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Birkat Kohanim : pourquoi la bénir dans la joie

Pourquoi la bénédiction des Kohanim se dit surtout les jours de fête, et ce qui relie cette bénédiction à Aharon et à la paix.

40 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La liberté politique dans la dixième bénédiction de la Amida, 49 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Bon Motsaé Chavouot. Nos frères de Gola, les pauvres, ne peuvent avoir secours, étant donné que pour eux c'est encore la fête. Voilà.

Je voudrais étudier avec vous quelque chose sur la tefila, sur l'ordre des prières. Je crois qu'on avait étudié déjà cette histoire d'ascension et de descente, n'est-ce pas ? On a déjà vu. Je voudrais rentrer un peu plus avec vous dans le détail des bénédictions du Chema. Le Chema, oui.

— Quoi ? On n'a pas fini la Amida ? On est à Simchalom, alors nous allons commencer la Simchalom.

Voilà. Donc nous sommes à la dernière bénédiction, qui est celle de la Birkat Kohanim, qui finit par Simchalom. C'est-à-dire qu'il y a une mitsva, un commandement, pour chaque jour de l'année: les Kohanim doivent bénir le peuple d'Israël.

L'essentiel de cette mitsva s'accomplit dans le Beit Hamikdach, ça fait partie du service du Temple, mais ça s'accomplit également dans chaque communauté, tous les jours. En Houtz La-Aretz, l'usage dans de nombreuses communautés est de ne pas réciter la Birkat Kohanim, à moins que ce ne soient les jours de Chabbat, où certains même la font, ainsi que Kayom Tov, et ça pour une raison très simple: pour faire la Birkat Kohanim, pour bénir Israël, il faut être dans la joie. Quand je bénis quelqu'un, je lui transmets mon état d'esprit. Donc si je suis dans la joie, il est bon de le bénir. Si je ne suis pas dans la joie, c'est difficile de le bénir. Or, en Houtz La-Aretz, il est difficile d'être dans la joie. C'est la même raison pour laquelle certains ont dit qu'un kohen célibataire ne peut pas faire la Birkat Kohanim, parce qu'il n'est pas dans la joie.

Malgré tout, l'opinion actuelle chez les posqim est qu'un kohen peut faire la bénédiction même s'il est célibataire. Mais en tout cas, la Birkat Kohanim en Houtz La-Aretz est rare. Il y a une halakha ramenée dans le Rama, Rabbi Moshe Isserles, le posek des Ashkenazim, qui dit qu'on fait la bénédiction des Kohanim pendant la prière de Moussaf, le jour de Yom Tov. Pourquoi Moussaf et Yom Tov ? Il dit: parce qu'à Moussaf de Yom Tov, il y a deux raisons d'être dans la joie. La première, c'est que, comme c'est Yom Tov, on est dans la joie. Mais pourquoi attendre Moussaf ? Parce qu'il y a une joie supplémentaire: c'est que la prière va bientôt finir et qu'on va bientôt manger. Il le dit en toutes lettres.

C'est-à-dire qu'on est proche du moment où on va manger. Il faut comprendre qu'il y a eu des époques où, pour les Juifs, manger n'était pas une chose évidente, et bien manger encore moins. Donc pour Yom Tov, c'est une exception: on est dans la joie, et c'est pour ça que les Kohanim peuvent faire la bénédiction en ce moment-là.

Aujourd'hui aussi, il y a beaucoup d'endroits où on ne fait pas la Birkat Kohanim, essentiellement chez les Ashkenazim, mais également chez les Sépharades, où, dans beaucoup d'endroits, la coutume était de ne pas faire la Birkat Kohanim si ce n'est les jours de Chabbat et Yom Tov. Mais pendant les jours de Hol, c'était l'exception. Ça ne se faisait pratiquement jamais. Jusqu'à ce jour, il y a des endroits en Erets Israël — vous verrez — où, même chez les Sépharades, les Kohanim ne font pas la Birkat Kohanim un jour de Hol. C'est comme ça. C'est la pure vérité, je ne mens pas, je vous assure.

