Yonatan, le corridor de Mihmash et l'audace de la émouna
Pourquoi Yonatan monte seul vers Mihmash, et ce que l'action décidée dit de la confiance en Hachem.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Shaoul face à la menace philistine et son impatience, 1 h 05
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chmouel Alef, chapitre 13, verset 13. Je ne reviens pas sur ce qu'on a déjà vu, en dehors du fait que le cours est disponible sur le site de Machon Meir. Donc je commence au verset 13, là où nous étions arrêtés la semaine dernière.
Pour rappel, en quelques mots: comment Shaul a réagi face au problème géopolitique du moment, c'est-à-dire la guerre qu'ils ont décidé de mener contre les Philistins, ces mêmes Philistins qui ont hégémonisé la Judée et qui posent donc un problème véritable aux enfants d'Israël. La semaine dernière, nous avons vu comment Yonatan, le fils de Shaul, avait déclenché une opération de représailles contre le gouverneur philistin, qui d'ailleurs était tombé sous les coups d'épée des Israéliens. Et ceux-ci avaient…
Et nous nous trouvons maintenant sur cette montagne où se trouvent Shaul, Yonatan, l'ensemble des hommes, sept jours avant le rendez-vous avec le prophète.
Shaul ne va pas attendre la fin du septième jour et la venue de Shmuel, parce qu'il donne des raisons que nous n'allons pas répéter ici, mais que l'on peut retrouver sur le site. À savoir qu'il a trois bonnes raisons pour lesquelles il n'a pas attendu Shmuel jusqu'à la dernière seconde, forcé par les événements à réagir. Nous nous rappelons comment Shmuel arrive et comment Shaul sort à sa rencontre. D'abord, d'un point de vue de l'hospitalité: recevoir quelqu'un.
Et aussi, bien entendu, attendre la question du prophète, du prêtre Shmuel, avant de s'expliquer lui-même. Ses explications ne prouvent rien, en tout cas pour Shmuel, quant à la juste raison de son impatience. Et ce dont nous avions parlé est terminé. Shaul se justifie, c'est clair.
Mais les justifications de Shaul ne trouvent pas raison auprès de Shmuel. Et la réponse de Shmuel, elle est là. Chapitre 13, verset 13: Vayomer Shmuel el Shaul: Niskalta, lo shamarta et mitsvat Adonai Elohecha. Niskalta, si je traduis en bon français, c'est: tu es devenu fou. Lo shamarta et mitsvat Adonai: tu n'as pas réalisé le commandement, la loi que je t'avais enseignée concernant le projet de l'Éternel.
Acher tsivah Adonai Elohékha… Parce que si tu avais entendu le commandement de l'Éternel, si tu étais conscient que ce commandement était lié à un projet, à savoir amener la délivrance d'Israël, tu aurais pris patience. Face à ton impatience, Shaul, il n'est pas certain que la délivrance aura lieu.
Regardez le verset 14: « Ton royaume ne naîtra point. » Qu'est-ce que cela veut dire, « ton royaume ne naîtra point » ? Si de toi, Shaul, devait naître une descendance à même d'établir une lignée royale pouvant régner sur Israël, tu viens de signer l'arrêt de mort de cette lignée royale. Qu'est-ce que vous entendez au-delà de cela ? Concernant la lignée royale qui devrait être la tienne, il y aura un décret divin empêchant cette lignée d'être.
Par contre, on peut entendre que la victoire sera une victoire concernant l'événement du moment, à savoir ce qui se passe ici. Mais être délivré à l'avenir, cela veut dire ne plus avoir à être inquiété par le problème philistin. Et donc la victoire qui va être donnée aux Hébreux à ce moment-là, dans ce qu'on appelle le combat de Mihmach, sera la victoire d'un instant. C'est-à-dire qu'ils vont gagner à ce moment-là, ce sera une victoire, mais ils n'auront pas gagné la guerre. C'est cela dont il est question.
