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Mechaye HaMetim : la résurrection des morts dans la Tefila

Pourquoi la résurrection des morts est-elle la preuve de la puissance divine, et ce que dit la Guemara sur la création ex nihilo.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Pourquoi prier pour les justes au moment de la Gueoula, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, bonjour à tout le monde. Je crois qu'il est bon que nous continuions l'étude du texte du Shmouda Yisraël. Nous sommes arrivés à la fin de la première berakha, Magen Avraham. Je crois avoir cité le texte de la Guemara où Avraham faisait la tête parce qu'on disait Elohé Yitzhak, Elohé Yaakov, c'est ça ? On peut donc passer à la deuxième berakha.

La première berakha vient répondre à une question. La question, c'est qui ? Ça veut dire quoi, « qui » ? Qui est celui auquel la prière est adressée ? Il est le Dieu de nos ancêtres, il est le puissant, le vaillant, etc. Cela répond en hébreu à la question mi, en français « qui ». Qui est celui à qui je parle ?

La deuxième bénédiction répond à une autre question, qui est « quoi ». Qu'est-ce qu'il peut me donner ? Qu'est-ce que j'attends de lui ? J'attends de lui la manifestation de sa puissance. Puissance, en hébreu, Gevurah. Donc, ce qu'il peut me donner, ce sont des Gevourot. La première bénédiction s'appelle Avot, la deuxième s'appelle Gevourot. Le Dieu des Avot, c'est celui auquel j'adresse ma prière. Et ce Dieu des Avot peut me donner des Gevourot, sa toute-puissance.

C'est pour ça qu'on dit Atta Ghibor, tu es puissant. Immédiatement se pose la question: est-ce qu'on peut raconter la puissance de Dieu ? La Guemara dit, à propos du verset Mi yimalel gevourot Hachem, yachmia kol tehilato: qui peut réciter les puissances de Dieu et faire entendre toute sa louange ? La Guemara dit: qui a le droit de raconter la puissance de Dieu ? Celui qui peut raconter toute sa louange.

Or, comme on ne peut pas raconter toute la louange de Dieu, on ne peut pas raconter sa puissance. Donc cette bénédiction est impossible. Vous avez compris ? La question est claire, n'est-ce pas ? Pourtant, nous récitons cette bénédiction. La Guemara répond, dans le traité de Taanit, qu'on a introduit dans cette bénédiction, dans la liste des puissances qui y sont racontées, ce qui est équivalent à la résurrection des morts. Ce qui n'est pas équivalent à la résurrection des morts n'a pas été cité.

Pourquoi faut-il, comme critère de récitation de la puissance de Dieu, la résurrection des morts ? Parce que la résurrection des morts est la puissance maximale, de notre point de vue en tout cas, puisqu'il s'agit de faire passer du néant à l'être, de la mort à la vie. C'est ça, la résurrection des morts. Le rien, attention, créé à partir de rien, qu'on traduit en français par une expression latine, ex nihilo, ce n'est pas exactement ce que pensent les philosophes. Quand les philosophes disent création ex nihilo, il y a une connotation quasi mythique, magicienne: à partir du rien est apparu l'être, du zéro est apparu quelque chose. C'est faux.

Le Ayin dont parle la tradition, yech mé-ayin, l'être à partir de l'absence d'être, c'est en fait yech mé-ayin miyech: un être à partir d'un néant d'être antérieur. Il y a une disponibilité, non pas une disponibilité, je dirais même plus: il y a mise de côté de l'infini, ce qu'on appelle le Tsimtsoum chez les kabbalistes. Cette mise de côté permet la création du néant, et ce néant va permettre de créer l'être. D'accord ? Vous avez compris ? Exactement. Dieu se retire, il se met de côté, et le yech disparaît pour permettre le ayin. C'est donc le néant à partir de l'être, pas l'être à partir du néant. Il y a un être qui est tiré du néant, qui est tiré de l'être. Ce n'est pas le même être. Bon, pas vraiment, mais on fait semblant. On fait semblant.

Maintenant, on peut aller plus loin. Les chassidim ont beaucoup développé cette idée, notamment dans l'école de Chabad. Un des grands maîtres du chassidisme de Chabad, le Rav Hillel de Poritch, a écrit qu'en fait le monde est yech mais ayin, ayin miyech: c'est l'être à partir d'un néant qui vient d'un autre néant, lequel vient d'un être. Vous avez deux êtres et deux néants.

Pour bien comprendre de quoi il s'agit, je donne l'exemple d'un maître qui doit enseigner quelque chose à son élève. Le maître a la tête pleine, il a des connaissances qui habitent sa pensée. Il est plein de yech. Mais pour pouvoir expliquer ce qu'il comprend, il doit diminuer la portée de ce qu'il dit, il doit s'amoindrir. Il se demande comment il va expliquer cela à ses élèves, qui n'ont pas les connaissances qu'il a. Il va donc devoir réduire. Cette réduction, c'est créer un ayin dans le yech.

L'élève, lui aussi, avant d'étudier, a déjà des connaissances, sinon il ne serait pas venu. Mais il se met à l'écoute de son maître. Il crée donc en lui un vide pour pouvoir écouter ce que son maître va dire. Dans son yech, il fait un ayin. Vous avez donc entre deux yech deux néants: entre deux êtres, deux néants, entre deux yech, deux ayin. Yech, ayin, ayin, yech. Vous avez compris ? Voilà.

Oui, bien sûr, mais dans l'autre sens aussi. Quand tu dis l'être à partir du néant, ce n'est pas une puissance encore plus grande que la résurrection des morts, c'est exactement la même chose. Passer de l'être au néant, ou du néant à l'être, ce sont les limites de la puissance. Tout ce que HaKadosh Baroukh Hou nous fait, toutes les puissances qu'il déploie, sont incluses dans la résurrection des morts. C'est pour ça que dans la liste des choses mentionnées dans la bénédiction de la puissance apparaissent tous les équivalents de la résurrection des morts, comme la guérison des malades. Être malade, c'est être un peu mort, un peu mort et un peu vivant. Guérir, c'est retrouver la vie, par exemple. Être emprisonné, c'est une façon de mourir. Être libéré de la prison, c'est une résurrection. Etc.

Maintenant que nous avons expliqué tout cela, nous allons rentrer dans le texte même. Atta Ghibor, tu es puissant, léolam Adonaï, Seigneur. Le mot olam, que j'ai traduit ici par « à jamais » ou « pour toujours », est un mot qui relève du temps. Il y a une autre signification du mot olam, influencée par le grec, qui veut dire le monde. Vous savez que le mot monde n'existe pas en hébreu biblique. En hébreu tardif, on dit HaOlam. Dans la Torah, vous ne trouverez pas ce mot-là. Qu'est-ce que dit la Torah pour dire le monde ? Ciel et terre, c'est-à-dire Chamayim vearetz. C'est une dualité. Il n'y a pas un être qui englobe tout.

Par influence des Grecs, on a adopté le mot olam pour traduire le mot grec kosmos, ou le mot latin mundus, qui donne en français « monde ». Dans d'autres langues, il y a des tas de choses. En allemand, Die Welt, c'est pour ça qu'il y a un journal qui correspond au Monde en français. Est-ce qu'il y a un journal The World en anglais ? Non. Comment s'appelle le journal espagnol ? El Mundo. Voilà. Il y a même, je crois, un journal israélien, …

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