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Parachat Bo (15/01/13)

44 min

Rav Yossef David

Ensuite : Parachat Bo (20/01/10), 44 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Paracha de Bo. Donc, on attaque les trois dernières plaies. Ce qu'il y a essentiellement dans la paracha, c'est donc… Nous ne sommes pas encore à la sortie d'Égypte, ça sera pour une prochaine fois. On a les trois dernières plaies et on a le Korban Pessah. Ce sont les deux principaux sujets de la paracha. Il y a aussi la mitsva de Roch Hodech, qui est avancée, c'est vrai.

Parmi les thèmes que nous allons aborder dans la paracha, il y en a un que nous n'avons pas abordé la semaine dernière. Il correspond aussi à cette fois-ci: c'est le thème du libre arbitre. Il va falloir expliquer ce qu'est le libre arbitre, parce que nous, les Juifs, nous disons que ça existe. Nous allons voir qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui y croient. Nous allons passer en revue les différentes cultures, civilisations, religions et systèmes. Vous allez voir qu'il n'y a pas grand monde qui croit au libre arbitre. Et malgré tout cela, nous qui parlons du libre arbitre, qui annonçons le libre arbitre, qui venons annoncer à l'humanité que l'homme est libre… Justement, Pharaon va changer son Europe. En tout cas, c'est ce qu'on va croire. Donc, il faut expliquer cela.

Alors, on va commencer par là. On a les trois dernières plaies. Quelles sont les trois dernières plaies ?

On a dit que dans les cinq dernières plaies, Pharaon endurcit son cœur. La Torah fait une distinction: d'abord il est dit que le cœur de Pharaon s'est endurci, et ensuite il est dit que Hachem a endurci le cœur de Pharaon. C'est là qu'il y a une différence. A priori, on pourrait croire que Pharaon s'est effectivement vu enlever son libre arbitre. Avant d'expliquer ce qui s'est réellement passé, je voudrais que nous nous arrêtions un peu sur le concept de libre arbitre. Considérez que l'homme est libre.

C'est un pari qui n'est pas évident. Parce que quand moi je décide de faire quelque chose, j'ai toujours mon passé avec moi. C'est-à-dire que j'ai mon passé, j'ai mon capital génétique, mon patrimoine génétique, mon entourage, ma pression sociale. J'ai dix mille choses qui vont faire que, quand je vais choisir quelque chose, je ne sais plus très bien qui est-ce qui choisit.

Donc commencez à dire que nous sommes libres. C'est une affirmation qui dit que, malgré tout cela, malgré tout ce que tu as reçu, malgré tout ce que tu es, malgré tout ce qui t'entoure, tu peux quand même choisir. C'est l'affirmation de la Torah, et c'est aussi la raison pour laquelle l'homme est responsable de ses actes. Si l'homme n'était pas libre, on ne pourrait jamais dire qu'il est responsable de ses actes.

D'accord. Nous allons voir rapidement les différents courants. Vous allez voir qu'il n'y a pas grand monde qui croit à cette histoire que je viens de vous exposer.

Si l'on commence, par exemple, avec les religions anciennes, vous avez bien entendu parler des Grecs. Chez les Grecs, il existe quelque chose qui s'appelle le fatoum. Vous connaissez le fatoum ? Le destin. Fatal vient de là, en français. Chez les Grecs, le destin signifie que dans le ciel il y a des dieux. Après, cela a changé de nom, mais c'est le même système: ils jouent, ils ont leur vie, leur histoire. Et les hommes sont en fait des jouets. Ils ne peuvent vraiment pas choisir. Les hommes sont très, très peu propriétaires de leur destin. Leur destin est inscrit en haut, et ils peuvent peut-être plus ou moins modifier un peu leur chemin, mais leur destin est fixé d'avance.

D'une manière assez plaisante, on retrouve cela dans une autre religion, beaucoup plus moderne: le mektoub. Hachem, vous avez remarqué, ça sonne… Le mektoub ressemble au fatoum.

Dans le monde arabe, on va encore beaucoup plus loin, parce qu'on n'est plus dans des forces qui interagissent comme des étoiles ou des divinités. On va parler d'un dieu unique, puisque ces gens-là sont quand même passés par nous, pour comprendre qu'il y a un dieu unique sur terre. Mais ils n'ont pas réussi à aller jusqu'au bout du conflit de la liberté, et l'on obtient un douloureux mélange: d'un côté un dieu qui décide tout pour toi, et de l'autre c'est toi qui vas payer pour tes actes. Cela crée évidemment un paradoxe insoluble.

Chez les musulmans, quand c'est toi qui fais quelque chose, par exemple tu te poses ou tu fais du bien ou du mal, ce n'est pas toi qui fais, c'est Allah qui fait. Si c'est Allah qui fait, alors un musulman pose la question: « Attendez, si c'est lui qui fait, pourquoi c'est moi qui dois payer et pas lui ? » Vous comprenez la question ? Pourquoi devrais-je payer mes fautes si ce n'est pas moi qui choisis mes actes ?

C'est une vision un peu ridicule, un peu mesquine, un peu infantile que de croire que c'est Dieu qui décide pour toi. Vous verrez que chez les juifs séfarades, beaucoup parlent comme cela aussi: tu fais des bêtises, ce sont des bêtises. Bien sûr, les conséquences de tes actes ont un rapport avec ce qu'a fait HaKadosh Baroukh Hou, mais au départ il faut voir ce que tu as fait.

Dans l'islam, on ne croit pas au libre arbitre, mais c'est ce que croit la majorité de l'islam. Et les conséquences de cela créent des situations un peu absurdes. Par exemple, moi je l'ai vu dans l'armée, parce que chez les druzes, qui sont fortement influencés par l'islam dans la religion, sans forcément la connaître eux-mêmes — c'est une religion secrète. Eux n'ont pas peur de mourir. Ils disent: de toute façon, même si je meurs maintenant, si je meurs sous une balle, si je sors de chez moi et que je meurs dans un accident… Ce n'est pas vrai, ça.

Quand vous faites l'armée avec eux, vous voyez qu'ils font des choses vraiment… Je me dis: attends, il y a des balles là, je fais quoi ? Je sais où je dois mourir, je m'en fiche, je n'ai pas de problème. Non, c'est gravé: le mektoub signifie qu'il y a un mektoub sur lui, et que s'il doit mourir aujourd'hui, il mourra aujourd'hui, peu importe que ce soit par une balle, un accident ou autre chose. Bon, cela vaut pour certains, parce que tout le monde a un peu peur

de mourir, jusqu'à un certain point. Mais c'est vrai que c'est impressionnant. J'ai combattu avec eux, et il y a eu des situations où l'on voyait qu'ils n'agissaient pas comme des gens normaux, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas peur des balles. J'ai vu cela lors d'un affrontement, on était dans un endroit où les balles fusaient partout, et eux n'agissaient pas comme des gens qui évitent les balles. Non, quand tu prends une balle, tu réagis de la même manière, croyez-moi.

Tout cela pour vous dire que cette vision du monde est paradoxale, un peu déplacée, un peu bancale, dans le sens où moi je ne choisis pas mes actes et que, malgré tout, je suis puni ou récompensé pour eux. …

Cours de Machon Meir

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