Tefilat Hana : la prière de Hanna et l'engagement commun
Comment le verbe « aller ensemble » et la connaissance de l'autre fondent un projet et une identité hébraïques.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Shmuel, Eli et la rencontre de l'autre avant D-ieu, 1 h 01
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le verset 1 Samuel 1, 19: le rythme des verbes
Vous y êtes: Aleph, Aleph, Chmouel 1, c'est-à-dire premier livre de Chmouel, chapitre 1, verset 19. Je ne reviens pas sur ce qu'on a fait, cela doit être su et entendu, d'autant que vous avez la possibilité de réécouter les cours. Vayashkimu baboker, vayishtachavu lifné Adonaï, vayashuvu, vayavou el beitam, Ramata. Ce n'est pas la fin du verset, je m'arrête là, parce qu'il y a ici une suite.
Ce sont des verbes qui se ressemblent dans leur déclinaison, des verbes qui se suivent, et leur enchaînement précipité nous fait entendre qu'il y a un engagement plein et entier d'Elkana avec Hana. Je relis: vayashkimu, ils se sont levés;
vayishtachavu, ils se sont prosternés; vayashuvu, ils s'en sont retournés; vayavou, et ils arrivèrent à leur maison, à Rama. Il y a donc ici une suite de verbes qui viennent marquer un rythme dans l'événement dont on veut nous témoigner, la partition. Quand je dis vayashkimu baboker, je vous l'avais expliqué: on peut se réveiller le matin, on peut se lever le matin, mais on peut aussi faire autrement que se réveiller ou se lever. Je rappelle que le verbe lehashkim a pour racine shékem, l'épaule: c'est votre décision personnelle
de faire du jour qui est le vôtre. Vous en êtes le sujet et non pas l'objet; c'est vous qui en êtes les maîtres, et non pas le jour qui fait de vous des objets de son histoire. C'est le contraire du concept malheureux de la grasse matinée, où la matinée, étant grasse, ne fait que convoquer les hommes dans un état de lourdeur insipide dû à la surabondance de graisse cérébrale. C'est clair. Vayashkimu baboker, cela veut donc dire cela.
Mais cela, c'est tous les jours, je veux dire: tous les jours, vous décidez, oui ou non, de vous engager. Vayishtachavu, vayashuvu, vayavou: ici, le pluriel. Depuis qu'ils se sont levés de bon matin, jusqu'à ce qu'ils se prosternent, qu'ils se mettent en chemin pour revenir et qu'ils arrivent à la maison, ils le font ensemble. Vayelchu sheneihem yahdav. Où avez-vous entendu une telle expression ? Au moment de la Akédat Yitzhak, quand Yitzhak est là, et qu'Abraham est conscient de l'événement qui va se dérouler: vayelchu sheneihem yahdav, ils allèrent tous deux ensemble.
Il y a une coordination ici, un événement qui suit l'autre, et dans cet événement qui suit, il y a ce phénomène essentiel: ils allèrent ensemble. Hana, dans la douleur qui est la sienne, dans la souffrance qui est la sienne...
À tous les retardataires des rendez-vous de l'Histoire... Vayashkimu, vayishtachavu, vayashuvu, vayavou. Nous sommes dans le livre de Chmouel 1, chapitre 1, verset 19. Ce que je retire de ce rythme, mes enfants, c'est d'abord le fait qu'ils allèrent ensemble. Lorsqu'il y a un projet, le projet doit nous amener à aller ensemble. Je ne vais pas m'étendre sur le fait que, lorsque je dis « ils allaient ensemble », cela ne doit pas se produire simplement dans les états de crise, dans les drames de l'histoire, là où le masculin et le féminin se rencontrent et permettent une démarche commune.
