Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

La connaissance, premier don de la téfila

Pourquoi la quatrième bénédiction demande la connaissance, et pourquoi la téfila s'ouvre par une louange.

52 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le Chema Israël et l'Israël idéal selon les kabbalistes, 48 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Je crois que nous allons continuer notre étude de la prière. Si je ne me trompe, nous sommes arrivés dans la Chmona Esrei à la quatrième bénédiction, qui commence par Ata Honen. L'ordre des bénédictions est très important du point de vue de la halakha. Si l'ordre n'a pas été respecté, on n'est pas acquitté de la tefila, on doit la refaire.

Cela veut donc dire que s'il y a ici toute une conception du monde liée à l'ordre des berakhot, et s'il y a une inversion des valeurs, alors on s'est trompé, voilà. Merci beaucoup. Il y a douze… Qu'est-ce qu'il y a ? Ben, casse-toi. Bon. Donc il y a treize requêtes dans la tefila, d'accord ? C'est-à-dire qu'on demande douze choses, qui par la suite sont devenues treize à cause de la Birkat HaMinim. Et cela correspond, comme par hasard, au fait que nous avons douze tribus. N'est-ce pas ? Vous savez que les trois premières berakhot correspondent aux trois avot, Avraham, Yitz'hak et Yaakov, et que les trois dernières correspondent à Moché, Aharon et Yossef. Et au milieu, vous avez les douze tribus.

C'est-à-dire que chaque tribu d'Israël reflète une partie de l'identité d'Israël, et donc cela demande douze choses à demander. La première des berakhot, c'est celle qui demande la connaissance: Ata honen adam da'at. Cela veut dire que c'est la chose la plus importante. S'il n'y a pas de connaissance, il n'y a pas d'homme. Un homme, c'est un être doué de connaissance, qui a la capacité de connaître. S'il y a cela, tout va bien.

Il y a un proverbe en hébreu qui dit: si tu as acquis la connaissance, de quoi manques-tu ? Mais si tu as manqué de connaissance, qu'as-tu acquis ? Est-ce qu'on a besoin d'une connaissance pour manger ou pour boire ? Non. La preuve, c'est que les animaux, qui sont dénués de connaissance, savent le faire. Le fait même d'exister en tant qu'être animal ne justifie pas la prière. Les animaux savent manger, ils ne font pas de prière. Et donc, si c'est pour être animal, pas besoin d'être juif. Qu'est-ce qui justifie mon approche d'HaKadosh Baroukh Hou ? C'est que j'ai une connaissance, et donc que je suis capable de comprendre ce qui me manque. Quand je viens prier, je prie pour quelque chose qui me manque. Comment est-ce que je sais que ça me manque si je n'en ai pas la connaissance ?

De plus, à quoi ça sert de manger, si ce n'est pas pour connaître Dieu ? Je me rappelle très bien qu'une fois, une maman m'a demandé pourquoi son fils étudiait Or HaChem Meir. Je lui ai dit: parce qu'ici il acquiert le bagage nécessaire pour donner un sens à sa vie. Elle m'a répondu: est-ce qu'avec ça on peut manger ou boire ? Je lui ai dit: mais enfin, Madame, pourquoi voulez-vous manger ? Elle m'a dit: parce que si on ne mange pas, on meurt. J'ai dit: ah bon ? Mais pourquoi voulez-vous vivre ? Elle m'a dit: oh là là ! Quand vous posez des questions comme ça, ça me fait peur. Est-ce que c'est ça qu'on appelle la mystique, Claude Arabe ? Voilà, c'était ça, la question.

Donc vous comprenez que manger, c'est très bien, mais c'est bon pour un animal. À quoi cela sert-il de vivre si on n'a pas la connaissance ? Maintenant, il y a un petit problème: pour savoir qu'il me manque de la connaissance, je viens demander à HaKadosh Baroukh Hou qu'il me donne la connaissance. Mais le fait même de savoir qu'il me manque la connaissance, c'est déjà une connaissance. Il y a un cercle vicieux. Si je ne savais pas que cela me manque, je ne le demanderais pas. Donc je le sais, donc j'ai déjà la connaissance. C'est le problème. Vous avez compris ? Il y a un début de connaissance et un surplus de connaissance. C'est ce qu'on appelle la connaissance innée, immédiate, qui est donnée en cadeau. Mais ce qu'on demande maintenant, c'est un surplus de connaissance, un surplus de sagesse.

