Shir HaShirim : deux fautes d'Israël cachées dans l'amour
Le midrash relève deux fautes d'Israël dans le Cantique, et l'exil de servir Dieu en tant que nation.
Rav Élie Kling
Ensuite : L'amour de Dieu pour Israël dans le Cantique des cantiques, 5 min
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Bien. Dans le cadre de notre cours de midrash, nous allons parler aujourd'hui de quelque chose qui a un rapport avec Yom HaAtsmaout. C'est un midrash, ou plusieurs midrachim, sur Shir HaShirim. Shir HaShirim, comme vous le savez, c'est une histoire d'amour entre un jeune homme et une jeune fille. Une histoire d'amour qui se trouve à l'intérieur du Tanakh, parce que nos sages ont estimé qu'il s'agissait en fait d'un langage imagé, et que l'homme et la femme représentent en réalité l'histoire d'amour entre Dieu et son peuple: dans le rôle de Dieu, l'homme, évidemment, et dans le rôle d'Israël, la jeune femme.
C'est un livre très intéressant, parce qu'il nous montre à quel point cet amour entre Dieu et son peuple est fort. Et ce n'est pas un livre qui se contente de nous donner une définition générale de l'amour entre Israël et Dieu. Il rentre également dans le détail. Les midrachim essaient, verset après verset, de nous expliquer en quoi se manifeste cet amour entre Israël et Dieu, et ils ne se contentent pas de nous donner la clé d'interprétation générale. Ils ne nous disent pas: sache que Dieu c'est l'homme et que Israël c'est la femme, et maintenant essaie de comprendre tout seul. Les midrachim rentrent dans le détail.
Je vous donne un exemple. À plusieurs reprises, dans Shir HaShirim, la jeune fille est appelée par le jeune homme Yonati, ce qui veut dire « ma colombe ». Le midrash demande tout de suite: pourquoi Israël est-il comparé à une colombe ? La réponse du midrash, c'est que la colombe est un oiseau très fidèle: même si on la chasse du nid, même si on vide le nid, en enlevant les oisillons, etc., un jour ou l'autre elle reviendra sur le nid. De même pour Israël, dit le midrash: même si on le chasse de Jérusalem, et qu'on détruit Jérusalem, qu'on détruit le Temple, etc., un jour ou l'autre, il reviendra. C'est-à-dire que, de verset en verset, le midrash essaie d'expliquer en quoi le verset en question parle effectivement spécifiquement de l'amour entre Israël et Dieu.
Et c'est un livre qui fait très plaisir, puisque, comme ils s'aiment tous les deux, l'homme et la femme, cela veut dire que nous, Israël, nous recevons plein de compliments de la part de Dieu. Et de la même façon, d'ailleurs, Dieu reçoit plein de compliments de notre part. À longueur de versets, qu'est-ce que se disent ces deux jeunes amants ? Ils se disent combien ils s'aiment l'un l'autre, et pourquoi ils s'aiment. Il dit qu'elle est belle, qu'elle est intelligente, etc. Et elle dit la même chose à son sujet. Ce qui fait qu'au final, c'est un des rares livres du Tanakh où l'on dit du bien d'Israël, et l'on en dit beaucoup. Il y a beaucoup de qualités dans ce livre, et c'est très agréable.
C'est à ce point agréable que je me suis demandé s'il n'y avait pas, quelque part dans le livre, quelques fausses notes. Cela m'a semblé quand même curieux: un livre tout entier du Tanakh qui ne dit que du bien d'Israël, on n'est pas habitué à cela. Alors j'ai fait quelque chose que je ne sais pas si on a le droit de faire tellement: j'ai pris le midrash sur Shir HaShirim, je l'ai relu entièrement en essayant de trouver où, malgré tout, on fait de la critique sur Israël. Et il se trouve qu'il y a deux fautes concernant Israël que le midrash relève, par allusion ou de manière plus franche, dans le texte de Shir HaShirim.