Nous n'avons pas besoin d'attendre les moments dramatiques, tragiques de notre histoire pour aller ensemble. Que ceux qui veulent entendre derrière mes propos une leçon contemporaine puissent l'entendre, bien entendu, mais je reste attaché à mon texte. Vous entendrez tout au long de ce cours d'aujourd'hui des relents et des occurrences de la souffrance qui est la nôtre.
La suite du verset 19: « Elkana connut sa femme. » Attendez, cela fait dix ans qu'ils sont mariés. Lorsque j'emploie le verbe yada, c'est le même yada qui est écrit lorsque Adam connaît Ève. C'est parce qu'il y a une pleine reconnaissance de l'essence de ce qu'est l'autre qu'il y a une possibilité de relation physique, et ici, dans ce cas précis, la relation physique d'Elkana avec Hana est la conséquence de cette connaissance profonde de l'autre. Je me lis et je me relis dans ma relation sexuelle, avec aussi la substance de l'être. C'est-à-dire que ce n'est pas simplement l'attirance physique, nécessaire mais non suffisante, car en fin de compte, ce qui fera de cette relation une relation à long terme, c'est la relation à la substance qu'est l'autre.
Est-ce que c'est clair, ou avez-vous des questions à ce sujet ? La véritable construction, dans ce couple comme dans tous les couples, se fait à travers la connaissance et la reconnaissance de l'autre dans la substance qu'il possède. « Je t'aime pour ce que tu es, et non pas pour ce que je voudrais que tu deviennes. » Que cette phrase vous sonne à tout jamais dans les esprits vagabonds qui sont les vôtres. Je t'aime pour ce que tu es et non pas pour ce que je voudrais que tu deviennes. À l'élève, garçon ou fille, qui me dit: « Mais moi, je voudrais le rendre plus ceci ou plus cela »: non !
Lorsque le Je rencontre le Tu, et que le Je a des demandes ou une exigence vis-à-vis du Tu, et vice versa, la conclusion amoureuse sera que nous allons essayer de faire de nous-mêmes ceci ou cela. Mais jamais le Je vis-à-vis du Tu, ni le Tu vis-à-vis du Je, sinon ce sera un didactisme, une espèce de dictature amoureuse. Lorsque le Je rencontre le Tu, c'est pour que nous changions, pour que nous évoluions, pour que nous soyons ce à quoi nous pouvons nous inspirer, ensemble. Vayelchu sheneihem yahdav: on reste dans le même principe.
La force de la pleine expression de ce qu'est l'être dans sa substance ne pourra être révélée que lorsque l'homme aura été capable d'une pleine rencontre avec lui-même, et en l'occurrence avec autrui, avec sa famille, avec sa tribu, avec son peuple, avec sa nation, avec l'humanité. Ce sont les deux; mais cela commence par cette rencontre. Avant de dire qu'Elkana connaît Hana, il a fallu qu'Elkana se connaisse lui-même. C'est-à-dire ? C'est l'idéal. Je parle de l'idéal. Vous avez raison: dans la réalité, il y a ce à quoi j'aspire, il y a ce que j'ai pu trouver ou réaliser, mais cela ne vous empêche pas de rester dans l'aspiration à la réalisation d'un idéal. C'est-à-dire ? Il faut croire dans l'idéal. Si vous perdez cette émouna dans l'idéal, il y aura de moins en moins de rencontres possibles avec vous-même, si ce n'est, en l'occurrence, avec autrui.
C'est quelque chose de très important, oui, parce que la finalité de la rencontre de l'homme et de la femme, c'est de retrouver l'être premier, qui n'était qu'un. Lorsque Dieu a créé les fleurs et le bœuf, il a créé une fleur à sexualité féminine ou masculine, et le bœuf, il a pu le créer vache, ou taureau, c'est pareil. Mais l'homme a été créé dans une nature androgyne. À cela, le Kédouchat Lévi, Rabbi Yitzhak Meir Alter, dans son livre, répond à la question: pour quelle raison avoir créé cet être androgyne, alors que tu aurais pu, comme le monde animal ou …
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