Le livre de Bamidbar : la vie en chemin
Pourquoi le livre des Nombres est celui du chemin, des crises et du recensement de chacun.
Rav Dov Bigon
Ensuite : Miriam et la parole blessante : la leçon de Béaloteha, 10 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ce week-end, nous ouvrons le Choumach dans le jardin. Le Choumach* est une partie de la Torah, et je voudrais expliquer quelque chose de général. La Torah est une seule Torah. La Torah de l'Achim est constituée de 7 Choumach. Le Choumach se divise en 5 parties, ce qui est… Tout le monde est lié à tout le monde, malgré le fait que c'est un seul sujet. Elle est divisée en cinq parties. La Chine n'a pas de midrash, c'est une des cinq parties.
La première partie, Béréchit, c'est la préhistoire de l'homme et de la communauté juive. De l'homme, on peut dire, jusqu'à Abraham, on peut dire, et de là… le peuple juif: c'est Abraham, Abinou, Abraham, Isaac et Jacob, jusqu'à la sortie d'Égypte. C'est Béréchit.
Ensuite, nous avons Chemot. Chemot, c'est la sortie d'Égypte, l'acquisition de la Torah dans le contexte arsenaï, et l'établissement du Tabernacle. C'est le livre de Chemot. Le livre de Vayikra, c'est l'établissement du Tabernacle, l'établissement des Kohanim.
Le Rav nous dit: avant de commencer le Sefer Bamidbar, il faut essayer de comprendre les cinq livres. Même s'il y a cinq livres, il n'y a qu'une seule Torah. La Torah s'est dévoilée en cinq livres, cinq niveaux. Le premier niveau, c'est Béréchit, jusqu'à la paracha de Lekh Lekha, la paracha où l'on parle d'Abraham. Cela concerne toutes les nations: la création du monde, la formation des nations, l'universel humain. Ce sont les parachiot depuis Béréchit jusqu'à Lekh Lekha. À partir de Lekh Lekha, on parle d'Abraham, on s'occupe essentiellement de la création du peuple d'Israël.
Dans le livre de Chemot, c'est la sortie d'Égypte, la création du peuple d'Israël, le don de la Torah et toutes les mitsvot qui ont été données. Vayikra se traduit par le Lévitique selon le langage des Chachamim: c'est tout ce qui a rapport avec le service du Tabernacle. Comment doit-on servir Hachem ? Comment dévoile-t-on sa sainteté dans ce monde ? Ça, c'est le livre de Vayikra*.
Et ce Chabbat, on ouvre le quatrième livre, Bamidbar. Qu'est-ce que comporte le Sefer Bamidbar, le livre des Nombres ? Le Rav va nous le dire tout de suite.
Le livre de Bamidbar — c'est ce que je voulais un peu expliquer — s'appelait, par hasard, Houmach HaPekoudim, le Livre des Recensements. Pourquoi ? Parce qu'il y avait deux recensements. L'un, au début du livre de Bamidbar, s'appelait Tegef, et l'autre, dans la paracha de Pinchas, avant l'entrée en Erets Israël. Il y a deux moments donnés où l'on va compter l'âme d'Israël: lorsqu'on construit le Tabernacle, et lorsqu'on commence le Sefer Bamidbar. Les Hachamim* nous ont donc dit: celui qui commence par le compte, va s'appeler Choumach des Pekoudim. C'est pour cela qu'en français on appelle ce livre les Nombres.
Il y a un état de chemin et un état de maison. Il y a un état de chemin et un état de passage dans le chemin. Le livre de Bamidbar s'occupe du peuple d'Israël qui est en chemin, dans le désert. Mais pas seulement dans le désert: aussi aujourd'hui. Ici aussi, aujourd'hui. Par exemple, le Rav Partouche a une maison… il y a un état de chemin et un état de passage. Où est sa maison ? Tout d'abord, il y a une maison ici, mais c'est une chambre, c'est temporaire. Mais c'est la vie. Il y a une situation de chemin, une situation de maison. Et la maison, tout est bien: c'est le chemin.
Il y a beaucoup de problèmes. C'est un livre dans le livre. Il y a beaucoup de problèmes, de péchés: avec Korah et son équipe, les révoltés, et Balak, et… *Balagan. La vie, il faut savoir la vivre aussi dans le chemin, pas seulement à la maison. Même dans le domaine privé, même dans le domaine national. C'est un livre dans le livre, pour enseigner.
Le Rav nous dit que le Rav Diouda disait que le Sefer Bamidbar est le livre du chemin. Il y a deux matsavim, deux situations chez l'homme: soit il est en chemin, soit il est à la maison. Bayit, c'est être à la maison. Lorsque tu es arrivé au but, tu es à la maison, tu es tranquille, tout est bien: le confort, la tranquillité, tu manges bien, tout est parfait.
