La troisième bénédiction du Chema, Emet Veyatsiv
Pourquoi la vérité et la beauté vont ensemble, et ce que signifie Emet, Yatsiv et Gaal Israël.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La résurrection des morts, cœur de la deuxième bénédiction, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Je crois que nous avons fini la troisième paracha du Chema sur le Tzitzit, n'est-ce pas ? Je crois qu'on a étudié ça. Il nous reste donc, pour compléter le Chema, la dernière bracha. Cette dernière bracha est historique. On a vu qu'il y en avait trois, n'est-ce pas ? Celle de Yotzer HaMeorot, puis celle d'Asher bahar banou mi-kol ha-amim (Aboukher Barmo Yisrael Be'Avah), ou Ahavat Olam, et la troisième, qui commence par le mot Emet et finit par Gaal Israël.
Ça, c'est la troisième. La première et la deuxième parlent de la manifestation de Dieu, soit dans la nature, soit dans la Torah. La première, dans la nature: Yotzer HaMeorot comprend également la nature spirituelle, les anges, tout ce qui s'ensuit. Et puis la Torah avec tout ce qu'elle implique, l'élection d'Israël. Ensuite, il y a l'intervention d'HaKadosh Baroukh dans l'histoire.
Dans l'histoire, c'est la manière dont les principes du Chema Israël se traduisent dans la réalité historique. Donc ça commence par Emet, qui est la vérité, et ça finit par l'application de cette vérité, Gaal Israël, le sauveur d'Israël. Vous suivez tout ce que je dis ? Oui ? C'est clair ? Bon, d'accord.
Il y a ici seize mots qui ouvrent la dernière déduction: Emet. Seize louanges. C'est-à-dire que ce que nous venons de dire est à la fois vrai, véritable, assuré, etc. Tout cela se réfère à ce qui a été dit jusqu'à présent: tout cela est vrai. Le premier des seize mots, c'est Emet. Le dernier, c'est Yafé, ve-Yafé, n'est-ce pas ? Beau.
On dit souvent, avec un certain sens de l'humour, que le vrai et le beau sont des opposés. Il n'y a rien de plus éloigné de la vérité que le beau, et du beau que la vérité. La vérité n'est pas toujours belle, et ce qui est beau n'est pas toujours vrai, n'est-ce pas ? C'est joli comme boutade, mais c'est exactement le contraire de l'intention de la bracha.
Parce que la bracha ajoute ici quinze fois la lettre vav: Emet ve-yatsiv, ve-nahon, etc. C'est-à-dire que c'est tellement vrai que c'est également nahon, c'est également kayam, c'est également yachar, etc. Et c'est tellement vrai que c'est même beau. C'est le maximum de la vérité. Il y a une expression employée chez les Grecs, en particulier chez Platon: kalos kagathos, beau donc bon, ou beau donc vrai.
C'est un peu surprenant, parce que quelque chose peut être vrai sans être beau, et quelque chose peut être beau sans être vrai. Mais ça, c'est parce que nous sommes dans un état du monde, dans un niveau d'être extrêmement bas. Dans la vérité absolue, le vrai et le beau sont obligatoirement ensemble. C'est pour ça qu'il y a le vav: c'est tellement vrai que c'est même beau. C'est pour qui ? C'est pour moi ? C'est trop bon. Merci, merci.
Donc il y a une expression comme ça, que le Rav Soloveitchik de Boston employait. Il disait: pour les Grecs, ce qui est beau est vrai; et pour les Juifs, ce qui est vrai est beau. Il y a même un point de rencontre quelque part. Dans un état du monde où tout est en désordre, il y a une séparation de la vérité et de la beauté. Mais dans un état du monde d'harmonie, vérité et beauté vont ensemble.
Souvent, on se dit, quand quelque chose emporte notre conviction de façon extraordinaire: c'est tellement vrai, c'est tellement beau. Parce que s'il y a une véritable harmonie entre les parties, alors il y a un accent de vérité qui fait qu'on sait que c'est vrai, n'est-ce pas ? C'est ça que la révélation d'Israël nous donne: l'assurance que c'est vrai et l'assurance que c'est beau.
Il y a un texte de la Guemara. On parle d'un entretien entre Rabbi Yehoshua, le grand Rabbi Yehoshua, le fameux Ben Hananiah, qui était un grand sage et qui fréquentait la cour impériale de Rome. Rabbi Yehoshua, qui était un grand sage, était également laid. Il n'était pas beau à voir.
La fille de l'empereur a dit à Rabbi Yehoshua: « I chokhmah mefoharah bikhlim chohar », « Comment peut-il y avoir une sagesse tellement splendide dans un réceptacle tellement laid ? » Alors il lui a répondu: « J'ai une idée pour toi. Le vin de ton père, de l'empereur, j'ai entendu dire qu'il est dans des amphores en terre cuite. » Il ne le dit pas, mais comment ? D'argile, quoi. Terre cuite. Ça ne se fait pas. Le vin mérite d'être mis dans des ustensiles d'or. Elle a fait transférer le vin dans des ustensiles d'or, et le vin a tourné. Il lui a dit: tu vois bien, la sagesse a besoin d'un réceptacle rugueux, pas beau. Sinon, la sagesse part.
La Guemara pose une question sur ce texte: nous avons vu qu'il y a des hachamim qui sont beaux. La Guemara répond: oui, mais s'ils étaient laids, ils auraient été encore plus sages. C'est comme si la laideur aidait à recevoir la sagesse. Bizarre, non ? Bon, d'accord. Mais pourquoi le Saint, béni soit-Il, ne serait-Il pas beau aussi ? C'est comme s'il y avait une sorte d'opposition.
Il y a un texte qui dit exactement le contraire de ce que je vous ai dit: c'est le texte à propos de Rabbi Yochanan. Rabbi Yochanan était très beau, beau gosse comme ça. Il était tellement beau qu'il resplendissait et illuminait l'obscurité. On raconte qu'un jour il est allé rendre visite à Rabbi Elazar, son élève, qui était malade. Rabbi Elazar était dans une pièce qui n'était pas éclairée. Il n'avait pas d'argent pour se payer l'éclairage de la salle. Il était donc dans l'obscurité.
Rabbi Yochanan a relevé sa manche, et il y a eu tellement de lumière que la pièce a été illuminée. Rabbi Elazar s'est mis à pleurer. Rabbi Yochanan lui demande: pourquoi pleures-tu ? Est-ce parce que tu as des souffrances ? Moi aussi j'ai des souffrances, dit-il. Effectivement, Rabbi Yochanan avait perdu dix enfants: une souffrance terrible. Est-ce que tu pleures parce que tu n'as pas assez étudié la Torah ? Écoute, chacun fait ce qu'il peut. Ehad ha-marbe, ehad ha-me'it, koumit vach, yechaveh, nibou la-shamaim: que l'on fasse beaucoup ou que l'on fasse peu, l'essentiel est d'orienter son cœur vers le Ciel. Est-ce parce que tu n'as pas eu de richesse ? On ne peut pas tout avoir. La Torah et les richesses à la fois, ça n'existe pas. Enadam, neenam, nishteshul khanot: on ne peut pas manger à deux tables différentes en même temps.
Rabbi Yochanan dit: enfin, je ne vois pas pourquoi tu pleures. Rabbi Elazar lui répond: non, j'ai pleuré pour autre chose, à cause de ta beauté qui disparaîtra dans la poussière. Rabbi Yochanan était tellement beau, et l'idée que cette beauté allait disparaître, qu'il allait un jour mourir et être enterré, c'est ça qui a fait pleurer Rabbi Elazar. Et Rabbi Yochanan lui a répondu: « Ça, c'est vrai. Pour ça, ça …
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