C'est pour cela que la berakha commence d'une manière extrêmement bizarre. Lisons-la: Ata honen adam da'at, « Tu gratifies l'homme de connaissance ». C'est une louange ou une demande ? C'est une louange. Or les louanges, on les a déjà finies, c'étaient les trois premières berakhot. Cela veut dire que, même pour la connaissance, on ne peut pas demander la connaissance si on n'a pas eu d'abord un début de don gratuit. Ata honen adam da'at: honen, cela vient du mot hinam, gratuit. Tu donnes gratuitement à l'homme la connaissance. Oumelamed le-Enosh bina: tu enseignes à l'homme le discernement. Bina, c'est un mot féminin ou masculin ? Féminin. Le masculin de bina, c'est bein, qui veut dire « entre », entre deux. C'est la capacité de faire la différence entre deux choses, le discernement. C'est ça qu'on appelle bina, n'est-ce pas ?

Et là, on demande d'en avoir plus. C'est là que commence la demande. La demande commence au milieu de la berakha: « Et donne-nous de toi encore plus de connaissance. » Ici, la forme hébraïque n'est pas très claire. Le mot mé'itcha, « de toi », est en trop.

C'est évident que si on demande quelque chose à quelqu'un, c'est de lui qu'on demande la chose. Si l'on dit véhonenou, il est évident que c'est mé'itcha. Si l'on dit honenou, il est évident que cela viendra de toi. Vous avez compris ma question ? Ou ce n'est pas clair ? Si quelqu'un n'a pas compris la question, il doit la poser maintenant. Vous n'avez pas compris la question ? Je reprends. Quand je dis à quelqu'un: passe-moi le sel, il est évident que le sel viendra de lui. N'est-ce

pas ? Il est inutile de lui dire: passe-moi de toi le sel. C'est évident que le sel viendra de lui, d'accord ? Si je demande à HaKadosh Baroukh Hou: donne-moi de la sagesse, il est évident que cette sagesse viendra de lui. Alors pourquoi a-t-on besoin de dire: donne-nous de toi de la sagesse ? Le mot est en trop. C'est clair maintenant ? Génial. Cela valait la peine de poser la question.

— Si vous donnez une réponse… Moi, j'en suis encore à la question, j'essaie de comprendre ma propre question, d'accord ? C'est-à-dire que si je dis à HaKadosh Baroukh Hou: donne-moi de toi, le « de toi » veut dire quelque chose. Maintenant, si vous pouvez me proposer une réponse, allez-y.

— Ah, c'est ça: on veut une sagesse qui sert à le connaître. C'est-à-dire, à quoi sert la sagesse ? Par exemple, la sagesse me sert à passer mes examens de mathématiques, ou à construire une maison, ou à me marier. Il y a plein de choses comme ça, d'accord ? La sagesse me sert à beaucoup de choses très pratiques. Mais est-ce que c'est ça, le but de la sagesse ? La véritable sagesse, c'est celle qui nous fait connaître le Créateur. Donc on dit, comment ? Eh …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

89 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Rav Kook, Pensée juive, Tefila, Émouna, Prière.

  1. 32
    Le Hallel, louange des moments de délivrance
    Pourquoi le Hallel se récite seulement à certaines occasions, et ce qu'il suppose d'un monde en voie de réparation.
    52 min
  2. 33
    La bénédiction du shofar et le rassemblement des exilés
    Pourquoi la dixième bénédiction passe du personnel au national, et ce que dit le shofar de la Gueoula.
    50 min
  3. 34
    La structure de la prière : crainte, joie et union
    Pourquoi la prière suit un mouvement du monde d'Assiya vers Atsilout, de la crainte des korbanot à l'union avec le Créateur.
    42 min
  4. 35
    Modim : la reconnaissance, réparation de l'histoire
    Pourquoi le Modim se récite à voix haute par l'assemblée, et pourquoi la reconnaissance répare les fautes de l'humanité.
    51 min
  5. 36
    La connaissance, premier don de la téfila
    Pourquoi la quatrième bénédiction demande la connaissance, et pourquoi la téfila s'ouvre par une louange.
    En cours de lecture
  6. 37
    Le Chema Israël et l'Israël idéal selon les kabbalistes
    Qui est le « Israël » auquel on s'adresse dans le Chema, et pourquoi Hachem Eloheinu y est répété.
    48 min
  7. 38
    Le rassemblement des exilés et le rétablissement des juges
    Pourquoi la prière demande de rassembler les exilés ensemble, et ce que signifie le retour des juges selon la halakha.
    52 min
  8. 39
    Hagadol, Hagibor, Vehanora dans la prière
    Comment les trois attributs de Dieu, nés chez Moshe puis repris par la Grande Assemblée, éclairent la première bénédiction.
    47 min
  9. 40
    Birkat Kohanim et la paix intérieure selon Rav Kook
    Le sens de la bénédiction des Cohanim, de la bénédiction de Hachem en matériel et de la paix comme plénitude intérieure.
    44 min
  10. 41
    Les téfilines en galout, mitsva nationale selon Rachi
    Pourquoi la Torah ordonne de mettre les téfilines hors d'Erets Israël, et ce que cela dit de la nature des mitsvot.
    38 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav