Refaénou : la guérison et la délivrance dans la prière
Pourquoi la demande de guérison précède celle de délivrance, et ce que recouvre la Gueoula dans la Amida.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La troisième bénédiction du Chema, Emet Veyatsiv, 45 min
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Chalom à tous. Je crois que nous sommes dans l'étude du Chmona Essreï. Vous avez les livres ? Nous sommes arrivés aux bénédictions intermédiaires, celles où il y a des demandes. Nous sommes donc dans les bénédictions intermédiaires, celles où il y a des demandes, et les demandes sont l'essentiel de la teffila. C'est-à-dire que la teffila a pour arrière-plan la requête: je viens demander quelque chose qui me manque. N'est-ce pas ? C'est ça la définition de la teffila.
Je crois que nous en sommes arrivés à Réé beonyénou. C'est la septième bénédiction du Chmona Essreï, la quatrième des demandes, dans laquelle on vient demander la délivrance. On va d'abord lire le… Oui ? Pourquoi le lislo'ah est-il à l'infinitif, à la fin de Hamarbé ?
— C'est très simple. Hamarbé lislo'ah: celui qui abonde à pardonner.
Marbé veut dire qu'il abonde en pardon. Donc c'est « pardonner » en français aussi, c'est un infinitif. Quel est le problème ? Pourquoi voudrais-tu que ce ne soit pas un infinitif ?
— Non, hamarbé ki yarbé… Ki yarbé. N'est-ce pas ? Le hé ici, ce hé de yarbé, est en fait comme le mot « ki » en français. Hamarbé ki yarbé, c'est un infinitif.
On peut continuer ? Bon, alors nous sommes arrivés à la bénédiction de Gaal Israël.
On va d'abord la lire, n'est-ce pas ?
Baroukh Atah Hachem, Gaal Israël. Béni Es-Tu, Hachem, Sauveur d'Israël.
Bon, alors toute cette bénédiction, qu'est-ce qu'elle vient faire ici ? Pourquoi est-elle là, d'abord ? C'est la chose importante. Première chose à savoir: pourquoi est-elle là ? Elle est là parce qu'on a commencé par la connaissance, ensuite par la techouva, ensuite par le pardon. S'il n'y a pas de connaissance, il n'y a pas de possibilité de demander. Une fois qu'il y a connaissance, il y a donc possibilité d'éloignement, donc il faut faire la techouva.
S'il y a possibilité d'éloignement, il y a possibilité de péché, donc il faut le pardon. Tant qu'on n'est pas pardonné, on ne peut pas demander la délivrance, parce que peut-être que la délivrance n'est pas venue parce qu'on n'a pas été pardonné. Il faut donc d'abord être sûr qu'on est pardonné. Une fois qu'on est pardonné et qu'on voit que la délivrance ne vient pas, alors on la demande. Jusque-là, vous suivez ?
Est-ce que la porte est bien fermée, là-bas ? Je crois que ça fait du bruit. Elle est fermée. Bon, tant pis.
Donc ça, c'est pour l'emplacement. Oui. Alors, selon cette logique, elle devrait être à la fin. Si on parle de délivrance, la délivrance, ça vient à la fin. Ce qui prouve ce que je voulais introduire: la délivrance dont il est question ici, ce n'est pas la délivrance. Ce qu'on appelle la délivrance, avec un grand G et un grand D, avec un grand L… Pardon, avec une grande Gueoula et une grande « Délivrance », c'est-à-dire la sortie de l'exil.
On sort de l'exil, c'est ça la délivrance. Évidemment, ça se fait tard dans l'histoire. Béroukh Hachem, nous sommes déjà après. Cela fait déjà 61 ans que nous sommes sortis de l'exil. Enfin, pendant des milliers d'années, on attendait ça. La délivrance dont il est question ici, il s'agit d'être libérés des tsarot, des malheurs qui interviennent pendant le cours de l'histoire, que ce soit pendant le temps de la délivrance ou pendant le temps de l'exil. Par exemple, il y a le duc du coin qui a décidé de lever un impôt très lourd sur la communauté juive. C'est une tsara. Alors on prie pour que cet impôt soit annulé.
