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La liberté politique dans la dixième bénédiction de la Amida

Pourquoi la prière du retour de la liberté nationale, la définition halakhique de la souveraineté et le rôle du Sanhédrin.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Gaal Israël, le Dieu libérateur dans la troisième bénédiction, 46 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous. Je crois qu'il serait judicieux de poursuivre notre pénétrante étude du Chmone Esré. Nous en sommes en plein dans la dixième bénédiction, que nous avons commencée sans la terminer. C'est celle de la liberté: Tèkaâ bichofar gadol. Lisons d'abord le texte. Tèkaâ bichofar gadol lé-khérouténou: sonne du grand shofar pour notre liberté. Vé-saâ nès lé-kabèts galouyoténou: lève un étendard pour rassembler nos exils. Vé-kabètsénou: et rassemble-nous.

Il y a ici plusieurs versions: yahad mèhéra, mèhéra yahad, ou simplement yahad. C'est-à-dire: vite, tous ensemble. Mi-arba kanfot haaretz: des quatre pans de la terre. Lé-artsénou: dans notre pays. Baroukh atah Hachem, béni sois-Tu, Hachem, notsé béit nidhé amo Israël: qui rassembles les égarés de Son peuple Israël.

Donc c'est une prière pour demander la fin de la galout. Que ça cesse, d'accord ? Et c'est quoi, la fin de la galout ? C'est retrouver notre liberté. Voyons d'abord le premier mot, khérouténou, notre liberté. De quelle liberté s'agit-il ? Il s'agit évidemment de la liberté politique, politique et nationale, ainsi que le dit le Rambam dans Hilkhot Mélakhim: « Ce qui différencie notre temps du temps messianique, c'est uniquement l'asservissement aux nations. »

La prière, c'est donc d'abord la prière du retour de l'indépendance nationale. Nous prions pour ça, d'accord ? Il y a un petit problème. C'est comme la naissance: est-ce qu'on dit à un enfant qu'il est né à 100 % ou pas ? Même si c'est un petit bébé, qui a encore besoin d'être langé, il est entièrement né. De même, si l'État d'Israël a encore beaucoup à faire pour accéder à sa totale indépendance, il est indépendant. Le fait est là.

Donc cette prière, comment la comprendre ? Par définition, elle est superflue, en principe. Enfin, pas entièrement superflue, mais il y aurait peut-être des choses à modifier le moment venu. Ce que nous disons ici, c'est qu'il existe une définition de ce qu'on appelle la liberté: l'indépendance politique. Cette définition est une définition de halakha. On dit souvent que les histoires de Machiah, tout le reste, ce n'est pas de la halakha. Mais non, c'est une halakha.

Par exemple, qu'est-ce qui, du point de vue de la halakha, est considéré comme un pouvoir politique légitime ? Pourquoi est-ce important qu'un pouvoir politique soit légitime ? Si on doit payer ses impôts, ou si on a le droit de détourner ses impôts, c'est ça ? Il y a un problème là-dedans. Ai-je le droit de faire la guerre où je n'ai pas le droit de la faire ? Si l'État qui m'envoie à la guerre est illégitime, alors je participe activement à l'interdiction de tuer: je suis un assassin. Si l'État n'est pas légitime, je n'ai pas le droit de payer mes impôts, je participe au vol. Ou bien, si je suis percepteur des impôts, je participe à un vol. Tandis que si l'État est légitime, c'est celui qui ne donne pas ses impôts qui est dans la transgression.

Vous voyez donc qu'il y a des conséquences halakhiques à ces définitions. Du point de vue de la halakha, deux éléments font qu'une entité politique est considérée comme malkhout, c'est-à-dire comme souveraine: le monopole de la force armée et le monopole de la monnaie. La monnaie: le shekel est la monnaie officielle de l'État d'Israël, c'est le seul cours légal en Israël. Ni le dollar, ni l'euro, ni le dinar n'ont cours légal en Israël. C'est donc le monopole de la monnaie. C'est ça que dit la halakha, important de le savoir. C'est écrit dans le Rambam, Hilkhot Guézéla, pour ceux que ça intéresse.

Nous avons donc accédé, Baroukh Hachem, c'est-à-dire que les prières ont parfois le droit d'être exaucées également. Maintenant, essayons de voir de quoi il s'agit. Tèkaâ bichofar gadol, son d'un grand shofar. Je crois que nous avons étudié la dernière fois le problème de la source biblique de cette expression, yitaka bichofar gadol. Vous vous en rappelez ? Oui.

Maintenant, c'est quoi un grand shofar ? S'il y a un grand shofar, c'est qu'il y a un petit shofar, et qu'entre le petit et le grand, il y a un shofar moyen. Vous connaissez le texte du Rav Kook qui s'y réfère, d'accord ? Nous demandons donc que l'éveil de la Gueoula se fasse par un grand shofar, c'est-à-dire avoir des motivations élevées.

Vé-saâ nès, lève l'étendard, lé-kabèts galouyoténou, pour rassembler nos exils. Bizarre: qu'est-ce que rassembler des exils ? On rassemble des exilés, pas des exils. Le terme employé ici, galouyoténou, désigne peut-être, de manière métaphorique, l'ensemble de la dispersion d'Israël. Mais il est plus simple de dire qu'il y a eu plusieurs exils: l'exil du Premier Temple et l'exil du Deuxième Temple.

Il y a des communautés d'Israël qui sont le résidu de l'époque du Premier Temple, et d'autres qui sont le résidu de l'époque du Deuxième Temple. Ce n'est donc pas la même approche. Il y a ceux qui sont descendants de ceux qui ont été exilés à l'époque du Premier Temple, et ceux-ci n'ont pas voulu revenir à l'époque du Deuxième Temple. Ils ont donc un attachement moindre à Erets Israël. Tandis qu'il y a ceux qui sont revenus, et qui ont été réexilés lors de la destruction du Deuxième Temple, au temps de Titus.

Donc il serait mieux de dire cela en anglais, pour ceux pour qui cela peut être important. Très bien. Oui ? Il y a aussi… Non, non, pas du tout. Très bonne question, mais pas du tout. Il y a les exilés et il y a les égarés. Les égarés, ce sont les nidhé'him, ceux qui sont encore plus loin, les déracinés. C'est presque un travail d'ordre messianique. Ils sont considérés dans les nidhé'him.

C'est pour ça, par exemple, que le Rambam dit que le roi Machiah rétablira la souveraineté d'Israël, et qu'après, il dit: oumékabèts nidhé Israël, il rassemblera les égarés d'Israël. Sur quoi règne le Machiah, s'il n'a pas encore rassemblé les égarés ? Il règne sur les exils, et il rassemblera les nidhé'him. Il y a donc un travail plus fort, qui demande de ramener ceux qui sont très loin. Et là, on a besoin de quelqu'un de la puissance du Machiah, probablement aussi de sa puissance spirituelle, qui lui permettra de ramener tout le monde. D'accord ?

On parle donc ici des galouyot, de ceux qui sont issus du Premier et du Deuxième Temple. Par exemple, il y a une tradition chez les juifs de Djerba, vous connaissez l'île de Djerba ? C'est une île à côté de la Tunisie, proche de la côte. Il y a une tradition selon laquelle ils avaient été exilés à l'époque du Premier Temple et qu'ils avaient refusé de revenir. Il existe aussi une tradition de ce genre, rapportée dans la Guemara, à propos des Juifs de Babylonie: ils n'ont pas voulu revenir au temps d'Ezra.

De même, il y a une tradition rapportée par le Taz, le Turei Zahav, sur le Choulhan Aroukh. Rabbi David HaLévi disait qu'il existe une tradition selon laquelle les juifs de trois …

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