La Akedat Yitzhak et la préférence entre les fils d'Abraham
Comment Abraham comprend l'ordre divin sur Yitzhak, puis la marche commune vers le mont Moriah.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Sarah, Ishmaël et le rire dans la Genèse, 54 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes au verset Beit. Vayomer, il lui dit, enfin il dit: Kah-na, prends donc Bincha, ton fils. De qui HaKadosh Baroukh Hou parle-t-il quand il dit Bincha ? De Yitzhak. Vous avez une objection à ça ? Il y a deux fils. HaKadosh Baroukh Hou ne savait-il pas qu'il y avait deux fils ? Donc, chez HaKadosh Baroukh Hou, c'est très clair: ton fils, il n'y en a qu'un seul, même s'il y en a un deuxième, même s'il y en a un autre, n'est-ce pas ?
Et donc, Abraham est supposé comprendre de qui on parle. Le midrash fait dire à Abraham une objection: « J'en ai deux. » Objection bizarre, comme si Abraham n'avait pas compris qu'en disant « ton fils », il s'agit d'un seul des deux. Alors HaKadosh Baroukh Hou lui précise: « Tu n'as pas compris », et il ajoute yehidekha, « ton unique ». Cela veut dire « le seul des deux qui est unique ». Parmi les deux, il y en a un seul qui est unique. Que répond Abraham ?
« Celui-ci est unique pour sa mère, et celui-ci est unique pour sa mère. » Il fait comme s'il n'avait pas compris, ou en tout cas il ne comprend pas ce qu'il aurait dû comprendre. Vous voyez qu'il y a ici une épreuve pour Abraham, dans la dénomination du fils. Alors il continue: « Il y en a un seul qui est unique, l'autre ne l'est pas. Il y en a d'autres comme lui. » Non, il est unique dans ce sens qu'il n'y en a pas d'autres comme lui dans le monde, c'est-à-dire qu'il a un rôle spécifique, quelque chose de particulier qui est en lui.
Non, ça, c'est faux. Les deux sont circoncis. Le porteur de l'alliance, oui, bien sûr. Alors, comme Abraham ne veut pas comprendre, une troisième précision: Asher Ahavta, celui que tu aimes. Ça, c'est un piège. À qui pense Abraham quand il entend « celui que tu aimes » ? À Ismaël, évidemment. La preuve, c'est la suite: « Et Yitzhak. » Cela veut dire qu'en fait, Abraham aimait probablement aussi Yitzhak.
Mais quand on dit Asher Ahavta, c'est-à-dire celui que tu dois aimer, celui que tu dois préférer, là, on lui met les points sur les i: « Et Yitzhak. » Autrement dit, ne serait-ce que dans cette partie de la phrase, Abraham prend un cours. Il apprend que son fils, son unique, celui qu'il aime, c'est Yitzhak. D'ailleurs, le mot Yirhi Decha peut vouloir dire aussi « celui qui te réjouit ». Par exemple, dans l'expression vayikha, dit-on, vayikha se réjouit, d'où le terme hedva en hébreu, qui veut dire réjouissance. Donc cela veut dire: celui qui te réjouit. C'est à peu près ce que ça veut dire.
Et une fois qu'il a compris tout cela, si Abraham prend au sérieux ce qu'on lui dit, il doit certainement s'identifier à Yitzhak, n'est-ce pas ? Bon. Lekh lekha, va-t'en. Eretz Moriah, dans le pays de Moriah. Veha'aleihu sham le'olah, et fais-le monter en holocauste là-bas, el ehad heharim asher omar eleykha, sur une des montagnes que je t'indiquerai.
Mettez-vous à la place d'Abraham, et vous commencez à vous poser des questions. D'une part, on me dit: celui que tu dois préférer, c'est Yitzhak. Ce qui veut donc dire que celui qui va continuer mon œuvre, c'est Yitzhak. Une fois qu'il a compris cela, deux secondes plus tard, on lui dit: il faut que tu le sacrifies. Alors qui va continuer l'œuvre d'Abraham ?
Ismaël. C'est-à-dire que l'injonction faite à Abraham est contradictoire. Elle porte une contradiction interne: d'une part, il doit préférer Yitzhak, et d'autre part, celui qui va rester pour continuer l'œuvre d'Abraham, c'est Ismaël. C'est donc Ismaël qui est préféré. Quelque chose n'est pas clair: qu'est-ce que Hachem veut ? Veut-il Yitzhak ou Ismaël ? S'il veut Yitzhak, pourquoi le sacrifier ? Si c'est Ismaël, pourquoi m'a-t-il dit d'aimer Yitzhak ?
Quelque chose n'est pas très clair. Cela peut donc être interprété par Abraham comme une décision d'HaKadosh Baroukh Hou de préférer Ismaël. Qu'est-ce qu'il faut faire, dans ce genre de cas, quand il y a un doute ? Il faut faire un comité, une commission, comme on dit. Quand il y a un problème dans un directoire, qu'est-ce qu'on fait ? On fait une commission. Et la commission va enquêter sur le problème et présenter ses conclusions. Alors qu'est-ce qu'il faut faire dans ce cas-là ? Il faut amener toutes les personnes concernées.
Vayashkem Avraham baboker, Abraham se leva le matin. Vayahavosh et hamoro, il harnacha son âne. Vayikach shnei n'aravav itto, il prit ses deux serviteurs avec lui, veet Yitzhak beno, ainsi que Yitzhak, son fils. Combien de personnes vont donc marcher vers le mont Moria ? Quatre, n'est-ce pas ? Plus un âne. Quatre hommes et un âne vont vers le mont Moria. Quel est le dénominateur commun ? D'abord, qui sont les deux accompagnateurs, là ?
D'après la tradition orale, ce sont Ismaël et Eliezer. Quel est le dénominateur commun des quatre personnes à la fois ? Abraham, Ismaël, Yitzhak et Eliezer. Qu'ont-ils en commun ? Il y a fait. Ils sont tous circoncis. C'est-à-dire que tous relèvent, d'une manière ou d'une autre, de l'alliance d'Abraham. Abraham est circoncis parce qu'il est, lui, l'auteur de l'alliance. Yitzhak est circoncis, pourquoi ? Parce qu'il est le fils. Il faut circoncire son fils. Eliezer est circoncis pourquoi ? Parce qu'il est serviteur, esclave, n'est-ce pas ? Et il faut circoncire le serviteur. Et Ismaël, pourquoi est-il circoncis ? Il est fils, et il est également fils de la servante, donc il est serviteur. Cela peut être un avantage, cela peut être un désavantage.
Donc, ce qu'on se demande, c'est: qui continue l'enseignement d'Abraham ? Le fils ? Le serviteur, c'est-à-dire l'élève ? Ou celui qui est à la fois fils et serviteur, ou moitié-moitié ? Tout le monde est concerné par la question. Abraham amène donc toutes les personnes concernées pour poser le problème une fois pour toutes.
Vayehavosh ets ha'olah, il fendit le bois de l'holocauste, vayakam vayelekh el hamakom asher amar lo Elohim, vers le lieu que lui avait dit Elohim. Bayom hashelishi, le troisième jour. Que veut dire « le troisième jour » ?
Trois jours. Dans toute la Torah, à chaque fois qu'il est question de trois jours, il s'agit de la distance qui sépare Israël des nations. C'est très simple. Quand on est circoncis, il est interdit, après la circoncision, de partir en voyage pendant trois jours, n'est-ce pas ? Oui, parce que c'est dangereux. Cela veut dire qu'il y a un handicap pour la personne circoncise. Le handicap consiste en un retard de trois jours sur l'avance du monde. Le monde marche, et comme je suis circoncis, j'ai un retard de trois jours. Il y a donc trois jours qui font la différence entre Israël et les nations.
Cela vous explique, par exemple, pourquoi, à la veille du don de la Torah au Sinaï, il a fallu trois jours de purification. Pourquoi Moshe dit-il à Pharaon: …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
281 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Béréchit, Pensée juive, Abraham, Tour de Babel, Histoire d'Israël.
- 191
Abraham effacé après la circoncision : la révélation de Béréchit 18Pourquoi le nom d'Abraham disparaît dans les premiers versets et ce que cela révèle sur la révélation. - 192
La prière, le prophète et la naissance d'IsaacPourquoi la prière suppose le prophète, et ce que la naissance d'Isaac révèle de la lignée d'Abraham. - 193
Abraham face au jugement de SodomePourquoi Abraham est associé au jugement divin, et comment il plaide pour les justes de Sodome. - 194
La circoncision, alliance du corps et de la naturePourquoi la circoncision est-elle une élévation de l'homme, et comment la particularité d'Abraham fonde son universalité. - 195
La Akedat Yitzhak et la préférence entre les fils d'AbrahamComment Abraham comprend l'ordre divin sur Yitzhak, puis la marche commune vers le mont Moriah. - 196
Sarah, Ishmaël et le rire dans la GenèseCe cours étudie le rire d'Ishmaël, le renvoi d'Agar et la prière d'Abraham au chapitre 20 de Béréchit. - 197
Abraham quitte Khévron : fuir la vallée de SodomePourquoi Abraham s'éloigne de Khévron, selon Rachi, et ce que révèle la mauvaise réputation de Lot. - 198
Abraham et Avimelech : le traité de paix et le puits voléPourquoi Avimelech demande un pacte de non-agression, et comment Abraham découvre que ses serviteurs ont été lésés. - 199
Abraham en Égypte et la beauté des matriarchesAbraham descend en Égypte, pousse Sarah à se dire sa sœur, et y cherche les étincelles de sagesse à ramener en Erets Israël. - 200
Sarah, le rire de la neshama et la craintePourquoi Sarah nie avoir ri : son âme a tressailli à l'annonce d'Yitzhak, sans qu'elle en ait conscience.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav