Orot HaTechouva : la techouva comme acte de gvoura
Le Rav Kook fait de la techouva un acte héroïque qui prend la vie en main, sans la fuir.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le paragraphe Hey : la faute, la force et la tchouva par amour, 53 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Élever la vie sans s'en séparer
Je suis prêt à reprendre un petit peu le Pérek Beth, si vous voulez. Hein ? On l'a fait. Hein ? Oui. Ce que je veux dire simplement, c'est que dans Pérek Alef, le Rav insiste énormément sur deux points qui, je crois, sont importants comme tout. Le premier: le thème de la techouva, c'est d'élever l'homme, mais élever la vie en même temps, et non pas élever l'homme au-dessus de la vie.
Faire techouva, c'est prendre la vie en main. Ce n'est pas se séparer de la vie, c'est prendre la vie en main. Deuxièmement, il insiste sur le fait que quelqu'un qui fait techouva a fait des fautes, et que lorsqu'il a fait des fautes, comme beaucoup de fauteurs, il y avait beaucoup d'énergie dans ses fautes. Il faut donc savoir récupérer des énergies qui étaient, et qui sont finalement, mises à la disposition de cette personne dans un mouvement qui n'était pas positif.
Mais il faut essayer de les récupérer en faisant la techouva. Et quelquefois, les balé techouva, on en a parlé la dernière fois, sont plus énergétiques et plus forts que quelqu'un qui n'est pas passé par des yeridot. Maintenant, dans Beth, on va peut-être fermer la porte, ce sera plus simple. Dans Beth, il y a deux lignes, et dans ces deux lignes, il y a un message très net: faire vraiment la techouva,
c'est un acte, dit le Rav, un acte de guevoura. Le mot guevoura est en général traduit en français par « bravoure » ou « héroïsme ». Qu'est-ce que c'est, ce côté-là ? Le côté bravoure, le côté héros, c'est quelqu'un qui est capable, au moment de son acte héroïque, d'éliminer toute une dimension qui peut être considérée comme généralement vitale, et de la mettre de côté pour faire apparaître une dimension essentielle. C'est ça, un héros, n'est-ce pas ? C'est quelqu'un qui, face à quelque chose qui doit s'imposer, est prêt à sacrifier d'autres valeurs pour mettre quelque chose en marche.
Dans ce mouvement de techouva, dans ce désir de revenir à Dieu, il y a un effort dans lequel l'homme est prêt à sacrifier ce qui était jusqu'alors des valeurs qu'il portait en lui-même, pour permettre de faire apparaître l'essentiel. Ensuite, avec le temps, les choses reprennent leur équilibre. Mais au moment de la techouva, il y a une situation: c'est très, très difficile de faire une techouva sans ornières.
On est obligé, quelque part, de se dire: bon, maintenant je ne peux pas me permettre de... maintenant je fais techouva, je vis autrement que les gens qui viennent me voir, je passe quatre ans... maintenant on m'en rend le meilleur, laisse-moi tranquille. J'ai besoin de rentrer en moi, de voir un peu ce qui se passe, laisse-moi. Je ne m'occupe pas du reste. On ne peut pas tout faire en même temps. Et ce côté-là, qui est le côté héroïque, c'est un peu ça. Le Rav dit que la personne qui fait techouva est, finalement, un exemple par excellence de guevoura: cette capacité d'être disposé à mettre des valeurs essentielles en marche au centre de ses préoccupations, plutôt que de dépendre d'autre chose.
Voyons ce qu'il dit ici. Je reprends le texte: ce sont deux lignes de Beth, à la page Beth, le début du Pérek Beth.
Yim'sa'ev oumekor hag-guevoura, ve-hatokhen yoter yessodi, haïm maassiim, ve-aviddaïm. Traduisons, on verra ce qu'on peut tirer comme leçon de ce qu'il dit ici.
Kol ma'assé yaamik ha-adam yoter yaamik. Approfondir, d'accord ? Tout ce que l'homme peut approfondir autour du thème de
mahouta hachel techouva, hein. J'avais justement parlé avec Selvin: je crois qu'une bonne traduction du mot mahouta, c'est « nature », « essence », l'essence de la techouva, ou sa nature aussi. Yimtsaé et mekor guevoura. D'abord, il trouve dans ce mouvement de techouva une source de guevoura, c'est-à-dire cet héroïsme-là, cette force: le fait d'être capable de mettre en marche des forces spirituelles importantes pour faire des choix. Finalement, dans cette techouva, il faut comprendre qu'une partie de son être est remise en question au profit d'une autre partie de son être, dans un premier temps en tout cas.
Alors, premièrement, guevoura. Deuxièmement, il y a tokhen haïm yessodé. Tokhen, le contenu, le plus essentiel, le plus basique. Le Rav insiste sur deux choses qui pourraient apparemment être considérées comme contradictoires, mais qui se complètent l'une l'autre: l'une, c'est haïm maassiim. Haïm maassiim, c'est la vie dans l'acte, l'engagement, l'engagement dans la vie. Et en même temps, l'idéal. Tu fais techouva, tu ne fuis pas la vie, au contraire: tu veux chercher la vie. C'est parce que tu veux vivre que tu fais techouva.
Est-ce que tu as un idéal en faisant techouva ? Oui. Je veux donner un sens à ma vie, je veux la lier à des valeurs qui me manquaient, qui étaient essentielles. C'est plein d'idéaux: je veux que le Nom de Dieu m'accompagne, je veux mettre dans ma vie un contenu.
Nous avons beaucoup de chance, en tant que Juifs, d'être entourés de vies et d'idéaux. En Israël, actuellement, c'est un déferlement. Je crois qu'il est difficile de trouver dans le monde un équivalent, au niveau de la capacité d'envie de vivre qu'il y a à vivre sur cette terre, par rapport à d'autres endroits du monde. C'est difficile à comparer. La terre est vivante, comme tout. Il y a le kedoucha, il y a en plus énormément de valeurs qu'on a ramassées pendant deux mille ans de parcours dans le monde entier, et beaucoup de valeurs qui sont reprises, mises au service de l'homme, d'Israël en entier. C'est beau, comme tout.
Les exemples que je vais vous donner sont extrêmement banals. C'est banal, comme tout, mais la rakevet [le train], elle est très belle, cette rakevet. C'est banal, c'est banal, mais c'est beau comme tout. Et l'on va à côté d'elle et l'on se retrouve devant une spiritualité énorme. Il y a des yeshivot avec des gens qui savent enseigner, pour Hachem. On va à l'université, et l'université de Jérusalem est considérée comme une des meilleures universités du monde, aussi dans le hol, dans les sciences. Tout ça, on le vit ensemble. Et l'on va vers le sud, des gens qui prennent en main le midbar, le Sinaï, des cultures qui n'existent pas ailleurs, qui existent ici. Vraiment, il y a des réussites.
Bienvenue. Bienvenue. Tov. Dis-moi, Youssef, est-ce que tu as l'impression qu'on a fait guimel ? Bienvenue.
Alors, dans guimel, il y a le message classique, disons, de la techouva, qui est le fait de retrouver le lien avec le spirituel. L'âme humaine est capable de vivre, ça se passe à la place du pevet. L'âme humaine est capable de vivre une vie spirituelle de grande qualité. L'homme, quand il a été créé, a été créé pour être, a priori, un partenaire proche de Dieu. En étant homme, simplement, nous ne sommes que des hommes, mais il y a dans le projet de l'homme quelque chose d'immense.
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