Quand tu es Baderech, quand tu es en chemin, c'est dur, tu galères, il y a plein de problèmes, plein de dangers. C'est pour cela qu'on fait une bénédiction lorsqu'on part en voyage, pour être protégé de tout ce qui est dangereux, parce que le chemin est instable. Je ne sais pas ce qui peut se passer.
Vous, pour l'instant, vous avez une sorte de maison, la yeshiva, mais vous êtes encore Baderech, vous êtes encore en chemin. Donc vous n'aurez pas encore votre maison, votre famille, etc. En Israël, vous êtes encore en chemin. Il est sûr qu'il y a des instabilités, des préoccupations, etc. Mais vous devez construire toutes ces préoccupations pour arriver à la Baït, pour arriver à la maison. Faites votre maison, construisez votre maison ici.
Lorsque nous étions dans le désert, nous étions aussi en chemin. Et le livre de Bamidbar est le livre des catastrophes. Les autres livres parlaient de la création du monde, on a parlé des pères, etc. Mais Bamidbar, c'est le livre des catastrophes. Qu'est-ce qui va arriver ?
Les Meraglim, les explorateurs. Avant cela, il va y avoir des gens qui mitonenim, qui mitlonenim, qui vont se plaindre; ils *mitavim, ils vont désirer de la viande, et ils vont se plaindre devant Moché Rabbénou. Il y aura Korah, la révolte de Korah et de ses partisans contre Moché Rabbénou. Ce sera le livre de toutes les crises en Israël. Pourquoi ? Parce qu'on est en chemin. On n'est pas encore arrivés à notre maison, en terre d'Israël. Et dans le chemin, il y a des dangers, des forces qui se lèvent pour nous empêcher d'arriver.
Le livre commence par un recensement. Quelqu'un qui était dans l'armée, par exemple, sait ce qu'est un recensement. La première chose qu'on fait dans l'armée, c'est un comptage: se mettre en ligne, un, deux, trois. C'est vrai ? Pourquoi je dis cela ? Pourquoi fait-on un comptage dans l'armée ? L'armée veut savoir combien de soldats il y a, et avant l'action, combien de soldats il y a.
Avant d'aller à l'action, ou à l'exercice, on fait d'abord l'exercice, l'exercice et l'exercice. L'État d'Israël, en chemin, fait lui aussi l'exercice. Avant qu'ils commencent à avancer, ils recensent tout le monde. La raison, c'est d'abord de savoir combien nous sommes. Ensuite, de savoir où chacun se trouve, quel est son rôle, qui est celui-ci et qui est celui-là. Il n'est pas possible d'aller au combat sans cela.
Le Rav nous dit: lorsqu'on est à l'armée, la première chose qu'on fait avant de partir, avant une action, c'est un mifkad. Qu'est-ce qu'un mifkad ? Tous les rangs se réunissent et on compte les personnes. Un, deux, trois, quatre. Dans la Torah, faites attention: on ne compte pas simplement un, deux, trois, quatre, les personnes.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
160 cours du Rav Dov Bigon, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Histoire d'Israël, Techouva.
- 78
Yaakov face à Essav : se préparer à toutes les éventualitésRachi enseigne à Yaakov à envoyer des cadeaux, à prier et à se préparer au combat avant la rencontre avec Essav. - 79
Yosef et Yehouda, deux fonctions complémentairesPourquoi la paracha Vayigash oppose puis réunit Yosef et Yehouda, et ce que cela dit des deux Mashiachs. - 80
Balak, Bilam et la bénédiction d'IsraëlPourquoi Balak craint Israël, et comment Bilam, qui voulait maudire, ne peut que bénir le peuple. - 81
Balak et Bil'am : bénir ou maudire IsraëlPourquoi la paracha porte le nom de Balak alors que Bil'am y prononce l'essentiel, et ce que signifie vraiment maudire. - 82
Le livre de Bamidbar : la vie en cheminPourquoi le livre des Nombres est celui du chemin, des crises et du recensement de chacun. - 83
Miriam et la parole blessante : la leçon de BéalotehaPourquoi le lachon hara frappe la personne en son essence, et pourquoi le plus grand en est le plus responsable. - 84
Pourquoi D-ieu fit-il passer le peuple par le désertLa voie longue vers Erets Israël : l'effort rend les acquisitions réelles, de l'aliya à l'étude de la Torah. - 85
Beshalah : pourquoi Hachem fit passer le peuple par le désertLe détour par le désert forme la force intérieure : ce qu'on acquiert dans l'effort, on ne le perd pas. - 86
Pourquoi la voie difficile vers Erets IsraëlLe Rav Bigon explique pourquoi Hachem fit passer le peuple par le désert, et ce que nous acquérons dans l'effort. - 87
Myriam, la langue mauvaise et la lèprePourquoi la Torah punit Myriam pour des paroles vraies sur Moché, et ce que le lachon hara fait à celui qui le prononce.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav