La prière pour le retour de la Shekhina à Tsion
Le « et toi » de la bénédiction Retsé, la rigueur changée en miséricorde, et que nos yeux voient le retour à Tsion.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Mechaye HaMetim : la résurrection des morts dans la Tefila, 51 min
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Donc, nous continuons dans la bénédiction de Retzé, la dix-septième. Nous avons vu la première partie. On avait parlé du service permanent qui passe par les âmes des tsadikim, mais qu'on demande que le service revienne dans le Sanctuaire.
Ensuite, vient Véata. Il y a une petite phrase qu'on trouve dans la version séfarade et qu'on ne trouve pas dans la version ashkénaze: Véata beracha'mekha rabim tahpotz banou ve-tirtzénou. « Et toi, dans ta grande miséricorde, dans ton abondante miséricorde, désire-nous et agrée-nous. » Ici, il y a le mot Véata, « et toi ».
Une petite remarque: quand on dit ata, c'est différent de vé-ata. Ata veut dire « toi », vé-ata veut dire « et toi ». Le « et toi » désigne le tribunal céleste, c'est-à-dire que le din d'en haut s'en mêle aussi. Or, le din est fait justement pour faire la midat ha-din, la rigueur. Et on demande que le din agisse avec miséricorde. C'est une transformation de la rigueur en miséricorde qui se produit lors de la Gueoula.
C'est un événement assez particulier, parce que d'habitude on voit que la miséricorde fait de la miséricorde, et la rigueur fait de la rigueur. Mais quand c'est la rigueur qui fait de la miséricorde, c'est ce qu'on appelle l'unité des valeurs. C'est ce qui est grand dans la Gueoula. Cela ne se trouve pas dans la version ashkénaze. Ce qui s'y trouve, c'est la suite, qu'on trouve également chez les séfarades: Ve-tehezena eynenou be-chouvra le-Tsion berahamim. « Et que nos yeux voient ton retour à Sion. »
En miséricorde. Une seconde. Le Kémeaz, c'est encore autre chose. D'abord, que veut dire Ve-tehezena eynenou be-chouvra le-Tsion berahamim ? « Que nos yeux voient ton retour à Sion en miséricorde. » La phrase la plus simple serait de dire: reviens à Sion. C'est évident: quand tu reviens, on le voit. Il faut être présent. Alors, on devrait prier pour que nous vivions, pas que nous voyions. C'est comme si on supposait que
lors du retour de Dieu à Tsion, on serait aveugle. Et donc on prie pour avoir des yeux pour voir. Exactement. Cela veut dire que lors du retour de la Chekhina à Tsion, pas tout le monde le voit. C'est ce que dit le prophète Yéchayahou quand il dit: Mi ivér kmo avdi, « Qui est aveugle comme mon serviteur ? » C'est-à-dire que lors du retour à Tsion, le serviteur de Dieu, le religieux donc, risque de ne pas voir que Dieu revient. Et donc nous prions pour être de ceux qui voient. Hein ?
Tous ceux qui prient, y compris ceux qui voient, c'est bizarre. Nous, par exemple, nous voyons que Dieu revient, et pourtant nous faisons la prière. Pourquoi ? Parce que nous participons au Tlal. Ah, justement, c'est très bien. Ils ne voient pas, et donc ils prient pour voir, c'est très bien. Ils ne se rendent pas compte, d'ailleurs, de ce que cela veut dire. Cela veut dire que lorsque leur prière sera exaucée, ils vont devenir sionistes. Ils ne savent même pas que c'est pour cela qu'ils prient. Enfin, en tout cas, c'est ce que nous demandons: Ve-tehezena eynenou, que nos yeux voient que tu reviens à Tsion.
