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Le péché par négligence, par révolte et par intention

Les trois mots du péché dans la Tefila (Chet, Avon, Pesha) et leur gradation selon Rav Kook.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La prière pour le retour de la Shekhina à Tsion, 46 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Étant donné que jusqu'à présent ça ne marchait pas, je vais reprendre très rapidement ce qu'on a dit sur la bénédiction de Sélah Lanou, la sixième bénédiction. « Pardonne-nous, notre Père, parce que nous avons péché. » Le mot Chet désigne la transgression par négligence. C'est-à-dire, par exemple: j'ai tué quelqu'un parce que je n'ai pas fait attention à ce que le fer de la hache soit bien emmanché. C'est une négligence coupable, mais je n'ai pas voulu tuer.

Le deuxième cas, c'est Avon. Avon, c'est la transgression voulue. J'ai transgressé parce que j'ai voulu le tuer, parce que je ne peux pas supporter ce type-là. Il m'énerve quand je le vois, ça me fait la rabia, alors je le tue. D'accord ? Ça s'appelle Avon.

Troisième possibilité, Pécha. Je me révolte contre l'autorité qui a dit: tu ne tueras point. C'est le plus grave.

Vous voyez ici, vous avez les trois formes, qui donnent dans le verbe hatanou, avinou, pachanou. Vous voyez que dans le texte de la tefila, on met ici le premier et le troisième. « Ahlanou Avinou », Kihatanou: pardonne-nous, notre Père, parce que nous avons péché par négligence. Avinou, c'est notre Père. Il y a encore l'idée de proximité. « Holanou Malkenou »: pardonne-nous, notre Roi. C'est quand j'ai fait quelque chose de plus grave. Il y a donc l'idée de distance. « Kippa Chanou »: lorsque je me révolte, parce que je me suis révolté.

Et l'intermédiaire, Havon, pourquoi il n'apparaît pas ? Hein ? C'est ça que tu voulais demander ? Ah bon ? D'accord. Pourquoi il n'y a pas écrit ici Havon ? Tout simplement parce qu'on met ici les deux extrêmes, ça implique l'intermédiaire aussi. Tu voulais dire quelque chose ? Toi, avec la kippa ? Oui ? Tu voulais poser une question ?

— Celui qui a l'ignorance, celui qui ne sait pas que la chose est interdite, alors il n'est pas coupable ?

— Non, il est coupable de ne pas avoir appris. Il aurait dû apprendre, mais ce n'est pas la même chose. C'est beaucoup moins qu'une négligence. Dans la négligence, je sais qu'il est interdit de tuer, je n'ignore pas. Simplement, j'ignore que je vais tuer. Ce n'est pas exactement la même chose, mais si on me demande: est-ce que tu sais qu'il est interdit de tuer ? Je dis oui, bien sûr.

Dans le cas d'ignorance, il tue. On dit: mais pourquoi est-ce que tu tues ? Eh bien, quoi, il y a un problème ? Voilà. Oui, vas-y.

— C'est moins grave, bien sûr.

— Oui ?

— C'est par la révolte. Méradine.

— Oui ?

— Donc il est absolument irresponsable ?

— Non. Ce n'est pas sa faute à lui. Il ne pouvait pas le savoir. D'accord ?

Exactement. Imaginez, par exemple, quelqu'un que l'on attache et que l'on jette sur un bébé, et le bébé en meurt. Qui est l'assassin ? Celui qui l'a jeté ? Mais ce n'est pas lui qui a tué, finalement, c'est le corps du type. « Oui, mais ce n'est pas moi. » D'accord ? C'était contre ma volonté même. Vous voyez: l'incapacité pour moi de prendre une décision.

