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Yitro, la Torah offerte à tout le peuple d'Israël

Pourquoi la paracha porte le nom de Yitro, et ce que l'unité du peuple au Sinaï enseigne pour recevoir la Torah.

17 min

Rav Dov Bigon

Ensuite : Nitzavim : tous debout devant Hachem, chacun à sa place, 16 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Le Rav nous dit la paracha de Yitro.

Par la quantité des versets et la quantité des lettres, elle peut être la plus petite paracha de toute la Torah. Mais par son importance, par la profondeur qui est transmise dans cette paracha, c'est peut-être la plus importante, puisqu'elle contient les Aseret HaDibrot, les dix paroles.

Le Rav dit qu'il y a une question très grande au sujet de cette paracha. Elle est appelée la paracha de Yitro.

Or, c'est dans cette paracha que sont données les dix paroles, les dix commandements, les choses les plus importantes de la Torah. On aurait dû l'appeler la paracha de Moshé, et non la paracha de Yitro. Pourquoi ? Parce que c'est grâce à Moshé qu'on a pu entendre les dix paroles, qu'on a pu recevoir les dix commandements. Ce n'est pas grâce à Yitro. Alors comment se fait-il que la paracha soit appelée paracha de Yitro ? Et pourquoi pas de Moshé ?

Qu'a donc fait Yitro, pour mériter que la paracha où se trouve la partie la plus importante de la Torah porte son nom ?

Le Rav nous dit que c'est pour nous enseigner l'enseignement suivant: la Torah n'est pas réservée au peuple d'Israël. La Torah est universelle. La Torah est cosmopolite.

La Torah est pour tous. Pourquoi ? Parce que le peuple d'Israël a été créé par HaKadosh Baroukh Hou pour être une bénédiction pour toutes les nations. Lorsque HaKadosh Baroukh Hou s'est révélé à Avraham, la première chose qu'il lui a dite: « Je ferai de toi une grande nation », « Venivrechou vecha kol michpehot haadama », « seront bénies par toi », toutes les familles de la terre, toutes les nations du monde.

Donc, au moment où l'on reçoit la Torah, on aurait pu penser qu'on se replie dans un particularisme qui ne concerne que nous. Le nom de la paracha dit non: cette Torah est pour tous. Cette Torah est la parole divine pour le monde entier.

Avant d'arriver au Sinaï, le peuple d'Israël... Il est écrit: « Le troisième mois après la sortie d'Égypte, ce jour-là, ils sont arrivés au désert du Sinaï. » Le verset dit qu'ils ont été... En hébreu, le mot « déchirés » s'explique ainsi: ils ont relâché leurs mains. Ils étaient affaiblis.

Rachi dit ici: qu'est-ce que cela signifie ? Pourquoi ce passage ? Parce qu'ils ont fait techouva, ils ont fait un retour, et c'est dans ce sens-là qu'on peut recevoir la Torah.

Où apprend-on cela ? Vayissou merefidim, vayavou midbar Sinaï, vayachanou bamidbar, vayichan sham Israël, neged hahar. Il est écrit d'abord « vayachanou » au pluriel, puis « vayichan » au singulier. Rachi explique: ils étaient comme un seul homme, d'un seul cœur.

Le Rav nous dit: lorsque les versets de la Torah décrivent la manière dont on s'est présenté avant de recevoir les Aseret HaDibrot, c'est un message éternel sur la façon dont une personne, et dont le peuple d'Israël, peut recevoir la Torah. Il est écrit Vayissou meRefidim. Qu'est-ce que Refidim ? Refidim, c'est rafou yadayim, les mains relâchées. Qu'est-ce que des mains faibles ?

Nos Sages disent qu'ils ont voyagé depuis l'endroit appelé Refidim, dont le nom fait allusion au fait que le peuple d'Israël a fait techouva. Première chose: on ne peut recevoir la Torah que si l'on regrette le mal que l'on a fait.

Mais ce n'est pas tout. Lorsqu'une personne regrette le mal qu'elle a fait, mais qu'elle reste dans son coin, dans son parti, dans son secteur, et qu'elle n'est pas prête à s'attacher à tout le peuple d'Israël, elle ne pourra pas encore recevoir la Torah. D'où l'enseignement qu'on tire du verset: Vayavou midbar Sinaï, ils sont arrivés au désert du Sinaï. Vayachanou bamidbar, ils ont campé dans le désert. Vayichan sham Israël, Israël a campé là-bas. Rachi s'étonne: on a commencé par un verbe au pluriel, un sujet au pluriel, « ils ont campé », et ensuite, « Israël a campé ». Et Rachi veut dire qu'Israël a campé comme un seul homme, parce qu'au moment où ils étaient au Sinaï, ils étaient comme un seul homme, d'un seul cœur.

On est arrivé à une possibilité d'unité totale du peuple d'Israël, de tous les Juifs, malgré leurs différences, malgré leurs visages différents. La seule possibilité de recevoir la Torah, c'est l'Ahdout, l'union. C'est ce qui s'est passé au Sinaï, pour nous permettre de recevoir la Torah.

Le peuple d'Israël comptait douze tribus. Chaque tribu était différente. Mais l'unité commune était forte, et c'était la condition de la Torah. Même aujourd'hui, pour qu'il y ait une Torah pour tout le peuple d'Israël, il faut s'occuper de l'un et de l'autre.

Que tous les partis politiques puissent s'unir et montrer leur union, le tronc commun de chacun, la partie commune à chacun, ce qui fait que nous sommes Israël Ehad, un seul Israël. Qu'il s'agisse du parti, de la gauche, de la droite, de tous les partis: s'ils arrivent à s'unir, alors c'est ainsi que l'on peut recevoir la Torah.

Comme je l'ai dit à la fin du Chabbat, à tous les Israéliens. On nous dit que la Torah n'appartient pas à un secteur particulier. La Torah est collective, elle appartient à tout le peuple d'Israël. Comme il est écrit à la fin de la Torah, elle a été donnée aux yeux de qui ? Des religieux ? Non. Des gens de droite ? Non. Des gens de gauche ? Non. Aux yeux de tout Israël.

Et pas seulement d'une seule partie.

HaKadosh Baroukh Hou dit à Moshé Rabbénou: va parler, dis à la maison de Jacob, et dis aux enfants d'Israël. Ensuite il dit quelques choses, et ces choses sont très importantes. Même aujourd'hui, ceux qui veulent vraiment apprendre la Torah doivent apprendre ces choses-là. Quelles sont-elles ? Moshé Rabbénou dit à la maison d'Israël...

Im chamoa tichme'ou bekoli, ve'chamartem et briti, vehitem li segoula mikol ha'amim, ki li kol ha'arets, veatem tihiou li mamlechet kohanim vegoy kadosh. « Si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon alliance, vous serez pour moi une ségoula parmi tous les peuples, car à moi appartient toute la terre; et vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. » Ces mots sont parmi les plus importants des deux mikra'ot de la Torah, et pas seulement de la Torah: ils valent aujourd'hui encore. Nous devons comprendre cela. Qu'est-ce qu'une ségoula ?

Que signifie le passage: « Vous serez pour moi une ségoula parmi tous les peuples » ? Qu'est-ce que cela veut dire, être pour Lui une ségoula parmi les nations ?

Dans le monde, il y a un bien précieux. Nous savons qu'il y a quelque chose de particulier: c'est le peuple d'Israël. Nous savons qui nous sommes. Prenons l'exemple d'un homme riche: il a beaucoup de biens, beaucoup de choses, mais dans sa maison, il a un coffre-fort où se trouve son argent. C'est ce qu'on appelle une ségoula. Un peuple ségoula, …

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