C'est très bien que des enfants de moins de 13 ans fassent la Birkat Kohanim. Ça n'a pas le même effet, évidemment. C'est pour ça qu'ils le font en s'associant aux adultes. Il y a un adulte qui fait la Birkat Kohanim, alors il peut y avoir un enfant de moins de 13 ans qui le fait avec lui.

— Oui. Donc pourquoi tu es kohen ?

Donc il y a ici une bénédiction que l'on fait à ce moment-là. Pourquoi est-ce qu'on la fait à ce moment-là ? Parce que, vous vous rappelez, les trois dernières bénédictions de la Amida sont différentes des autres. Ce sont des bénédictions de remerciement. D'après les kabbalistes,

les trois dernières bénédictions correspondent à Moshé, Aaron et Yossef: Moshé correspond à la bénédiction de Retsé, Aaron à celle de Modim, et Yossef à celle de Simchalom. Et ça correspond également aux trois séphirot, Netsa'h, Hod et Yessod. Si l'avant-dernière bénédiction, Modim, est celle d'Aaron, il est normal de mettre la bénédiction des Kohanim en rapport, en tout cas en proximité, de la bénédiction d'Aaron.

— Oui ? Retsé. Ah non, il n'y a pas de bénédiction dans Retsé.

— Ça veut dire que pour toi, ce n'est pas une bénédiction ?

— Qu'est-ce que tu dis ? Ouais.

— Ah bon, c'est quand même une bénédiction. Ah, tu dis Aaron, c'est lui qui mettait la paix. C'est vrai. C'est vrai. Aaron mettait la paix.

Mais, disons, son travail essentiel, c'est son travail du Beit Hamikdach. Son labeur essentiel. Tandis que celui qui a fait la paix entre les frères, c'était Yossef.

— Oui, justement.

Il a fait d'abord la discorde pour pouvoir mieux faire la paix. La paix ne peut pas se faire si on fait abstraction des différends. Nous ne sommes pas d'accord, et pourtant nous faisons la paix.

— Oui ? Hod.

Hod. Et Vav Dalet. Ce qui veut dire le resplendissement, la splendeur. Netsa'h. Et Yossef.

Yessod. Bon, donc nous allons faire un petit survol de la Birkat Kohanim. Yévarèkhekha Hachem vé-yichmerekha. Tout ça se trouve dans la paracha que nous allons lire cette semaine, le Chabbat. Yaer Hachem panav élékha vi-khouneka. Yissa Hachem panav élékha vé-yassem lekha Chalom. C'est un texte dicté par la Torah. On ne peut pas le changer. On est obligé de bénir Israël dans ces trois phrases-là précisément, et pas d'autres.

Alors, faisons quelques remarques d'abord. Dans les trois, vous avez le Nom de Dieu: Yévarèkhekha Hachem, Yaer Hachem, Yissa Hachem. C'est-à-dire que, quel que soit le niveau de bénédiction, elle est attribuée au Créateur. Deuxièmement, dans les deux dernières, on voit le mot panav, sa face, son visage. Tandis que dans la première phrase, le mot panav n'apparaît pas. N'est-ce pas ? Eh bien, pourquoi ?

Si on traduit, nous allons comprendre. Yévarèkhekha, ça veut dire quoi ? Qu'il te bénisse, n'est-ce pas ? Que Dieu te bénisse. Vi-yichmerekha, et qu'il te garde. Qu'est-ce que c'est, qu'il te bénisse ? Rachi nous dit qu'il te donne l'abondance de bien: yarbè nekhasekha, que tu aies beaucoup d'acquis. C'est-à-dire que ton compte en banque soit épais.

— Ah bon ? Ça veut dire que le bien matériel est la toute première condition de la bénédiction ?

— Oui, c'est ce que ça veut dire. Yarbè nekhasekha, que tu aies des biens, des biens matériels, évidemment. Et donc avoir des biens matériels, c'est la toute première des bénédictions. C'est important: ça veut dire que la Torah refuse le refus des choses matérielles. Au contraire, on demande la bénédiction, et ça commence tout d'abord par l'abondance matérielle.

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