Alors, que veut dire exactement le retour à Tsion ? Quelqu'un m'a demandé une fois pourquoi il n'y a pas une seule phrase dans la prière où l'on demande le retour de la prophétie. On demande des tas de choses: la construction du Beit Hamikdach, le retour des exilés, la parnassa. La prophétie, ça ne vient pas naturellement ? Donc on peut dire que cela se fait tout seul, à moins que ce soit inclus dans le retour de la Chekhina. Quand il y a retour de la Chekhina, il y a présence de Dieu sur terre, et donc il y a des prophètes. D'accord ? C'est pour cela que… Donc cela se trouve effectivement dans cette bénédiction.
Baroukh ata Hachem, mekor ha-berakha, Ha-matsmia ye-shou'a … Baroukh ata Hachem, ha-motsi Chekhinato le-Tsion: « Béni sois-tu, Hachem, qui ramènes Sa Chekhina à Tsion. » Cette phrase est dans Retzé, elle est associée à Retzé. Elle n'est pas collée à Modim. C'est simplement qu'il y a le Yaaleh ve-yavo au milieu. Donc on est obligé de l'imprimer en deux parties, ce qui engendre une erreur.
L'erreur, c'est qu'il y a des gens qui, au moment de Ha-machazir Chekhinato le-Tsion, se prosternent comme s'ils avaient commencé Modim. C'est une erreur. Il faut d'abord dire Ha-machazir Chekhinato le-Tsion, rester droit, Amen, et alors Modim. Pourtant, beaucoup se trompent. Comment ? N'importe quand, aussi bien dans la Chakharit que dans la Amida. Même j'ai vu parfois… C'est une erreur. Cette erreur, d'ailleurs, peut être compréhensible, du fait que les gens sont empressés de se prosterner devant Dieu,
eux aussi parce qu'ils ressentent que la Chekhina est en train de revenir, alors ils sont obligés de se prosterner. Mais c'est une erreur. Il faut rester droit jusqu'au Amen de Ha-machazir Chekhinato le-Tsion, et seulement alors se courber pour Modim. Voilà. Non, non, mais je sais, il y a même des hazanim qui font cette erreur. Même quand on leur fait la remarque, ils disent: « Mais non, pas du tout, je n'ai pas du tout fait comme ça », ils ne se rendent pas compte. Donc, vous êtes là pour faire la remarque au hazan la prochaine fois. Vous lui tenez les épaules comme ça, d'accord ? Vous voyez le hazan, vous lui tenez les épaules,
et au moment de Ha-machazir, quand il voudrait se courber, vous ne le laissez pas faire. Et alors, seulement, on vous dit: n'essayez pas quand même. Après, vous allez dire que c'est moi qui l'ai dit, non, ça ne va pas. Bon. Maintenant, comment ? Je crois qu'on a oublié qu'il faut se prosterner à Modim, et qu'il ne faut pas se prosterner dans les autres bénédictions. Maintenant, le Kémeaz: vous avez demandé, c'est les séfarades, on entend parfois: c'est quoi le Kémeaz ? Cela veut dire « comme dans les jours d'antan ».
En effet, dans la version du Siddour de Rav Saadia Gaon, donc un texte vieux de 1200 ans déjà, le texte portait Bi-chofra le-Tsion berahamim kémeaz. Mais il y avait certainement des communautés qui ne le disaient pas et d'autres qui le disaient. Alors ce qui s'est passé, c'est que lorsqu'il y en avait un qui disait Bi-chofra le-Tsion berahamim, il y en avait un qui lui criait Kémeaz. D'accord ? Et ceux qui n'avaient pas cette version ne la disaient pas. Alors ce que c'est devenu,
dans la version officielle, il n'y a pas le Kémeaz, mais l'assemblée fait le Kémeaz, sans trop savoir ce que cela veut dire, d'ailleurs. Kémeaz, cela veut dire « comme avant ». Ké-mé-az. Maintenant, c'est quoi Ha-machazir Chekhinato le-Tsion, « qui ramène sa Chekhina à Tsion » ? Il y a, dans le retour de la Chekhina, un phénomène assez extraordinaire.
Pendant très longtemps, les goyim nous ont accusés d'avoir tué Dieu. Vous savez ? Oui. Et puis ils se sont calmés en 1961, il y a …
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