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Birkat Kohanim et la paix intérieure selon Rav Kook

Le sens de la bénédiction des Cohanim, de la bénédiction de Hachem en matériel et de la paix comme plénitude intérieure.

44 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les téfilines en galout, mitsva nationale selon Rachi, 38 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ouverture et rappel de la prière

Vous excuserez mon apparence un peu épavienne. Enfin, c'est le cas. Y compris nos auditeurs et téléspectateurs qui nous regardent de loin et qui se rendent compte — ce qui est, en fait, un khiloul Hachem — qu'il y a des allergies printanières à Jérusalem. D'accord ? Ça ne devrait pas être. C'est-à-dire qu'il manque quelque chose dans la plénitude du monde. Il y a des allergies printanières à Jérusalem.

Si vous, les Juifs qui nous regardez maintenant de France, vous faites votre Alyah, il n'y aurait plus d'allergies. Pourquoi ? Parce qu'à partir du moment où tous les Juifs reviennent en Erets Israël, le monde revient à la perfection. Alors un monde parfait, c'est un monde sans allergie printanière. Voilà, ce qu'il fallait démontrer.

Bon. Puisque nous nous retrouvons, vous avez devant vous le Sidour, je crois, et si je ne me trompe pas, nous sommes vers la fin de la Amida. C'est ça.

Dans l'avant-dernière bénédiction, celle de Modim. Et nous avons vu, je crois, comment nous passons de l'absolu vers l'histoire. Modim anahnou lakh, nous sommes reconnaissants du fait que tu es notre Créateur et notre Sauveur. Et puis après, ça passe dans l'histoire, et puis à chaque moment, à chaque instant, n'est-ce pas ? On avait vu le Ameir Hachem qui est Ottavou Khasadecha.

Et on a vu que c'était en rapport avec ce que dit le Midrash sur la manière dont le monde a été créé. C'est-à-dire, en premier plan, ce qu'on appelle la midat adin, la rigueur, et en deuxième plan, la midat harahamim, la miséricorde. Vous vous rappelez de tout ça ? Bon. Alors maintenant, il faut continuer dans le texte.

Vé-al koulam. Pour tout, pour tout ce qui a été dit jusqu'à présent, que ton nom soit sanctifié. Par exemple, dans le texte de Pessa'h, c'est Yitbarakh, véyitromam, véyitnassé. Pour tout, oui. Vé-al koulam: à cause de tout cela. Al peut avoir la signification de « à cause de », à cause de tout cela.

Koulam, c'est toute une série de choses. Ce ne sont pas forcément des hommes, ce sont des choses. Là, ce sont des bienfaits. Pour tous ces bienfaits: Yitbarakh, que sois béni; véyitromam, élevé; véyitnassé, exalté; tamid, toujours; chimcha, tom'nou, malkénou, leolam vaed, notre roi à tout jamais. Vé-khol hahayim yodoukha sela, tous ceux qui sont vivants te seront reconnaissants,

éternellement. C'est quoi, « tous ceux qui sont vivants » ? Eh bien, tous ceux qui sont vivants. Et ça implique donc également les nations, les Goyim. Les animaux aussi. Tout le monde. Tout ce qui est vivant, dans la mesure où il est capable de reconnaissance. Je ne sais pas si tous les animaux sont capables; il y a des animaux qui sont capables de reconnaissance, mais pas tous. Eh bien, qu'ils te reconnaissent. Qu'ils soient reconnaissants.

Il y a une petite phrase qu'on rajoute pendant les dix jours de pénitence, les Assérét Yemei Techouva: Ketov lé-hayim tovim, kol bné vrithékha, inscris pour une bonne vie tous ceux qui appartiennent à ton alliance. Il s'agit donc des Juifs.

C'est-à-dire qu'il y a deux manières de reconnaissance. Il y a une reconnaissance universelle, et il y a une reconnaissance particulière à Israël en raison des faveurs spéciales que nous avons reçues dans l'histoire.

— Pourquoi est-ce que nous parlons au nom des nations ? Je ne sais pas si tu te rappelles: dans la prière de Chomea Tefila, il y a deux versions. Qui a Chomea Tefila au complet ? Ki ata chomea tefilat kol pe, car tu entends la prière de toute bouche.

Et on dit aussi Ki atah chomea tefilat amcha Yisraël béraha'hamim, car tu entends la voix, la prière de ton peuple Israël. Est-ce qu'il y a contradiction entre les deux textes ? On avait étudié ce sujet-là, je crois. C'est que Israël sert de bouche au monde. Donc nous sommes effectivement attitrés à parler au nom de tout le monde, parce que d'une certaine manière, nous sommes tout le monde.

Vé-yodou vé-yevarkhou et chimcha hagadol be-emet, lé-olam ki tov, et ils loueront et béniront ton grand nom en vérité, à tout jamais, car tu es bon. Ha-El, Yéchouaténou vé-ezraténou sela, le Dieu qui est notre salut, notre délivrance et notre aide, à tout jamais. Ha-El ha-tov, le Dieu bon.

Alors, je ne sais pas si vous avez remarqué: dans toutes ces expressions qui sont dites, il y a différentes versions, Sefarad, Achkenaz, Teiman. Il y a quelque chose qui lie Dieu à la bonté. C'est ça ? Et qu'est-ce qui se passe quand ce n'est pas de la bonté mais de la méchanceté ? C'est-à-dire que Dieu doit être loué quelle que soit la situation, que ce soit en bien ou en mal. Parce que si on ne louait Dieu que pour le bien, alors ça suppose que le mal appartient à un autre dieu. Ça tombe dans le dualisme, qui a son expression, un peu, dans la tradition chrétienne quand on parle de Satan,

comme une entité qui est extérieure à la divinité. Pardon. Et pourtant, la prière, ici, ne parle que du bien. Il y a un texte dans la Michna qui dit que quelqu'un qui dit dans la prière: Al tov yizkor chemékha, « c'est sur le bien que l'on rappelle ton nom », le Chatrinoto le fait taire. Cette prière est interdite, parce que ça veut dire que Dieu n'est connu qu'à travers le bien et pas à travers le mal, et donc c'est une tendance vers le dualisme.

Alors, si c'est vrai ce que je dis là, où est le mal dans cette paracha ? Où est le mal ? Il n'y a pas le mal, on ne l'a pas vu pour l'instant. C'est trop facile à dire. Je cherche le mal. Je vais le trouver. Baroukh Ata Hachem, ha-tov chimkha, tu es source de bénédiction, Dieu, dont le nom est le bon. Oulekha naé lehodot, et à toi il est digne

d'être reconnaissant. Alors il y a ici une expression double. Ha-tov chimkha, tu es appelé le bon; ou-le-kha naé lehodot, et il est digne de te remercier. C'est pour le mal. Vous avez compris ? Ha-tov chimkha: Dieu est le bon. N'est-ce pas ? Ton nom, c'est le bon. Le bon Dieu, comme on dit en français. Puisque Dieu est bon, il mérite d'être remercié, n'est-ce pas ?

Donc on devrait finir la prière par Baroukh Ata Hachem. Attends, je suis prêt. Mais on rajoute Ouleka naé lehodot. Et en plus de cela, tu es digne de louanges. Ça veut donc dire qu'on a parlé d'autre chose que du bien. On a parlé du mal. Le mal est souvent appelé dans la prière par le mot kol. Kol, ça veut dire « tout ». N'est-ce pas ? Pourquoi est-ce que le mal est appelé « tout » ? Parce qu'on nous dit: quand on dit tout ce qu'il y a,

ça implique également le mal. Simplement, c'est une manière polie de ne pas le dire. OK ? Par exemple, dans la bénédiction de …

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