Elkana, Hanna et la matrice fermée dans Chmouel
Lecture du début de Chmouel : le vav inversif, la nostalgie du passé et la faute des fils d'Eli à Chilo.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Shaoul, le chemin vers la royauté et la Torah, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Et nous commençons à lire, à expliquer, à expliciter. Comme je l'ai dit, il va falloir que nous soyons capables, au-delà des mots, au-delà des lettres qui composent le mot, au-delà des mots qui composent la phrase, et au-delà des phrases qui composent le texte, d'être capables d'écouter
et de lire les blancs qui les séparent, afin que nous puissions entendre les non-dits, capables de transcender l'écriture qui, elle, voudrait simplement dire. Quand on ne comprend pas, on lève la main, on interpelle. Nous sommes ici pour écrire, le temps d'une heure de cours, un chef-d'œuvre qui ne devra pas être en péril, mais en demeure de devenir. C'est clair ce que je dis ?
Donc, peu m'importe ce que vous faites avant et après. Ici, il est question, à travers le texte essentiel du peuple d'Israël, d'élaborer un véritable chef-d'œuvre. Tu me déranges quand tu parles.
C'est dans le texte, pas sur mon visage. Je traduis pour ceux qui sont encore analphabètes.
Qui habitait à Ramataïm Tsofim, sur les montagnes d'Ephraïm, son nom était Elkana, fils de Yeroham, fils de Tohou, fils de Tsouf, originaire de la famille des Ephraïmites. Lui avait deux femmes: la première se nommait Hanna, la seconde se nommait Pninna.
Pninna lui donna des enfants, Hanna non point. Il n'y a pas de Tanakh ? C'est là-bas. Dans le texte. Il faut que… Je vous ai dit.
Les lèvres sont des… les lèvres. Les lettres sont des… bon, les lèvres, oui, c'est pour exprimer. Les lettres sont des notes, les mots des temps, les phrases des mesures, les textes des symphonies fantastiques, ou ce que vous voudrez. Ensuite, il faut être capable d'entendre la musique qui se joue à travers ces termes. Premier terme que je vous demande d'apprendre, et qui est une clé axiomatique de la connaissance biblique littéraire: l'ouverture de Chmouel se fait par Vayehi.
C'est la composition de deux termes: le Vav et le Yehi, verbe être, voulant dire « cela sera ». Le Vav ici n'a pas le rôle d'une conjonction de coordination, comme le et donc, Ornikar.
Mais le rôle d'une conjonction de conversion. C'est donc que lorsque je dis Yehi, « cela sera », ce n'est pas la même chose que lorsque je dis Vayehi, étant donné que le Vav, conjonction de conversion, va transformer le futur du verbe qui la suit en un passé. À cela, nos sages, dans l'exégèse biblique, le Midrach, viendront et nous diront: tout texte qui commence par Vayehi n'est prometteur que de choses désespérantes, négatives, qui ne présagent rien de très illuminant pour le devenir de l'homme. C'est donc qu'il y a une douleur, une souffrance inhérente.
Et après ces événements-là, l'Éternel met à l'épreuve Abraham. Bien, vous voyez le Vayehi. Il nous emmène vers la souffrance et la douleur d'un père qui devra prendre son enfant,
et peut-être le sacrifier. C'est-à-dire, ce que je vais t'expliquer maintenant. Tu m'as précédé. Mais avant, oui, deuxième question ? Non, c'est bien ce qu'on va étudier. Toi aussi, tu mets les chevaux avant la charrue. Laissez-moi vous expliquer, c'est dans une heure qu'il faudra me dire, mais vous ne nous avez pas dit ceci. Donc, pour répondre à la question de David—
Ron se lira. Pour répondre à la question de Ron, il faut que vous compreniez la relativité qu'il y a avec l'autre formulation. Car, de la même manière que les textes commencent par Vayehi, bien souvent ils commencent par Véhaya. Dans le cas de Véhaya, nous parlons de la même conjonction de conversion
qui va transformer le haya, qui est le verbe être au passé, en un futur. Réponse à la question de Ron: car les sages de l'exégèse biblique viennent ici et nous disent que lorsqu'un texte commence par Véhaya, il présage, il présume d'un meilleur devenir. Claire ? Bien. La réponse est—
pour Aaron, mais pour tout un chacun: dans Vayehi, un langage qui ne présume rien de bon dans le propos ou l'événement à venir. Pourquoi ? Parce que le Vav va transformer le futur en passé, c'est ce que je vous ai dit. Dans votre existence, à chaque fois que vous transformerez le futur en un passé qui est déjà passé,
c'est-à-dire que vous vous attacherez à l'événement nostalgique pour ce qu'il est. La nostalgie vient faire référence ici à la transformation du futur en passé. Est-ce que c'est clair ce que je viens de dire ? Celui qui n'est capable que de voir dans deux mains qu'hier—
Exemple: ma grand-mère, lorsqu'elle est arrivée d'Algérie, mais toutes les grands-mères de ceux qui sont arrivés d'Algérie avaient un terme leitmotiv dans leur dialectique angoissée: Yahasra. Ça voulait dire: « ce fut le bon temps ». Non ? Arrête de prendre tes rêves pour des réalités.
Mais, ignoble Homo sapiens que tu es, essaie de faire de ta réalité un rêve, et tu ne seras plus nostalgique. Le Véhaya transforme le passé en futur, oui, parce que vous êtes, parce que nous sommes Névi'im, Bné Névi'im, prophètes, fils de prophètes, capables de tirer les leçons du passé, et dans un futur prophétiquement révélé, la symbiose des deux se réalise:
le présent existentiel. Qu'est-ce que vous croyez ? Vous étiez venus au Machon Meir pour simplement vous cirer les pompes ? Je vous ai dit, on est en train d'écrire un chef-d'œuvre. C'est-à-dire que dans la volonté d'étudier tel que nous étudions, nous refusons le régime de la cancrologie et de la cancratie, c'est-à-dire le cancrelat par excellence. Nous ne sommes pas des cancres. Nous voulons faire de notre réalité un rêve,
vivre notre quotidien comme ces dessinateurs qui, par les traits qu'ils vont tracer sur la feuille, sont capables de dessiner le croquis de cette image qui deviendra un véritable chef-d'œuvre, parce que le reflet de ce qu'il est en son âme est conscience. Ça vous plaît ? Ça doit vous pénétrer à l'intérieur. Yafé. Vayehi, c'est clair ?
Quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas clair ? À chaque fois, la nostalgie n'est pas positive. Elle n'est pas engageante, elle n'est pas prometteuse. Ce qui engage, ce qui promet, c'est la volonté de construire et de faire pour devenir. On peut avoir un regard vis-à-vis du passé, mais le seul regard que tu peux avoir vis-à-vis du passé, c'est d'en tirer les leçons. Chez le prophète, les leçons du passé…
La symbiose entre la leçon et la révélation va faire qu'aujourd'hui
va devenir un présent le plus existentiel. Ça veut dire quoi ? Tu vas t'asseoir et bûcher. C'est plus clair maintenant ? Yafé, il faut que tu intègres, que tu digères, et après tu la places, hein ? La leçon et la révélation. Tu peux me dire ce que tu as, s'il te plaît, parce que je n'aime pas les messes basses. Quelle est ta question ? Alors écris-la, quand tu l'auras tu me la fais passer. On a les leçons du passé à tirer. Pour quelle raison ?
Pour quelle raison sommes-nous arrivés à une telle eschatologie de notre histoire ? Comment se fait-il que le Temple a été détruit ? Ça, c'est la leçon du passé. …
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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