Shlla'h Lekha : l'échec des explorateurs au désert
Pourquoi le cordon avec l'Égypte est difficile à couper, et comment la paracha des explorateurs illustre l'échec de la traversée.
Rav Yossef Attoun
Ensuite : Parachat Chmini (18/03/14), 1 h 01
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le cycle des lectures
Shalom. Alors nous commençons un cycle d'études sur la paracha de la semaine, la sidra de la semaine, qui est lue dans un cycle annuel selon l'antique minhag de Babylone. En Erets Israël, il y avait une habitude de lire la Torah et de la terminer dans un cycle de trois années. De là viennent les différences concernant les différentes haftarot, les différents passages des prophètes qui sont reliés avec le passage de la Torah du Pentateuque.
Nous sommes donc aujourd'hui à la veille de la paracha Shlah Lekha, du livre de Bamidbar. Comme son nom l'indique, le livre de Bamidbar, on le sait, nous parle de la traversée nécessaire du désert entre la matrice constitutive du peuple d'Israël, qui s'appelle Mitzrayim, qui s'appelle l'Égypte, d'où il faut sortir à tout prix, comme un enfant, dit le Midrash, qui sort du sein de sa mère, de la matrice maternelle, et qui coupe le cordon ombilical afin de devenir autonome.
Il a fallu quitter l'Égypte, mais comme nous le voyons tout au long du livre de Bamidbar, il est difficile de couper le cordon. Et constamment, le peuple d'Israël regarde en arrière, à l'enseigne de la femme de Lot, pour savoir si vraiment il ne fallait pas, il ne faut pas revenir en Égypte, où nous étions tellement bien, dans cette terre d'exil où nous étions asservis. Bien sûr, cela est ironique, mais il faut savoir que l'attrait du retour en exil est extrêmement fort, alors que la traversée du désert est nécessaire en vue d'atteindre le pays de Canaan, la terre dite promise. Cet attrait est extrêmement fort, et aujourd'hui encore, dans la paracha de Shlah Lekha, nous en verrons un exemple, peut-être le plus important.
Je répète: entre la terre où nous sommes entièrement pris en charge par une volonté extérieure, ça s'appelle l'esclavage d'Égypte, et la terre où nous nous prenons entièrement en charge, dans une terre de, allez, on va dire de Haatzmaout, dans une terre d'indépendance, qui s'appelle le pays d'Israël, à l'époque le pays de Canaan. Entre les deux, il y a une marche nécessaire dans le désert, c'est le livre de Bamidbar. Il correspond, d'ailleurs, du point de vue de la sémiologie kabbaliste, aux lettres du nom de Dieu, Yod Vav Heh Vav Heh, ce sont les quatre lettres qui sont cinq, puisqu'on compte la keotso shel yod, la pointe du Yod.
Je tiendrai sur ce point peut-être une autre fois, mais nous remarquons qu'entre le livre de Vayikra et le livre de Devarim, qui correspondent aux deux Heh du nom de Dieu, il y a le Vav, et ce Vav correspond au livre de Bamidbar. C'est le Vav qui fait le lien entre le premier et le deuxième Heh. C'est le livre qui fait le lien entre le monde, on va dire, idéal du livre de Vayikra, et le monde, on va dire, réel du livre de Devarim. Nous aurons l'occasion d'y revenir.
Entre les deux, cette traversée nécessaire dont nous parlions tout à l'heure, il y a ce Vav qui est à la fois conjonction de coordination, E-T, qui vient relier les deux Heh du nom de Dieu, les deux situations de projet et de réalisation. Mais c'est aussi le Vav HaHipoukh, c'est-à-dire cette lettre de conversion, cette lettre qui est capable, le Rav conversif, cette lettre qui est capable de transformer le rêve en réalité, tout en laissant la réalité féconder le rêve.
Mais tout cela ne va pas sans grande difficulté, sans grande chute, sans grand échec. La paracha de Shlah Lekha va nous révéler l'échec par excellence de la traversée du désert. Et Dieu sait, si je peux dire, s'il y a eu des échecs dans la paracha de Bamidbar, en fait dans le livre de Bamidbar. Le livre de Bamidbar s'appelait, dans la bouche de notre maître, le Rav Tsvi Yehouda Kook, Sefer HaKatastrophot. Je crois que ce n'est même pas la peine de traduire: le livre des catastrophes. On assiste, l'une après l'autre, à toutes les catastrophes possibles, dans tous les registres possibles de catastrophes.
Nous aurons certainement l'occasion, la semaine prochaine, d'étudier la paracha de Korah, avec cette catastrophe théologique fondamentale qui est la faute de Korah, qui vient s'opposer à la Torah de Moshé. Mais il y en a bien d'autres. Tout se passe comme si, lorsqu'on veut faire exister dans le réel la Torah idéale, cela ne pouvait se faire qu'en passant par des chutes et des relèvements. Et nous verrons, le moment venu, que chacune des parachiot du livre de Bamidbar se termine par des mitsvot, des commandements nouveaux, particuliers, dont on n'avait pas entendu parler auparavant. Nous en verrons un exemple certainement déjà durant ce cours.
Tout se passe comme s'il y avait besoin d'une Torah qui vient éclairer. C'est la même Torah, mais elle vient éclairer une situation de ténèbres, elle vient éclairer une situation d'échecs, elle vient faire exister le rêve dans la réalité. Tout cela, en hébreu, ce sont des termes équivalents.
Alors, si on rentre dans le vif du sujet: Vayedabber Hachem el Moshe lémor, chapitre 13 du livre de Bamidbar. Dieu parle à Moïse pour dire aux générations,
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