Verset 14: Ichkil lo, vayetsav Adonai lo nagid al amo, ki lo shamarta asher tsiva'kha Adonai. Non seulement ta lignée à toi ne sera pas, mais l'Éternel a requis, Bikesh Adonai, il a demandé, pour lui. Pas pour lui dans le sens où il aurait besoin de ce qu'il requiert, mais face au projet qui est le projet de l'Éternel, il faut que nous soyons en situation de rencontrer les hommes capables de réaliser, de concrétiser le projet divin.
Bikesh Adonai lo ich. Il a demandé un homme. Le mot ich est déjà un titre de noblesse; c'est comme si je vous disais « l'homme avec un grand H ». Mais ce n'est pas seulement cela. Ich qu'il va vaut. Ça veut dire quoi ? L'Éternel requiert un homme avec un grand H, mais un homme tel qu'il le désire en son cœur. Qu'est-ce qu'on entend par cela ?
Un homme tel qu'il le désire en son cœur, c'est-à-dire que l'Éternel a choisi un homme qui ne sera pas comme Shaul. Pourquoi ? Parce que Shaul, en étant impatient, n'a pas montré la sensibilité nécessaire face à l'événement. Face à l'événement de l'Histoire, il ne s'agit pas seulement d'une analyse pragmatique: l'événement, pour l'aborder, nécessite une approche sensible vis-à-vis de l'événement.
Lorsqu'on essaie, et qu'on a aujourd'hui encore la responsabilité de préparer des hommes au combat ou de préparer une opération, même dans les services que l'on appelle secrets, l'adversaire, l'ennemi, n'est pas analysé seulement selon l'événement pragmatique. Les services de renseignement de l'armée ou des services secrets analysent aussi qui est cet homme: non seulement de quoi il est constitué physiquement, mais de quoi il est constitué moralement, psychologiquement.
Lorsqu'on va au combat contre un ennemi, on ne cherche pas à savoir simplement combien d'armes il a, combien d'hommes il a. Quel est l'état d'esprit et l'état d'armement qui règne à ce moment-là ? N'avons-nous pas vu, dans l'histoire des hommes, des armées bien armées, en nombre et en armes, être vaincues ? Alors, si on est nombreux, si on a beaucoup d'armes et de bonnes armes, on peut ne pas gagner ? Oui. Pourquoi ? Tout dépend de la manière dont on part à la guerre, et dans quel état d'esprit.
Vous vous rappelez quand Shaul choisit trois mille hommes ? Je vous avais demandé: quels sont ces hommes qui peuvent ne pas s'engager dans la guerre ? Et on avait dit: celui qui vient de se marier et qui est dans l'année de son mariage, celui qui a construit sa maison et qui n'en a pas encore fait l'inauguration, celui qui est agriculteur, qui a ensemencé son champ et n'a pas encore récolté. Et on avait donné un autre exemple: ve'arakh alevav, celui qui a un cœur trop tendre.
On ne peut pas l'engager. Pour quelle raison ? Parce qu'il y a aussi un esprit combattant. Et si vous insérez au sein d'une équipe qui a un esprit combattant quelqu'un qui a le cœur tendre, il est possible qu'il remette en cause la survie d'une telle équipe, parce que lui n'est pas à la hauteur sensible nécessaire pour un tel combat.
Et ce que dit ici Shmuel à Shaul: toi, ta descendance ne régnera pas. L'Éternel a requis un homme qui soit à la hauteur. Doit-il être grand, beau et tatoué ? Non. Ce qu'il demande, c'est un homme ich ki libo, selon son cœur.
C'est de l'anthropomorphisme, bien sûr. Dieu n'a pas de cœur. Enfin, je m'exprime mal: Dieu a une sensibilité. Il n'a pas un cœur de chair. C'est de cela dont il est question. Bien sûr qu'il a du cœur, mais je parle du cœur de chair. Ich ki libo …
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