Par exemple, il y a une règle à propos des dommages causés. Si quelqu'un cause un dommage pendant son sommeil, est-il responsable ou pas ? Ça dépend. La Michna dit: Adam hoveb 'olam, l'homme est toujours responsable, ben 'er ben yachen, qu'il soit éveillé ou endormi. Mais dans quelle situation ? Exemple: je vais m'endormir à côté d'un service de cristal. Il est évident que, lorsque je dormirai, je vais bouger un peu, je vais m'étendre, et donc je vais briser les verres. Donc je suis responsable, je dois payer.

Mais si, pendant mon sommeil, quelqu'un a mis à côté de moi des verres de cristal et que je les brise, je ne suis pas responsable. D'accord ?

— Pour ne pas avoir étudié ?

— Alors, s'il était capable d'étudier, il est puni de ne pas avoir étudié. D'accord ? Il y a eu la Torah, etc. Mais ce n'est pas par rapport à cet acte déterminé. C'est par rapport à son absence d'étude.

— Il ne pouvait pas savoir ?

— Il ne pouvait pas savoir, donc il n'est pas responsable. Oui ?

— C'est-à-dire que celui qui est dans le Pécha, ou dans le Avon, est dans la situation… Ah, tu veux dire dans l'intermédiaire. C'est un peu Avinou, c'est un peu Malkénou. C'est les deux, voilà. Oui ?

— D'ailleurs, dans les prières de Eloul et des Asseret yemei techouva, on dit Avinou, Malkénou, n'est-ce pas ?

— Euh, non, non, pas du tout. Avon, c'est dans la conscience. Prémédité, prémédité. Oui ? Oui ?

— Non, ce n'est pas la même chose.

— Par exemple, pas parce qu'il n'a pas appris.

— Oui.

— Par ignorance ?

— Oui. Non. Il ne sera pas puni. Il ne sait pas que c'est interdit.

Non, il sera puni de ne pas avoir appris. Ce n'est pas la même chose. Il ne sera pas puni pour cet acte-là. Donc, ça sera pire.

Il y a des situations dans la halakha. Dans la halakha, il y a ce qu'on appelle la fameuse expression: mutav shéyihyou shogguin vé'al yihyou mezidin. Il est préférable qu'ils soient shogguin plutôt que mezidin. D'accord ? Ce n'est pas toujours dit. Dans certains cas, on le dit; dans d'autres cas, on ne le dit pas. Il y a toute une littérature assez abondante autour de ça. D'accord ? Exactement.

Parfois, même quand on a le devoir de dire les choses, on a parfois le devoir de ne pas accomplir ce devoir. Imaginez, par exemple, que vous êtes rabbin de synagogue, dans un lieu où l'assimilation est galopante, 95 % d'assimilation. Vous organisez une prière, le Chabbat ou à Kippour, et comme vous êtes quelqu'un de très sympathique, tout le monde vient, en voiture, le Chabbat, avec les enfants. D'accord ? Alors qu'est-ce que vous faites ?

— Vous l'avez organisée.

— Il vaut mieux ne rien dire. Pour les autres, c'est simple, parce que sinon, ils sont perdus. Complètement. Ça ne veut pas dire que c'est autorisé. Si le fidèle vient vous voir et vous dit: « Monsieur le rabbin, est-ce que j'ai le droit de prendre la voiture pour venir à Kippour ? », vous lui direz non. Mais vous éviterez qu'il en arrive à vous poser la question. D'accord ?

— Oui.

Très bien. On peut continuer, donc. C'est plus clair maintenant. El tov veSalah ata, car tu es un Dieu bon et pardonneur. Ça veut dire quoi, que c'est un Dieu bon ? En français, on dit « le bon Dieu », n'est-ce pas ? C'est quoi, un Dieu bon ? C'est comment ?

— Ah, ça, bon, ça ne veut pas… ça veut dire bon. Et miséricordieux, ça veut dire miséricordieux.

— Mais « bon », ça veut dire quel est son but ? Quel est le… Non, ce n'est pas une question que je vous pose. J'explique maintenant. Je suis en train d'expliquer. Quand je …

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