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Paracha Balak (05/07/11)

59 min

Rav Yossef David

Ensuite : Paracha Bamidbar (19/05/09), 1 h 04

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est bien, je peux en parler de vous au pluriel. Donc, Parachat Balak. Prenez votre Houmach. N'oubliez pas, vous n'avez pas de Houmach, je vais vous tuer. Vous n'avez pas de Houmach ? Alors, Parachat Balak, paracha super bizarre. Elle est complètement différente du reste du livre de Bamidbar, dans la mesure où, finalement, pratiquement tous les personnages qui parlent ici sont des non-Juifs.

C'est toute l'histoire de Balak et de Bilam, une histoire qu'on aurait pu ne jamais connaître. Finalement, il y a quelqu'un qui vient pour nous maudire. D'accord, c'est l'histoire de Balak, Bilam, il vient, il essaie, et ça ne marche pas. Et alors ? Nous, on ne l'aurait jamais su. Pourquoi ne l'aurait-il pas raconté à Moshé Rabbénou ? On ne l'aurait jamais su. Mais il y en a plein, des comme ça. Des gens comme Bilam, des tentatives de détruire le peuple juif, il y en a plein. Toutes ces tentatives-là, avec plein de détails, ce qu'ils font, où ils vont. Et tout ça, on n'y est pas. Ça se passe sur une montagne, loin de chez nous.

Et donc, tout d'un coup, on se rend compte que cette paracha vient forcément nous indiquer des choses, nous apprendre des choses, parce que, a priori, tout ce que dit Balak n'interfère pas avec nous. Ça, il nous fait des brachot. Bon, on est contents quand on a des brachot, parce qu'il y a beaucoup de gens qui nous en ont donné. Yaakov nous en a donné, Moshé nous en a donné. Franchement, les bénédictions de Bilam, d'accord, mais ce n'était pas vraiment son intention de nous bénir. Donc, paracha un peu différente, un peu surprenante. Et on va essayer de voir ce qu'elle vient amener.

Alors d'abord, premier renseignement dans la paracha. Renseignement du Rav Zéni: il y a deux parachiot dans la Torah qui portent le nom d'un non-Juif. Ce sont Yitro et Balak. Pourquoi ces deux parachiot-là ? Le Résumé dit que ce sont les deux parachiot les plus centrales de la Torah. Qu'est-ce qu'il y a de central dans Yitro ? Ah, euh, Ezra. Ezra, prophète. Enfin, c'est donné plus ou moins selon la même règle. Il y a une règle qui fait toujours sortir le nom de la paracha. Celui qui

a fait le découpage des parachiot, c'est Ezra. La règle, elle, fait sortir le nom de la paracha, non. Ce que les chrétiens ont fait au Moyen Âge, c'est le découpage en chapitres. Le découpage en chapitres de la Torah a été fait par les chrétiens, et il n'y a donc aucune Guematria dedans. Tu ne verras pas de Hakhamim faire des drachot sur les numéros des pessoukim. Peut-être trouverez-vous un truc comme ça, mais généralement ça n'existe pas. C'est pratique, ces chapitres sont imprimés, mais il n'y a pas

de Guematria dedans.

Par contre, les parachiot, c'est un Prophète qui les a séparées, donc elles ont une importance pour nous. Deux choses essentielles se trouvent dans ces deux parachiot. Parachat Yitro, c'est Matan Torah, les dix commandements. Et Parachat Balak, c'est là qu'on va apprendre un passage très, très important, peut-être le plus difficile à avaler pour la Torah, et on en a déjà parlé: Am levadad yishkon oubagoyim lo yithachav. C'est-à-dire que le peuple juif est un peuple totalement différent des autres nations, et on ne peut pas le compter parmi les nations. C'est le verset central de la paracha Balak, c'est la bénédiction centrale de Bilam, et elle se trouve dans Parachat Balak.

Pourquoi justement ces deux parachiot-là ? Parce que quand il y a quelque chose d'important à dire, si tu dis: Moshé a dit ça, les Juifs disent: ah ouais, d'accord, on aime bien Moshé. Mais si tu veux vraiment les convaincre que c'est important, tu dis: les Goyim ont dit ça. Là, ça devient beaucoup plus important. Très souvent, le fait que des non-Juifs apposent leur tampon sur quelque chose que nous disons va convaincre beaucoup plus des Juifs qui ne sont pas forcément très religieux. Quand tout d'un coup

quelqu'un fait une découverte scientifique, qui montre que telle ou telle chose dans la Torah était vraie pour telle ou telle raison, les gens restent super contents, super fiers. Nous, ça ne nous fait rien. On s'en moque. Ils vont trouver quelque chose, et après ils vont en trouver autre chose. Ce n'est pas ça qui va changer notre émouna. Mais il y a des gens pour qui c'est très important.

Par exemple, le Rambam, quand il a écrit son livre Moré Nevoukhim, tu peux prendre des notes. Le Rambam, quand il a écrit Moré Nevoukhim, n'amène pas une source de Chazal. Il n'amène pas un midrach, il n'amène pas un mot de rabbi Akiva. Et il explique dans l'introduction de la deuxième partie: si je n'ai pas amené jusqu'à présent de Hakhamim, et si j'ai amené Aristote, Socrate, Thalès et consorts, ce n'est pas parce que ces gens-là ont amené un khidouch quelconque. Mais tout ce que j'ai marqué au

nom d'Aristote et des autres, on peut le trouver chez rabbi Akiva, rabbi Meïr, rabbi Tarfon. Ce sont ces paroles-là. Mais si je veux qu'on m'écoute, à qui écrit-il Moré Nevoukhim ? Il écrit à des gens qui étaient nevoukhim, des gens égarés. Le guide des égarés. Il s'adressait à des gens qui étaient académiciens, des gens qui étaient ingénieurs, docteurs, enfin, ce qu'il y avait à l'époque, mais qui n'étaient pas religieux, pas très religieux. Et il leur a parlé dans leur langage.

Donc les Hakhamim n'ont pas de problème à faire ça: amener au nom de telle ou telle personne, même si ce sont des messages pour nous. Si ça veut être écouté, il n'y a pas de problème. Donc HaKadosh Baroukh Hou, quand il a voulu nous donner un message, comme l'explique Rachi, qu'il voulait qu'on sache qu'il y avait un message spécial à retenir, il l'a mis dans la paracha de Balak. C'est par Bilam, un non-Juif, qu'il nous dit: vous savez, vous les Juifs, vous êtes spéciaux. C'est bon, c'est normal, toi aussi tu es juif. Mais le fait que ce soit Bilam qui le dise, quelqu'un qui ne nous aime pas, ça prend tout à fait une autre importance.

Et donc, cela explique pourquoi Matan Torah, qui est quelque chose d'extraordinaire, imaginez un Kadoch Baroukh Hou qui se dévoile sur terre et fait le don de la Torah. Et Am levadad yishkon. Les deux ensemble. La personne qui a les deux, c'est-à-dire qui sait que Am Israël est un peuple spécial, qui ne peut pas compter parmi les nations, et qui sait qu'on a reçu la Torah, celle-là a tous les éléments pour avancer dans sa vie spirituelle. Parce que s'il n'y en a qu'un, ça ne suffit pas. Quelqu'un qui sait uniquement que c'est un peuple spécial va développer un national laïque, mais qui ne tiendra pas la route. Comme vous avez vu, le national laïque en Israël n'a pas tenu la route. Et quelqu'un qui n'a que le religieux, sans le national, va peut-être louer Hachem, mais tout ce qui est national, et même les rapports avec …

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