Ce que nous allons essayer de faire dans les quelques minutes qui nous restent, c'est d'abord de voir de quelle faute il s'agit, et ensuite, surtout, de nous poser la question: pourquoi, parmi toutes les fautes d'Israël, et Dieu sait malheureusement s'il y en a, pourquoi justement ces deux fautes-là sont-elles les seules à être mentionnées dans ce livre qui est censé être le livre de l'amour entre Israël et Dieu ?
La première faute d'Israël se trouve déjà, par allusion, dans le premier chapitre de Shir HaShirim. En effet, si vous regardez le texte, vous voyez qu'à un moment il est écrit: Ad shehamelech bimesibo, nardi natan reho. C'est la jeune fille qui parle: « Jusqu'à ce que le roi, dans sa Messiba... » La Messiba, comme vous le savez, c'est une fête. « Jusqu'à ce que le roi ait organisé sa Messiba, mon nerd a dégagé son odeur. » Qu'est-ce qu'un nerd ? C'est une plante, sans doute une myrrhe,
vous savez, M-Y-R-H-E, enfin quelque chose qui sent bon apparemment, ou qui ne sent pas bon, d'ailleurs, on ne sait pas exactement. En tout cas, elle dit: alors que le roi avait organisé la fête, moi, la jeune fille, j'avais un nerd qui a dégagé son odeur. De quoi s'agit-il exactement ? Le midrash nous l'explique. Vous l'avez ici sur votre gauche: Hachemel, Rabbi Meir, Rabbi Yehouda, ils sont deux, Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, à se disputer pour savoir quelle est l'interprétation du verset.
Rabbi Meir dit: « Hachem melech, Melech malchim, le Saint béni soit-Il, hou, le Missiba. » Le roi, il s'agit évidemment du Roi des rois. « Jusqu'à ce qu'il a organisé cette fameuse Missiba, Barakia, natnou Yisrael rechra, Israël a dégagé une mauvaise odeur, donc il a gâché la fête. Ve'amrou la'egel, et ils ont dit au veau d'or: Éle Elohékha Yisrael, voici ton Dieu, Israël ! » Donc pour lui, la Messiba, c'est le mariage entre Dieu et Israël, c'est-à-dire le Matan Torah, la fête que nous allons célébrer
à Chavouot dans quelques semaines. Il s'agit donc du grand mariage: la houppa, c'est le Sinaï; le hatan, c'est Dieu; la kala, c'est Israël. Il y a même le garçon d'honneur et la fille d'honneur, ce qu'on appelle les chouchbinim: vous avez Moché, qui vient en tant qu'ami du hatan, envoyé par le hatan lui-même, et les Hébreux qui envoient Aaron. Et voilà que ce mariage se célèbre, la ketouba, c'est la Torah.
Et le texte nous dirait: jusqu'à ce que, finalement, l'aboutissement de tout ce qui précède, toute la sortie d'Égypte, etc., jusqu'à ce que Dieu ait organisé cette fameuse Messiba, eh bien, moi, j'ai tout gâché. Mon nerd a dégagé une mauvaise odeur, c'est-à-dire que j'ai gâché l'ambiance, et j'ai fait le vaudor. C'est comme si, le jour de son mariage, une kala, une mariée, alors que, amoureusement, le hatan lui remet la bague en lui disant: Harei at mekudéshet li, eh bien, imaginez qu'à ce moment-là la jeune fille, au
lieu de le regarder amoureusement, et de lui rendre son regard amoureux, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle regarde dans le public, elle trouve quelqu'un qui lui plaît, et elle lui fait un grand clin d'œil, sous la houppa. C'est quand même exagéré. Et c'est exactement ce qui s'est passé: il était en train de l'épouser, elle était sous la houppa, au Sinaï, et voilà qu'elle est allée faire le vaudor. « Éle Elohékha Yisrael »: ce nerd serait donc une mauvaise odeur.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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