foyer. Ne vous trompez pas, du foyer national comme du foyer familial: on rentre à son foyer parce que le foyer est porteur de chaleur et de lumière. Nul être intelligible ne voudra rentrer dans un ailleurs que le foyer, là où il ferait froid et où il ferait obscur.
La nefesh haya, ce qui donne la nefesh haya, cette âme animale, cette nefesh habehémit, cette bête, et ce que dans la création de l'être... parce qu'il a fallu, il a bien fallu. Je vous renvoie à une recherche sur les définitions de la relation entre la matière et l'esprit. C'est-à-dire ? C'est quelque chose qui sera rappelé chez des auteurs comme le Rambam, comme le Maharal de Prague, l'un au XIIᵉ siècle, l'autre au XVIᵉ, XVIIᵉ siècle, mais que vous retrouverez dans le développement de la philosophie chez Aristote. C'est-à-dire ? On sait que le Rambam était de pensée aristotélicienne.
C'est-à-dire que tout cela, ce sont des mous'agrim que vous découvrez. Vous pouvez les savoir d'avant, mais vous pouvez, en les découvrant, partir à la recherche pour mieux comprendre de quoi il est question. Vous êtes ici à ce que l'on appelle le prologue, ce que j'appelle l'ontologie de l'humanité. C'est-à-dire l'origine. Ontologie, en médecine, c'est l'origine. La Genèse, le Béréchit, de l'histoire humaine.
Vous connaissez cette phrase en français: « Qui ne connaît son passé ne peut espérer connaître son demain » ? Ça vous concerne personnellement ? Ça me concerne ? Ça nous concerne en tant qu'humains ? Si vous passez à côté de telles leçons de réflexion, d'analyse, d'introspection, vous pouvez jusqu'à demain faire semblant d'étudier. C'est comme si vous aviez un contenant fêlé, fracturé, brisé, troué, et que vous versiez continuellement à l'intérieur. Vous imaginez les conséquences: le contenant sera toujours là, mais le contenu aura trouvé d'autres lits pour poursuivre son courant. C'est-à-dire, vous suivez ou c'est compliqué ? Vous avez vu le topo déjà la semaine dernière ? On est sur la même longueur d'onde. Il en manque aujourd'hui ?
— La discrimination naturelle de la légèreté des êtres. Ok. J'entends pas, parle plus fort. Non, ce n'est pas dans le trou ou dans la fracture, c'est dans le débordement. C'est complètement différent.
Donner parce que l'on possède, c'est de cela dont il est question. On ne donne pas parce qu'il y a une fuite de l'être qui est moi. Ce n'est pas dans « je m'enfuis » qu'il est possible de donner. Mais c'est parce que je possède que je peux donner. C'est une raison essentielle que vous devez savoir. Passez dans la rue et on vous demande une pièce. Vous voulez faire la tsedaka ? Vous avez toute la liberté de faire la tsedaka. Mais si vous mettez la main à la poche et qu'il n'y a aucune pièce sonnante et trébuchante, vous pouvez rester dans le choix jusqu'à vitam aeternam. Nachon ?
Parce que vous ne pourrez rien donner, pour une seule raison: vous ne possédez pas. C'est comme lorsque vous allez faire une déclaration amoureuse, et on va l'étudier bien sûr, puisqu'on étudie l'homme. Lorsque vous avez ce besoin presque nécessaire, faites attention aux mots que j'emploie, parce que je vous apprends la définition des mots. Donc je ne dis pas « libre », mais « nécessaire ». C'est quelque chose que nous étudierons peut-être aujourd'hui: le besoin nécessaire de me relier à l'autre. Ici, quand on est masculin, de se relier au féminin, qui est le manque de ce masculin-là.
Encore une fois, votre volonté de vouloir aimer peut rester dans le côté théorique des choses, comme certains l'appliquent, mais sûrement à tort, platonique. Mais en aucun cas vous ne pouvez offrir un amour que vous ne possédez pas. C'est pourquoi l'Éternel dira: Veahavta lereakha kamokha, tu aimeras ton prochain comme toi-même. Parce qu'il ne peut y avoir de possibilité d'offrir, d'octroyer, de donner à autrui, si vous ne vous êtes rien offert à vous-même. Ça paraît tellement logique que c'est de l'arithmétique de primaire. C'est bien ?
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