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La lumière de la techouva selon le Rav Kook

Le Rav Kook relie la joie de la techouva au retour du peuple sur sa terre et à l'âme de chacun.

52 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : La techouva, retour de Dieu vers son monde selon le Rav Kook, 43 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Comme vous le savez, le Machon Meir est très lié à la personnalité du Rav Kook, dans la mesure où celui qui a créé le Machon Meir, c'est le Rav Dov Bigon, qui est l'élève du Rav Tsvi Yehouda, notre maître, qui est le fils du Rav Kook. Penser au Rav Kook, c'est penser à quelqu'un qui, tout en étant un homme complètement immergé dans le monde de la Torah, est en même temps profondément conscient de tout ce qui se passe à tous les niveaux des humanités qui se côtoient en Erets Israël actuellement, de toutes les galoutes, de toutes les forces qui sont présentes ici. Il est capable de décrire la Gueoula et d'en être conscient, c'est-à-dire le retour d'Israël sur sa terre, pleinement conscient depuis ses débuts, sous tous ses aspects.

Et cela, dans un regard kacher, lemi hadrin, de Torah. Non seulement kacher, mais de très grande qualité. Quand on cherche un peu d'où sort cette personne, cet être qui s'appelle le Rav Kook, il sort, au point de vue de l'étude, de la yeshiva de Volojine. La yeshiva de Volojine, c'est la yeshiva qui a été inaugurée par un des grands élèves du Gaon de Vilna, le Rav Haïm de Volojine, qui était l'élève du Gaon de Vilna.

Le Gaon de Vilna, vous en avez peut-être entendu parler. Il ne fait pas partie de la tradition séfarade. Nous, Séfaradim, on le connaît un peu de l'extérieur, un tout petit peu, mais on a entendu suffisamment sur lui pour savoir le situer. C'est quelqu'un qui, apparemment, pour tous ceux qui l'ont connu, était un être extraordinaire, d'une conscience juive et d'une certitude dans sa conscience juive extraordinaires. Il était un contemporain de Napoléon, à peu près. Et il était profondément conscient du fait que le salut d'Israël, la Gueoula d'Israël, s'approche, commence et est toute prête à venir. Le Gaon de Vilna, on va en reparler, a envoyé ses élèves, qui étaient des férus du Talmud, faire de l'agriculture en Erets Israël.

Et finalement, le vrai début de la prise en main de la terre d'Israël pour recommencer à donner des fruits, ce sont les élèves du Gaon qui l'ont commencé. Pratiquement à cette époque-là, il y avait une certaine colonie juive en Erets Israël, surtout des Séfaradim. Mais quand eux sont venus, ils sont venus avec des capacités d'agriculture et des capacités de soldats. Ils sont venus avec des armes. Si on leur tirait dessus, ils répondaient. Ce qui n'était pas le cas avant.

Le fait que le Gaon ait envoyé ses élèves faire de l'agriculture est en rapport avec une soughia du Talmud, qui se trouve dans le traité de Sanhédrin, à la page quatre-vingt-dix-sept, Tsadik Zayin, où là-bas est décrite, pendant quelques pages, la…

Le texte du Talmud discute de la Gueoula d'Israël, c'est-à-dire essentiellement du retour de la galoute. Le Talmud est déjà conscient, il a déjà été écrit à l'époque de la galoute de Rome, la longue galoute de Rome, et il cherche à mettre au clair quand va être la fin de cette galoute en question. Les représentants de ces discussions sont les deux grands colosses du Talmud, c'est-à-dire les deux grands Tanaïm, les deux grands élèves de Rabbi Yohanan ben Zakkaï, à savoir Rabbi Eliezer ben Hyrcanos d'un côté, et face à lui Rabbi Yehoshua ben Hanania. Ces deux-là parcourent tout le Talmud, on les retrouve partout dans leurs discussions. C'est un va-et-vient qui discute constamment.

Ce sont deux types de grands maîtres juifs. Rabbi Eliezer ben Hyrcanos est le prototype du baal techouva. C'est un homme qui, il y a vingt ans, décide de quitter la ferme agricole très réussie de son richissime père pour étudier la Torah. Il est venu avec le HaKadoch Baroukh Hou. Vers ses vingt ans, il se fait déshériter. Au départ, il ne prend pas cela au sérieux. Il quitte la maison et il va étudier à Yavné. Rabbi Yehoshua ben Hanania, face à lui, est un homme qui, quand

il était dans le ventre de sa mère, sa mère fréquentait les bet hamidrash de sa ville, en demandant à tout le monde de prier pour cet enfant, pour que ce soit un tsadik avant sa naissance. Une bonne façon de préparer les enfants. Et quand il est né, elle a mis son berceau dans un beit hamikdach. Cet enfant a grandi sous l'écoute du chant de la Torah. C'est, disons, le prototype de ce qu'on peut appeler un tsadik d'amour, tsadik depuis la naissance.

Il faut comprendre que, à travers l'histoire de chacun d'eux, l'un étant un baal techouva et l'autre un tsadik d'amour, la façon de comprendre l'intervention divine est vécue de façon différente. Dans cette discussion entre Rabbi Yehoshua et Rabbi Eliezer, pour Rabbi Eliezer, la Gueoula dépend du mérite d'Israël. On peut dire que lui-même a construit sa propre Gueoula à travers son choix de baal techouva. Alors que Rabbi Yehoshua se sent beaucoup plus porté par la providence divine qui le dépasse. C'est un peu le reflet de sa propre vie: quelqu'un qui était déjà porté par la providence divine à sa naissance, et qui ne l'a jamais quittée.

Dans cette discussion, Rabbi Eliezer insiste sur le mérite d'Israël. Rabbi Yehoshua insiste sur le fait que, de toute façon, la Gueoula viendra et que la fin de la galoute viendra. La fin de la galoute, c'est ce qui est décrit dans ces pages de Talmud sous le nom de Ketz, et Mégoulé: le mot Ketz voulant dire fin, Mégoulé voulant dire révélé. C'est-à-dire la fin révélée, la fin de la galoute telle qu'elle est révélée.

La discussion se prolonge entre eux pendant un certain temps. Et à un moment donné, Rabbi Yehoshua apporte un texte de Daniel. Les textes de Daniel, sachez-le, sont pleins de réponses. Ceux qui savent les lire les connaissent, mais ce n'est pas évident de savoir les lire. Quand Rabbi Yonatan ben Ouziel a proposé de traduire la Torah, déjà la première partie, quand il a traduit la Torah elle-même, c'était déjà une révolution, dans la mesure où sa traduction introduisait énormément de messages qui n'étaient pas évidents, une compréhension profonde de ce qu'il avait reçu de ses maîtres. Il a proposé de traduire le Tanakh, et le HaKadoch Baroukh Hou lui a donné le droit. Mais quand il a proposé de traduire Daniel, il lui a dit non: Daniel ne se traduit pas, parce qu'il y a trop de choses, trop de messages qui sont là.

Rabbi Yehoshua apporte donc un texte de Daniel dans lequel il est dit qu'au bout d'un certain temps, iddan, iddanin, ve-fela iddan, un temps, des temps, et un demi-temps, la Gueoula viendra quoi qu'il en soit. Et Rabbi Eliezer, devant ce texte-là, se tait. La Guemara dit Shatak Rabbi Eliezer, c'est-à-dire qu'il a compris que c'était vrai. Il a compris à ce niveau-là que ce que disait Rabbi Yehoshua s'imposait, à savoir que la galoute finirait de toute façon à un moment donné. La Guemara a laissé la question en suspens, à cette page-là, à cet endroit-là de la discussion.

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