Le ratzon tov, volonté profonde de l'âme dans la techouva
Comment la techouva libère la bonne volonté de l'homme et change le cours de sa vie, selon le Rav Kook.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : La techouva, la prudence et le lien avec la Torah, 46 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On revient sur notre chapitre Tête, qu'on a déjà commencé la semaine dernière. Ce chapitre, dans nos éditions d'Oretzion, se trouve à la page Samekh Guimel. Le titre, je vous le rappelle, est Erech HaRatzon Ba'Techouva. Nous traduisons cela par la valeur, l'importance, ou le genre de volonté. Le mot Erech peut être compris de différentes façons. Erech veut dire valeur, mais cela peut être dans le sens de l'importance, ou bien la dimension de la volonté qui se révèle à travers la techouva.
On avait vu la dernière fois le premier paragraphe, et dans ce premier paragraphe, le Rav insistait énormément sur le fait que toute la dynamique de la techouva, c'est finalement de libérer chez l'homme son potentiel de bonne volonté. Le Rav appelle cela très simplement Ratzon Tov.
Revenir constamment sur cette bonne volonté: on verra dans la suite de ce même paragraphe que le Rav situe cette bonne volonté dans l'essence même de l'âme. C'est l'expression même de l'âme. Et le Rav insiste aussi sur le fait que cette bonne volonté de l'homme, acquise à travers son mouvement de techouva, lui permet de changer le monde dans lequel il vit.
Cela se fait d'une façon logique: la bonne volonté met en marche les capacités qu'il porte en lui, et il agit. Mais il y a aussi quelque chose qui va plus loin, à un niveau spirituel presque mystique: l'être qui porte en lui une bonne volonté est appuyé par le ciel, et une réussite accompagne cette puissance spirituelle, cette bonne volonté qui est sortie dans le monde et que Hachem bénit.
Autour de cet être de bonne volonté authentique s'installe une réussite qui fleurit autour de lui. Voilà un peu le texte que l'on avait vu la dernière fois. Je prends la suite de ce premier paragraphe à la page suivante, Samekh Dalet.
Je reviens encore sur la façon dont on doit essayer, ensemble, d'aborder les textes du Rav Kook. Le Rav Kook est un homme immense, qui est parvenu à réaliser une vitalité extraordinaire. Pour nous, et même pour lui, une partie de sa pensée est présentée en termes d'idéal. Notre rencontre avec cet homme est donc, c'est certain, une rencontre de l'ordre de l'idéal.
D'un côté, il est extrêmement important de comprendre la direction dans laquelle on va, et de savoir qu'il y a des êtres humains qui sont arrivés, lui par exemple, à vivre ces dimensions-là. C'est certainement authentique chez lui. De notre côté, on est souvent dépassé par l'immensité et la grandeur de ce qu'il présente et de ce qu'il vit, mais cela fait beaucoup de bien et nous permet d'évoluer. Il est très important d'avoir devant nous un idéal, même si ce n'est pas tellement à notre portée immédiate.
Au point de vue spirituel, le monde spirituel est construit de buts qui sont devant nous, et de réalités que l'on atteint peu à peu. C'est un programme d'ascension qui se présente devant nous. Une grande partie des textes d'Orot HaTechouva est la rencontre avec un être très grand, mais qui est en même temps conscient qu'il s'adresse à nous. Il ne faut pas tomber dans l'illusion que ce qui est écrit ici s'adresse à d'autres que nous. Le Rav sait très bien que cela s'adresse à Am Israël, à nous, même si c'est très haut.
Il y a donc un effort, dans l'étude de ces textes, pour voir ce qui peut se transformer en vie présente, actuelle, à partir de ces très grands textes et de ces grands idéaux. Il faut le faire, il faut faire l'effort. Alors je reprends le texte.
Shé'or agadim ha-yoter pnimi, ha-yessod ha-hai, ve-ara'i, ha-atzmiyout, ha-gemoura, shel ha-neshama. Oumi-toh, shé'harat-zon ha-kavoua le-tova, al yedei ome-ka shel ha-techouva, nikva a-tov, be-amitata shel ha-neshama oumahuta. Oumi-mela, kol ha-amshachot ha-toladot, kol zera, shé-ba'al techouva shelemet mevi la-olam
Le Rav commence par nous dire un peu ce que je voulais dire, au niveau de cette bonne volonté qui rejoint l'essence de l'âme.
La puissance de cette techouva que l'homme fait, c'est la volonté dans sa profondeur, la volonté de la profondeur de la vie, quelque chose qui touche le fond de l'existence. Ce n'est pas une volonté superficielle, que nous connaissons aussi dans notre vie. On peut être animé, dans certaines parties de notre vie, par un côté très superficiel, très sensuel, parfois très charnel ou très extérieur. J'ai envie d'un bonbon, par exemple: cela peut être très extérieur. Et puis il y a des dimensions beaucoup plus profondes, qui sont essentielles chez l'être.
Le Rav dit que la techouva s'adresse à ces dimensions les plus profondes de notre être, au niveau de notre volonté, c'est-à-dire le mamash, le substrat de notre volonté. Pas cette volonté extérieure, faible, qui ne touche que la surface de l'être, mais cette volonté qui est le cœur, le noyau le plus intérieur, la base de notre vie. Le Rav désigne cela, en pleine conscience, comme atzmiyout, l'essence, l'essence même de notre âme, la neshama. Cette bonne volonté qui se révèle à travers la techouva libère quelque chose qui est profondément en nous, qui est l'essence de la neshama. C'est elle qui apparaît.
L'être qui fait techouva veut, au fond, libérer son âme pour vivre avec elle. Il donne une priorité à son âme, à la sensibilité de son âme. Cela le fait évoluer, cela l'oblige à évoluer, c'est certain. Il faut qu'il soit à la hauteur de l'exigence de cette âme. Mais il vit une relation avec cette âme. Il participe à la sensibilité de cette âme, à sa joie. Il participe à un type de vitalité auquel il n'a pas droit s'il ne permet pas à cette âme d'apparaître. C'est un couplage avec son âme qu'il vit pleinement.
Toute cette sensibilité de l'âme, toute cette intuition de l'âme, toute cette bénédiction qui touche l'âme, l'homme y participe quand il permet à cette âme de prendre possession de son être. Dans les grands textes, quand on parle de la relation entre l'âme et l'homme, par exemple dans des textes qui décrivent, sous un regard profond, le Kheth d'Adam Harichon, la suite, Sokhret de Tanakh, se traduit par exemple par le départ d'âmes qui n'existent plus en lui. Elles s'en vont. Ou bien une âme qui vivait profondément chez cet être s'éloigne de lui: il ne subsiste que les contours extérieurs de cette âme chez l'être, et l'essentiel de l'âme ne vit plus en lui, il est en dehors de lui. La faute, finalement, rejette cet homme.
Le contraire: la techouva et les Mahasim Tovim permettent à nouveau à cette âme de réhabiter l'être avec toute sa sensibilité et sa force.
Je continue. Je suis à la quatrième ligne de la fin de ce paragraphe: « Oumitoh shé-haratzon ha-kavoua al ha-tova ». À travers le fait que cette volonté chez l'homme qui a fait techouva est installée, fixée vers le bien, vers le Ratzon HaTov,
à travers la profondeur de cette techouva, nikva ha-tov, cette notion de bien est fixée dans l'essence. Le Rav appelle cela la vérité de son âme et de son essence. Je ne sais pas si cela …
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