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Shaoul, Chmouel et la question de la responsabilité

Pourquoi reconnaître sa faute, et ce que signifie le pan du manteau déchiré de Chmouel.

59 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Israël entre la défaite et l'Arche d'Alliance, 58 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tet Vav, Chmouel, chapitre 15, verset 22. Voilà, ça, c'est pour tout à l'heure. Si je me rappelle, j'ai plein de feuilles. La vérité, j'arrive jamais à tout vous dire de tout ce que je prépare, mais bon, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. On reprend sur la dernière phrase qu'on avait vue la semaine dernière, qui était significative et conséquente de l'événement qu'on avait vu. Vous vous rappelez lequel ? À savoir que Shaoul est engagé par la voie prophétique de Shmuel à ouvrir les hostilités contre Amalek, hostilités qui doivent mettre fin à l'hégémonie des Amalécites. Mettre fin à l'hégémonie des Amalécites s'entend, dans le propos prophétique, comme étant une guerre où personne ne pourrait sortir vivant.

Au retour de cette guerre, de cette victoire, on entend au loin le bruit des sabots et le, comment dire, le beuglement de certains d'entre eux. Et puis on voit le roi d'Amalek être ramené par Shaoul lui-même comme trophée. Nous avions vu tout cela, mais ce qui nous intéressait, à nous, bien au-delà de la seule histoire, et ce pourquoi nous sommes ici chaque semaine, c'est afin de tirer les leçons de cette histoire, chose que l'on peut bien entendu revoir continuellement, les cassettes sur internet.

Il y a deux choses qu'il faut rappeler. La première, c'est qu'à la question de Shmuel, qui est de dire « Quel est ce bruit que j'entends au loin ? », nous avions expliqué qu'on ne pose pas une question en donnant la réponse dans la question, si ce n'est que nous sommes conscients de ce qui se passe réellement. Exemple: nous avions donné, Béréchit, l'Éternel à Adam Harichon, Ayeka. Lorsque l'Éternel lui demande, non pas « où es-tu ? » mais « qui es-tu ? », l'Éternel sait déjà ce qu'a fait Adam, ce qu'ont fait Adam et Ève.

On avait vu, et on a dit, qu'il ne fallait surtout pas oublier que dans l'étude de Chmouel Alef, Tet Vav, il ne fallait pas oublier le chapitre de Chmouel Bet, chapitre 12, qui fait partie, avec celui que nous étudions, des deux chapitres charnières, parce qu'ils viennent remettre en cause ici la légitimité du roi, mais surtout l'honnêteté royale face à la faute.

Et que les choses ne soient pas malentendues: non pas que la faute soit impossible, mais que la faute soit interdite. C'est un fait, c'est une donnée, c'est quelque chose qu'on ne peut pas remettre en cause. Que les hommes fautent, il s'avère que oui. Il n'y a pas de juste dans le monde qui puisse faire le bien sans même avoir fauté. Chéva yipol tsadik veyaqoum: « Sept fois le juste tombera et il se relèvera. » Donc il est très difficile de venir ici et de dire: « Non point, tu ne devais pas échouer. »

La pointe, ici, était de vouloir entendre de la bouche de Shaoul ce que, au chapitre 12 de Chmouel Bet, Nathan le prophète va entendre de David. Car lui aussi pose une question à David concernant l'affaire avec Bethsabée et la mort d'Ouri, le mari de Bethsabée. La question de Nathan n'est pas insidieuse: c'est une véritable question, comme celle que l'Éternel pose à Adam, comme celle que Shmuel pose à Shaoul. Le seul personnage à avoir répondu dans toute l'honnêteté de l'être qu'il était, malgré sa faute, c'est David,

aleihou hachalom. C'est le seul qui a entendu, dans la question, ce qui pouvait très bien paraître comme toutes les questions auxquelles nous avons l'habitude de répondre, nous, les humbles, les petites gens: « C'est pas moi, madame, c'est lui. » Ou alors, des fois, nous sommes un peu plus complexes: « Oh, bien sûr, je me suis trompé, mais enfin, regardez les avantages que nous avons pu en tirer de cette erreur. »

On essaye continuellement, vous l'avez bien compris, j'avais employé le mot la dernière fois, de se dédouaner face à nos responsabilités. Mais si nous acceptons que l'erreur est humaine, c'est déjà une hypothèse de base qui nous sert à mieux comprendre pourquoi il est nécessaire de reconnaître cette erreur qui est humaine. Car sinon, lorsque la plaie est ouverte, si on la laisse mûrir, vous n'arriverez qu'à une plaie purulente. Face à la plaie, qui est une plaie, il faut réagir, agir certainement, et essayer d'endiguer ce qui va arriver, conséquence d'un non-traitement. Vous le comprenez médicalement; alors comprenez-le moralement, psychologiquement.

Bien évidemment: mitsva goréret mitsva, avéra goréret avéra. Une mitsva entraîne une autre mitsva, c'est-à-dire que lorsque je suis dans le bien, je crée comme une dynamique qui m'amène à être dans le bien faire; et lorsque je suis dans le mal faire, je suis pareillement dans une dynamique où, comment disent nos sages ? Une fois que la faute a été faite trois fois, elle peut vous paraître comment, la faute ? Elle peut vous paraître naturelle. C'est-à-dire que de la faute, vous êtes capables de transformer le mot « faute », le mot « erreur », en un permis, une permission, et de transformer l'interdit en une permissivité conséquente de la répétition qui se fait.

— Ah non, moi toujours je bouscule quand je rentre par la porte. — Bah tu sais que c'est… — Oui, oui. — Quand je vais prendre le bus, il faut se précipiter pour monter, avoir une place. C'est l'habitude déjà. — Mais tu dis jamais Toda lorsqu'on te donne quelque chose ? — Non, je ne sais pas, enfin… — Il faut dire Toda ? — Oui, c'est bien. Vous n'avez pas l'habitude.

Et ainsi de suite, quoi, je veux dire. Et là, je vous parle d'état d'âme, d'état d'être, pardon, tout à fait basique. Donc nous étions confrontés à la reconnaissance de l'erreur. Shaoul se dédouane. Il se dédouane, vous vous rappelez, sur le peuple: c'est le peuple qui est responsable. Ce n'est pas la première fois, vous vous rappelez, à Mikhmas, qu'on avait vu cela. Il réitère la chose.

Et Shmuel est très en colère. Shmuel est très en colère parce qu'il s'attendait, de la part du roi, à une autre attitude. Vous avez, comme moi, bien entendu, conscience que lorsque nous sommes enfants, nous attendons des grandes personnes une attitude beaucoup plus noble que celle que nous avons rencontrée dans la cour de récréation. Et lorsque nous devenons adultes, nous avons un regard vis-à-vis des grands personnages qui nous accompagnent, que ce soient nos maîtres ou nos hommes d'État: nous attendons d'eux une moralité, une éthique, etc., etc. Et nous sommes en général très déçus lorsque cela n'arrive point. Il y a donc une déception.

Et puis surtout, lorsque Shaoul vient et dit: « En fin de compte, ces animaux que nous avons amenés, nous sommes venus les sacrifier à ton Dieu », vous vous rappelez ? « À ton Dieu », c'est-à-dire ? On ne va pas revenir dessus, je garde juste les principes pour résumer le tout. Et la réponse de Shmuel, avec laquelle nous avons terminé, c'est le verset: *Vayomer Shmuel: Ha'hafets LaHachem beolot ouzvakhim kich'moa bekol Hachem ? Hinei tov chema mizevah ve'hakchiv mi'chelev …

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