Ou bien, on a une guerre. Alors on prie pour que nous gagnions la guerre. C'est ce qu'on appelle la Gueoula, la délivrance dans le sens restreint du terme.
Dans le sens restreint du terme de la Gueoula, on introduit également l'aspiration à la Gueoula. Mais il s'agit ici d'une Gueoula plus simple. Par exemple, la fête de Pourim, ça c'est classique. La fête de Pourim est une Gueoula, bien qu'on soit resté en exil. Vous savez ce qui s'est passé à Pourim ? Comment commence l'histoire de Pourim ? Elle commence mal, n'est-ce pas ? Elle commence mal puisqu'Israël est en exil. Et puis ça continue comment ? Pire, puisqu'il y a Haman qui veut nous exterminer. Finalement, on arrive à s'en sortir. Et alors, au lieu d'être pire, ce n'est que mal. D'accord ? Donc on se réjouit: on a évité le pire, mais on est resté dans le mal. C'est ça ?
— Comment ?
Ben oui, à l'époque de Pourim, on est resté dans le mal, puisqu'on est resté sous la domination des Perses. C'est comme quelqu'un qui tombe dans un puits. Il est très embêté d'être dans un puits. Et puis arrive un serpent. Il arrive à tuer le serpent.
Très bien, mais il est encore dans le puits. D'accord ? Ça, c'est la fête de Pourim. C'est la raison pour laquelle on ne récite pas le Hallel à Pourim, parce qu'on ne récite le Hallel que quand on est sorti d'exil. D'accord ? Alors c'est ça, le cas classique que vise le terme de Gueoula ici.
Oui. Pourim a abouti également, par la suite, à un retour partiel des Juifs en Erets Israël, et même à la reconstruction du Temple, et même finalement à la révolte des Hachmonaïm, etc. Mais ce n'est pas là-dessus que se fait la fête. La fête est faite parce qu'on a réussi à éviter l'extermination. C'est ça, la raison de la fête. La suite a été très lente, et la suite a finalement abouti à la révolte des Hachmonaïm. Et pour ça, il y a eu une autre fête, Hanouka. D'accord ? Mais la fête de Pourim, c'est qu'on remercie Dieu de nous avoir sauvés de l'extermination, bien que nous soyons restés au fond du puits. Jusque-là, vous me suivez ?
— Il ne semble pas que tu sois d'accord…
On ne récite pas le Hallel à Pourim, vous avez remarqué ? Parce qu'on ne récite le Hallel que lorsqu'il y a sortie d'exil. Alors, il y a tout un sujet là-dessus. Il y a trois opinions dans la Guemara pour expliquer pourquoi on ne dit pas le Hallel à Pourim.
— Mais même l'opinion que tu cites, qui est une des trois… Parce qu'il n'y en a pas trois, d'opinions…
Il y en a qui disent qu'on ne dit pas le Hallel quand on n'est pas libéré. Il y en a qui disent qu'on ne dit pas le Hallel parce que c'est un miracle qui s'est produit Houts Laaretz, hors d'Erets Israël, et un miracle Houts Laaretz ne mérite pas le Hallel. Et la troisième opinion dit que c'est la Meguila qui remplace le Hallel.
Mais cette opinion, qui dit que la Meguila remplace…
…suppose une autre question: pourquoi pas le Hallel, alors ? C'est que la manière dont cette délivrance s'est faite était tellement, disons, misérable qu'on ne pouvait pas dire le Hallel. Qu'est-ce qui se passe dans cette histoire ? Comment cela commence-t-il ? Il y a là-bas Mordekhaï et Esther, n'est-ce pas ? Mordekhaï est …
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