Tazria et Metsora : la tum'a, la tahara et la parole
Pureté et impureté en Lévitique : la médisance, la plaie et le rôle du Kohen, médecin des âmes.
Rav Yossef Attoun
Ensuite : Parachat Tazria (29/03/11), 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Oh, Shalom lachem. Nous avons aujourd'hui deux longues parachiot regroupées, Tazria et Metsora. Nous sommes au cœur du livre que nous appelons celui de la perfection humaine, le livre de Vayikra. Nos deux parachiot vont nous parler d'un thème qui n'est pas facile: celui de la Tum'a et de la Tahara, que l'on traduit par impureté et pureté. Ces termes, surtout traduits en français, risquent d'induire profondément en erreur. Nous essaierons donc de lever un peu le voile sur ce qu'ils peuvent signifier en Lachon Hakodesh, en langue sainte.
Mais d'abord, rappelons-nous que nous avons l'habitude de resituer notre paracha dans l'ensemble du livre, sinon du Chumash, sinon du Tanakh tout entier, ce qu'il faudrait faire à chaque fois. Dans le livre de Vayikra, nous avons déjà étudié un certain nombre d'enseignements qui concernent la dimension de la collectivité d'Israël, peuple de prêtres. Vous vous rappelez: Mamlechet Kohanim ve Goy Kadosh, un peuple de prêtres, non pas un peuple où il y a des prêtres, mais un peuple de prêtres, et les Kohanim qui sont à l'intérieur ne le sont que par délégation de la prêtrise de tout le peuple vis-à-vis des nations.
Dans ce collectif de Kohanim, ce peuple de prêtres, nous avons déjà pu assister, dans les premières parachiot de Vayikra et de Tsav, à différentes étapes de la fusion possible, de la rencontre possible entre le divin et l'humain: entre Moshé, qui est appelé Vayikra el Moshé, et Dieu qui appelle. Il y a eu aussi des lois extrêmement précises et détaillées concernant les korbanot, les sacrifices. Je rappelle que ce mot vient de karov, se rapprocher. Il y a cette fusion nécessaire entre le Créateur et la créature à travers les korbanot.
Finalement, dans la paracha de Chemini, nous avons appris que la présence de la Chekhina, la présence divine, vient irradier l'ensemble du peuple d'Israël, réuni autour de l'Ohel Moed, de la Tente de la Rencontre, au point qu'on réalise pleinement, à ce moment-là: Ve'assou li Mikdach ve-chakhanti be-tokham, « Ils me feront un sanctuaire, et je résiderai parmi eux ». Non pas, bien sûr, dedans, dans le sanctuaire. Nous avons déjà parlé de cet enseignement paradoxal. Voilà où nous en sommes, et toutes ces dimensions, on l'a vu, touchent aux équations individuelles, aux équations personnelles.
La collectivité d'Israël, le Klal Israël, n'est pas une entité abstraite, ni mythique, ni théorique, ni seulement mystique. Bien sûr qu'elle est mystique, mais elle est aussi, et c'est là toute sa richesse, portée par des vecteurs qui sont des personnes bien vivantes. Et puisqu'elles sont bien vivantes, elles sont capables de Faute et de Techouva. Elles sont capables de Chol et de Kodesh. Elles sont capables de Touma et de Tahara, de pureté et d'impureté.
C'est là notre introduction sur ce sujet, que je répète, difficile, mais dont nous allons essayer de toucher du doigt certaines vérités. Elles nous permettront, si Dieu veut, le moment venu, bientôt, de nous retrouver dans ce monde complexe de la Touma et de la Tahara, qui, à force de lois, ne se déploiera vraiment, à mon sens, que lorsque le Temple existera, si Dieu veut.
Ce qu'il faut malgré tout savoir, c'est que dans la vie de l'homme, puisqu'on parle d'un homme bien vivant, on parle de dimensions singulières, individuelles. Au cours de nos parachiot de Tazria et Metsora, on parlera de la femme qui enfante, de la femme qui a un bébé, on parlera de la Brit Mila, on parlera de la femme Nida, on parlera de l'homme qui a un écoulement qui le rend impur, on parlera de toutes sortes de situations.
Des situations normales, comme avoir un enfant, et des situations anormales, comme avoir tel ou tel type de negaïm, de plaies ou d'écoulements. Mais, comme on le disait tout à l'heure, il faut toujours se rappeler que cela fait partie de la vie. Le fait de vivre réellement, dans une histoire personnelle avec tous ses aléas, fait que l'homme et la femme connaissent des situations normales, des situations exceptionnelles, des situations maladives. Le mot hol, d'ailleurs, qui est très mal traduit en français par « profane », appartient à une famille de mots dont nous reparlerons peut-être une autre fois, plus en détail, et dans laquelle on trouve par exemple le mot mahala, qui veut dire maladie. Il s'agit d'un évidement des forces de vie.
C'est d'ailleurs lié à la Toumat Leida, que l'on voit au début de la paracha de Tazria: l'impureté de la femme qui accouche. Une femme qui accouche, il n'y a rien de plus normal, et l'on peut dire de plus joyeux. Enfin, pas au moment de l'accouchement, parce que cela fait très mal, mais il n'y a rien de plus propre à ce dont nous parlions tout à l'heure, c'est-à-dire le fait de transmettre la vie.
Pourquoi le fait de transmettre la vie crée-t-il un certain type d'impureté, très léger, qu'on appelle Toumat Leida ? Parce que si l'enfant reçoit la vie, la mère, elle, perd une part de ses forces, nous le savons: c'est la faiblesse de l'accouchée. Il y a certaines halakhot, certaines lois liées, par exemple, aux jours de jeûne: une femme qui vient d'accoucher, ou qui a accouché depuis un mois, une femme qui allaite, etc., est dispensée dans certains cas de certains jeûnes de l'année. Sans entrer dans les détails, c'est parce qu'elle a perdu un peu de ces forces vitales, transmises à l'enfant qui vient de naître. Et jusqu'à ce qu'elle les récupère, elle est considérée comme ayant un certain type de Touma, un certain type d'impureté. Mais vous voyez que cela n'a rien à voir avec la notion française du mot.
Je voudrais tout de suite dire, avant d'entrer dans le vif du sujet, qu'il n'y a pas, d'après la halakha, d'interdiction d'être impur. Le mot « impur » ne convient donc absolument pas. Ein issour: on ne trouvera nulle part d'interdiction d'être impur. On trouve des interdictions liées à l'état d'impureté. Par exemple, quelqu'un qui est impur, lorsque le Temple existe, n'a pas le droit d'entrer dans le Temple; il doit d'abord passer par un processus de purification.
Quelqu'un peut vivre toute sa vie en état d'impureté. Ce sera évidemment un état très, très primaire de vie. Et de cela, je voudrais maintenant dire quelques mots un peu plus profonds. Il y a, on va dire, des degrés de vie, de vitalité. Ces degrés de vitalité sont bien entendu directement liés à la relation au divin, à la relation que peut avoir la créature avec le Créateur. Plus l'homme est relié, rappelez-vous la notion de Korban, plus il est proche du Créateur, et plus il sera plein de vitalité, d'une vitalité profonde. Ces degrés sont également liés au degré de connaissance du divin.
Peut-être peut-on le dire en utilisant un enseignement que j'emprunte à certains maîtres de la Kabbale, qui cite ce verset d'Isaïe, chapitre 40, verset 26: Seou marom einekhem, « Élevez vers le haut vos yeux », ourou mi bara éle, « et regardez qui a créé celles-ci ». Je répète: Seou marom einekhem. Vous remarquerez que cela forme les initiales de …
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