Une faute de tsadik peut-elle redevenir positive
Comment la souffrance purifie un acte apparemment fautif, à partir de l'histoire de Yossef et de ses frères.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Orot HaTechouva : la techouva comme acte de gvoura, 54 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le texte se trouve à la page Ayin Tet. Le message principal tourne autour de quelque chose qui n'est pas évident: l'acte accompli par un tsadik, même s'il paraît être une faute, est en profondeur positif, et HaKadosh Baroukh Hou fait évoluer les choses de façon à en tirer parti, à utiliser ce qui, en profondeur, était une bonne intention, même si cela est sorti sous la forme d'une faute, pour le récupérer. C'est ça, le message.
Un des exemples clés dans ce contexte, c'est la vente de Yossef. Cette vente, qui paraît être une catastrophe, a mené, à travers une série d'avatars, à ce que la cohésion des fils d'Israël se fasse complètement à cette époque-là. Il existe une unité qui s'est construite peu à peu, et s'il n'y avait pas eu cet événement, on serait restés séparés. En réalité, cette faute qui paraissait être une grosse faute, Yossef a compris qu'il devait passer lui aussi par ses souffrances pour évoluer. Les frères également, qui ont vu leur père malheureux comme tout, ont évolué, et finalement ils se sont retrouvés en tant que frères.
Ce thème est essentiel à l'intérieur d'Israël: l'unité du peuple. Elle passe parfois par des moments d'affrontement. Mais ces affrontements permettent finalement à chaque position de s'exprimer, et de ne pas rester endormi, mais d'être soi-même.
Bon, je prends un peu le texte, qui commence par « Vah ? Comment ? » Vous allez voir que le Rav insiste ici beaucoup plus sur la manière dont une série de souffrances vient aider à purifier un acte qui était apparemment négatif. Il se purifie à travers la souffrance et devient positif.
Disons plus que cela: il ne devient pas positif. À travers la souffrance, le fond positif apparaît, alors qu'il n'était apparemment pas là.
Je commence le texte. Il y a beaucoup d'hébreu, donc on va essayer de travailler sur le texte en même temps, pour en profiter un peu. Sauf ceux qui sont très forts et qui connaissent tous les poèmes.
Page Ayin Tet, page de gauche, paragraphe 20. Le Rav nous dit: al pi yesod ha-razim, sur la base de la connaissance ésotérique profonde, de celui qui connaît les forces du monde: kol ma she-yatov shel rasha, tout acte qui apparemment est un bon acte d'un rasha, ole le-makom ha-rishá (« monte vers le lieu du mal »), ça va quand même s'unir au côté négatif, qui va être annulé. Ole le-makom ha-rishá, ve-hatouma. Rishá, c'est la méchanceté; touma, c'est l'impureté. La fin de tout cela, c'est de disparaître, d'être consumé, brûlé. Kol ha-rasha ke-achan tikhleh: la méchanceté, à la fin des temps, le côté négatif de l'humanité va partir comme la fumée qui s'en va. Les choses brûlent, et ce qui doit partir s'en va sous forme de fumée.
Alors, c'est un acte qui a été fait par un rachaa. Mais c'est un acte qui apparemment est un bon acte, alors qu'il provient en profondeur d'un rachaa. Ce n'est pas récupérable. HaKadosh Baroukh Hou ne retient pas le salaire: il donne à ce rachaa qui a fait un acte son salaire. Il lui paye ce salaire.
Il le lui paye dans ce monde, même pour une mitsva qui apparemment est une mitsva toute simple: il a droit à son salaire. Et ça s'en va. Maintenant, il va passer au Kavachon.
Je crois que tu avais déjà posé cette bonne question la dernière fois. Il y a quelque chose ici que le Rav ne veut pas développer pour le moment: il ne veut pas développer le thème de la techouva du rachaa. Il prend pour l'instant un exemple, celui d'un rachaa.
Un rachaa qui, pour le moment, ne fait pas de techouva. Disons qu'il n'a pas fait de techouva. Le thème du rachaa qui fait techouva, on en parlera peut-être plus loin, dans ce même texte. L'intention profonde est capitale dans ce genre de choses.
Dans la présentation classique que l'on a des textes, il est question de vrais rachaïm, et il n'y en a pas tellement en Erets Israël. C'est-à-dire qu'en profondeur, quelqu'un qui n'est pas un vrai rachaa … Ok ? Ça va…
Ça va rejoindre, disons, le destin de la richa et de la touma, qui est de partir en fumée et de disparaître avec le temps. C'est quelque chose qui est considéré comme négatif. Ce ne sera pas, finalement, une force vivante qui s'installe dans le monde. Mais le Rav utilise ces quelques lignes sur des thèmes connus pour accentuer ce qui vient ensuite, c'est-à-dire pour reprendre l'autre côté, pour insister sur le côté positif qui va sortir de la faute apparente d'un tsadik.
De la même façon qu'on peut dire que le bon acte du rachaa va, finalement, vers la richa, de la même façon, la faute apparente du tsadik, en réalité, va être récupérée. Le Rav dit ici: kal vachomer, à plus forte raison.
Je veux revenir sur ce que tu m'avais dit la dernière fois, mais je vais revenir sur ce texte-là. Le Rav insiste. Il faut surtout comprendre que ce texte vient pour ce qui est dit maintenant, et non pour ce qui est dit avant. Cette émouna que l'on doit avoir: les tsadikim, et en particulier Am Israël, qui est le tsadik de l'humanité, des actes qui paraissent problématiques au niveau de l'âme d'Israël. En réalité, il faut savoir qu'avec le temps, on va pouvoir les récupérer.
Le Rav n'en parle pas ici, mais si l'on fait une analyse de toute une série d'événements qui se sont passés sur ce pays au moment de la Tsionout non religieuse, et qui ont mis en marche toute une série de processus qui paraissaient négatifs, on voit qu'en réalité…
Maintenant, je prends le texte. Kal vachomer, d'autant plus, a fortiori: sh'kol avon v'chet shel tsadik, toute faute qui proviendrait d'un tsadik, af al pi she-bar es yeshulam, quoiqu'il en soit, cela va être payé. U-sevivav nissara mehod, Ha-Kadosh Baroukh Hou, il est très exigeant envers ceux qui l'entourent. Medaqdeqim sevivav: c'est dit plus bas. Il va donc demander des comptes à ceux qui sont proches d'Hachem, parce qu'ils sont tsadikim. Il ne leur pardonnera pas une seule faute, parce qu'ils sont proches. Les proches d'Hachem ne peuvent pas se permettre une faute. Moshé Rabbénou, par exemple, fait une petite faute, et il n'entre pas en Erets Israël.
Selon le principe que mida tova, le bien, est encore plus fort que le mal, le bien s'impose dans ce sens, de façon abondante. Selon ce principe, cet acte-là va finalement aller le-chazèk ou le-gadèl: agrandir une lumière de kodech et de bien.
Ça va finalement venir agrandir une lumière de sainteté et de bien. Le texte est un peu dur à suivre. On se trouve au paragraphe Vav, trois lignes avant la fin, page Ayin Tet.
Maintenant, à ce niveau, le Rav va parler de l'ensemble de l'humanité, et du tsadik de l'humanité, qui est notre peuple. Il fait son chemin, il essaie de faire son chemin, il prend du temps, et il fait son chemin. Il passe …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
58 cours du Rav Yaakov Nahon, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Rav Kook, Techouva, Pensée juive, Émouna, Orot HaTechouva.
- 34
Tchouva : d'où vient sa force, selon le Rav KookLe cours situe les sources de la techouva entre la conscience humaine et une force divine supérieure, à partir du chapitre Youd Aleph. - 35
La techouva née de l'intelligence et de la binaComment l'expérience de la faute, comprise par la bina, devient force de techouva et de mérite. - 36
Techouva, vitalité du monde et rencontre du din et de la HessedComment le Rav Kook relie la techouva au mouvement de toute l'existence, descente divine et remontée vers le haut. - 37
Orot HaTechouva : le bien du racha et la faute du tsadikLe Rav Kook montre que le bien d'un racha nourrit la zone de la impureté, tandis que la faute d'un tsadik est rachetée. - 38
Une faute de tsadik peut-elle redevenir positiveComment la souffrance purifie un acte apparemment fautif, à partir de l'histoire de Yossef et de ses frères. - 39
Orot HaTechouva : la techouva comme acte de gvouraLe Rav Kook fait de la techouva un acte héroïque qui prend la vie en main, sans la fuir. - 40
Le paragraphe Hey : la faute, la force et la tchouva par amourComment une force détournée de son contexte devient faute, et comment la tchouva par amour la replace dans le sens de la vie. - 41
Orot HaTechouva : tenir ensemble l'élan et la terreLe Rav Kook montre comment rester ancré dans l'action du monde tout en montant vers la source de la vie intérieure. - 42
Le Rav Kook, l'Am Israël et la pureté moralePourquoi l'union au peuple d'Israël dépend de l'effort moral personnel, selon le chapitre 13 d'Orot HaTechouva. - 43
Techouva intérieure et vie quotidienne selon le Rav KookComment faire descendre l'élan de techouva dans les détails de la vie, avec patience et étude des halakhot.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav