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Parachat Bo (24/01/12)

54 min

Rav Yossef David

Ensuite : PARACHAT BO (24/07/08), 59 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous allons terminer les Makot, les plaies d'Égypte. Combien y a-t-il de plaies dans la paracha ? C'est facile à retenir: dix. Trois dernières plaies dans la paracha, donc. Nous allons étudier ce qu'il y a de particulier dans ces trois dernières plaies, et nous allons aussi raconter le début de la Makat Bekhorot, qui va prendre un peu plus de temps.

Il y a aussi une mitsva très importante que l'on reçoit dans la paracha. Vous savez laquelle ? La mitsva du Korban Pessa'h, et après les matsot. Dans cette paracha, on les reçoit. C'est assez important. Nous disons que le Korban Pessa'h est la seule mitsva avec la Brit Mila dont celui qui ne la fait pas est khayav karet.

Vous savez qu'il existe deux sortes de mitsvot: les mitsvot positives et les mitsvot négatives, c'est-à-dire les mitsvot de faire et les avérot de ne pas faire. D'une manière générale, ne pas faire une avéra est plus important que faire une mitsva. Il y a plus d'importance à ne pas détruire quelque chose qu'à le construire. C'est la raison pour laquelle, pour les avérot, il y a, Hachem merci, des punitions plus grandes que pour celui qui ne fait pas les mitsvot.

Il y a deux contre-exemples à cela. Dans les mitsvot, celui qui ne les fait pas, malgré tout, a une grande punition. Il y en a deux comme cela: la Brit Mila et le Korban Pessa'h. Celui qui doit faire le Korban Pessa'h et ne le fait pas est khayav karet, comme pour la Brit Mila. Ce n'est pas simple, mais même aujourd'hui, on peut être concerné par le Korban Pessa'h.

Vous imaginez donc que si le Korban Pessa'h est une mitsva de ce niveau, au même niveau que la Brit Mila, cela veut dire que même si aujourd'hui on ne sent pas forcément son importance, il y a forcément quelque chose de central dans le Korban Pessa'h, que nous allons essayer d'expliquer dans la paracha.

On commence par le début. Vous savez déjà que, pour deux plaies, Pharaon n'a plus son libre arbitre. C'est HaKadosh Baroukh Hou qui vient et kshifo (endurcit) son cœur pour qu'ils ne cèdent pas.

J'ai une question à vous poser: qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Nous avons l'habitude, et c'est ainsi que nous avons appris à l'humanité entière, qu'un homme est puni par ses actes, qu'un homme a son libre arbitre, qu'un homme est libre. Dire que l'homme est libre, ce n'est pas évident. Quand je vous dis que l'homme est libre, cela vous paraît logique, non ? Mais sachez que la majorité des gens pensent que l'homme n'est pas libre. Je vais vous amener toute une série de visions du monde, philosophiques et religieuses, et vous allez voir qu'à travers toutes ces visions, l'homme n'est pas libre. Quand la Torah vient dire que l'homme est libre, c'est déjà une nouveauté dans l'humanité, et encore aujourd'hui on ne comprend pas le contre-exemple de Pharaon.

— Tu n'es pas libre de te réveiller demain matin avec les yeux bleus, ou de mesurer deux mètres.

— D'accord, mais là, c'est la nature, tu n'es pas libre sur ça. Et les gens confondent. En fait, qu'est-ce que la liberté ? La liberté dont on parle, c'est la liberté du bien et du mal. C'est quelque chose de plus profond que la liberté des actes. La liberté des actes, comme tu l'as très bien dit, on est tous contraints par une nature physique qui nous entoure: tu ne peux pas sauter du trentième étage et t'envoler. C'est vrai. Mais là, on est vraiment libre, et cela veut dire qu'on en paie les conséquences, comme dans tout. C'est le bien et le mal. Et là, nous avons un contre-exemple dans la paracha, celui de Pharaon.

Nous allons d'abord expliquer ce que veut dire être libre, puis pourquoi Pharaon, en fait, a l'impression d'être plus libre puisqu'on lui a enlevé son libre arbitre.

Premièrement, quelle religion ou quel mode de pensée connaissez-vous qui dit que l'homme n'est pas libre ?

— L'islam.

Dans l'islam, il y a ce qu'on appelle le maktoub. Tout est écrit. C'est-à-dire que si moi je dois mourir maintenant, je dois mourir maintenant. Il y a des conséquences: si on demande, on dit « c'est écrit », donc tu vas à la guerre ou tu n'y vas pas, c'est écrit. Chez nous aussi on dit cela, mais ce n'est pas la même chose. C'est important pour voir la différence avec nous.

D'une manière générale, il y a deux manières de mourir dans le judaïsme. Il y a celui qui est arrivé à la fin de ses jours. La fin de ses jours ne veut pas dire la fin de ses jours biologiques, mais la fin du contrat qu'il a sur terre. Cela peut être un bon ou un mauvais contrat. On peut demander une prolongation, et cela arrive: ce sont les tefilot qui permettent de faire cela. Quelqu'un peut avoir une guezera sur lui, des gens prient pour lui, et tout d'un coup la guezera est annulée. Ce n'est donc pas quelque chose d'absolu.

Il y a une autre manière, qui n'a aucun rapport avec ton contrat à toi, et qui est en fait un contrat public: c'est ce qu'on appelle le korban tsibour. Quelqu'un qui meurt à la guerre, qui meurt dans un attentat, ce n'est jamais sa faute, ce n'est jamais son contrat, ce n'est jamais son compte à lui. C'est le compte du public. Ce n'est pas une mitsva, parce qu'il n'a pas de mitsva à tomber, mais il est mort pour kidouch Hachem. Il tombe pour le peuple, pour le clan. HaKadosh Baroukh Hou a arrangé l'histoire pour que les choses s'arrangent, il a toutes sortes de manières de réarranger l'histoire avec cette personne qui est partie.

Ce n'est pas le djihad, qui est la guerre sainte, mais se suicider en tuant des ennemis: c'est quelque chose de très grand, que l'on encourage dans l'islam. Quelle est donc la différence avec nous, qui encourageons les gens à aller à l'armée, et qui, s'il faut donner sa vie, la donnent ? Il y a une différence essentielle, que l'on appelle bedi'avad. Chez nous, si HaKadosh Baroukh Hou veut prendre notre vie, on lui dit: « Prends-la. » Tu vois ?

Chez eux, il y a un désir, si tu veux, de donner sa vie. Je n'ai pas parlé d'un individu, mais d'une religion. Quelqu'un peut être lié à cette religion sans la pratiquer ainsi. Oui, c'est très présent dans le Coran: il y a un encouragement, il y a un amour de cela. On le voit dans leur combat, dans leur religion, dans leur manière même de combattre. D'un côté, cela fait aussi des combattants redoutables, parce qu'ils n'ont pas peur de mourir: ils se disent que si je dois mourir, je meurs.

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